‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 37 sur 37 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — L'existence d’un ulcère traumatique de l’estomac ne saurait plus être révoquée en doute à l'heure actuelle.

II. — Cet ulcère se développe sous l'influence de la contusion stomacale consécutive elle-même : 1* le plus souvent à un traumatisme direct de la région épigastrique ; 2° quelquefois à un traumatisme par contre-coup; 3° rarement enfin à un effort.

III. — La lésion contusive primitive intéresse la muqueuse gastrique avec intégrité ou altération des autres tuniques stomacales ; elle est immédiate (déchirure directe) ou tardive (nécrose limitée au point contus).

De toutes façons, il y a une perte de substance sur laquelle se développe le processus ulcéreux.

IV. — La transformation de la lésion initiale banale en une altération spécifique s'opère sous l'influence de l’auto-digestion acide s’exerçant sur un point de la muqueuse gastrique dont la vitalité est amoindrie. L’existence d’une hyperchlorhydrie antérieure favorise le développement de l’ulcération, mais ne constitue pas un facteur indispensable. ,

Le mécanisme pathogénique est soumis à des causes

multiples (altérations anatomiques, troubles trophiques et sécrétoires, désordres de la motricité et de l’évacuation gastriques) qui toutes dépendent du traumatisme et altèrent l'équilibre fonctionnel de l’organe; elles augmentent l’activité glandulaire et diminuent la résistance des parois stomacales à l’auto-digestion.

V. — L’ulcère traumatique de l'estomac est en tous points semblable par ses signes physiques et fonctionnels, ses caractères anatomiques, ses accidents et ses complications à la maladie de Cruveilhier.

Toutefois, le pronostic en est plus favorable. L’affection ne revêt pastoujours la marche progressive propre à l’ulcère simple spontané ; la guérison, en apparence définitive, peut se produire après quelques mois d’un traitement rigoureusement suivi. Le taux de la mortalité est moins élevé.

VI. — L’expertise médico-légale comporte les questions suivantes :

fo Y a-t-il ulcère de l’estomac ?

2° La lésion ulcéreuse doit-elle être rattachée à l’accident invoqué ?

3 Le traumatisme allégué a-t-il déterminé l’ulcération

ou au contraire a-t-il aggravé une affection préexis-

tante ?

Vu : le Président de la thèse, THOINOT Vu : le Doyen, LANDOUZY

; Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,

Page 1