SAN
encore isolé sur la voie. La machine qui doit RARES le wagon l’aborde avec une telle violence que S.., debout à l’une des extrémités, est projeté à l’extrémité opposée. La base du thorax à gauche et la région épigastrique viennent heurter l’arête d’un poêle et le corps de S..., repoussé, rebondit sur un casier qui contusionne violemment l’hypocondre droit. S.…, se remet assez vite de la commotion qu’il vient d’éprouver et entreprend le voyage de Toulouse à Limoges. Dès que le train fut en marche, les vomissements commencèrent, purement alimentaires, mais incessants pendant trois heures. A Saint-Yrieix, notre homme prend un bouillon qu’il vomit immédiatement.
Revenu à Toulouse vingt-quatre heures après l’accident, S.. se mit au lit; il fut de suite visité par les D'S T..., P... et B.…., médecins de la Compagnie. Le blessé présentait une légère teinte subictérique et une ecchymose de la région épigastrique; les douleurs assez vives de cette région s’exaspéraient dans la flexion du tronc en avant. Les vomissements étaient continuels,incoercibles ; le troisième jour, on constatait une surdité presque complète de l'oreille droite; en même temps, quelques stries desang étaient mêlées aux matières alimentaires vomies ; il y eut aussi, ce même jour, une selle sanguinolente.
Après quinze jours, les vomissements n’avaient pas encore cessé un seul instant; les médecins ordonnèrent du champagne et de la glace dont les bons effets furent immédiats. L’état cénéral du malade fut trouvé mauvais; il était pâle, jaune, amai-
oO gri, tourmenté par des douleurs continuelles dans la région épigastrique et par une toux incessante que rien n’expliquait, Pendant le mois de mars, le régime lacté fut institué ; les douleurs furent moins vives, mais les vomissements apparurent de temps
en temps, mêlés de stries de sang.
PO
En avril et en mai, rien ne change : vomissements à intervalles variables, souvent mêlés de stries de sang, toux, faiblesse. En juin, S... entre dans une phase nouvelle de sa maladie qui s’aggrave subitement trois mois et demi après l’accident ; le malade s'était un peu départi du régime lacté, quand, brusquement, des hématémèses abondantes apparurent. Dans le courant du mois de juin, le malade eut huit à dix vomissements semblables qui le rendirent exsangue, affaibli.
Je le vis pour la première fois le 25 juin et le trouvai méconnaissable (je l’avais connu exceptionnellement fort et robuste). Il pouvait à peine marcher. Par un examen attentif, je trouvai les dernières côtes déprimées (c’est en ce point qu'avait porté le choc). L’auscultation de la poitrine ne me permit pas de me rendre compte de la toux. Je conseillai le régime lacté et le bicarbonate de soude.
En juillet, le malade se rendit aux eaux d’Aulus qui parurent influencer très favorablement son état; le régime lacté ne fut plus suivi avec la même rigueur, l'appétit était excellent. |
Le 11 septembre, S... reprit du service, mais le 2 octobre un abondant vomissement de sang pur, qui dura deux heures, réapparut brusquement. Le 15 octobre, une autre hématémèse très abondante se produisit en présence des médecins traitants. Le malade fut alors tellement affaibli qu’on fut obligé de le faire reporter chez lui en voiture. L'état général était mauvais ; la perte de poids était de 12 kilogrammes. On institua à nouveau le régime lacté exclusif. Le malade dit s'être bien trouvé de cinq ou six applications de pointes de feu dans la région épigastrique.
En novembre et décembre 1893, les vomissements sanglants
diminuent de nombre et S.. reprend son service le 20 janvier