‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 9 sur 37 · DA · texte numérisé non relu

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Néanmoins, sous l'influence du régime lacté exclusif, les accidents ne tardèrent pas à se calmer el disparurent en moins de quinze jours.

Observation V

Panas. Observation rapportée par Derouet, loc, cit., page 31.

R... Albert, 25 ans, entre le 21 octobre 1877, à l'hôpital Lariboisière. Homme d’une bonne santé, assez robuste, ne présentant aucun antécédent à noter du côté des voies digestives.

Le malade raconte qu’il a été attaqué à l’improviste, à dix heures du soir, par un individu qui lui a donné un viclent coup de pied dansle ventre; il avait mangé el bu une heure auparavant, Renversé sur le coup, il a perdu connaissance ; quand il est revenu a lui, il était à l'hôpital. II a vomi beaucoup de sang et en a remarqué dans ses urines.

22 octobre. — Température 36°6 ; pouls plein, assez fort. L'épigastre, comme la région rénale de chaque côté, est le siège de douleurs assez vives, exagérées par la pression. Il n’y a ni météorisme, ni hoquet, ni vomissements porracés, mais le malade accuse de la céphalalgie, des bourdonnements d’oreilles et présente un abattement général assez marqué. Régime lacté.

23 octobre. — Vomissements abondants de matières noires. Syncope. |

27 octobre. — Melaena.

31 octobre. — Vomissement de lait d’abord, de sang ensuite,

11 novembre. — Le malade n’avait eu ni nausées, ni vomissements, ni douleurs depuis le 31 octobre. 1l est repris de vives douleurs à l'estomac.

12 novembre. — Vomissement contenant un peu de sang.

Régime lacté,

LENS 18 et 19 novembre. — Hémorragie intestinale abondante de sang rouge.

1er décembre. — Le malade a pris, ily a trois Jours, pour la première fois, des aliments solides ; depuis, douleurs violentes, hématémèses, melaena.

10 décembre. — Les hémorragies ont cessé ainsi que les dou-

leurs.

19 décembre. — Très bon état ; le malade commence à pren-

dre des aliments solides, sans être incommodé. 1e" janvier. — N'ayant plus d’accidents, il sort de l'hôpital

deux mois el demi environ après le traumatisme.

Observation VI

Derousr, loc. cit., page 36.

D..., 38 ans, palefrenier à l'Administration des Postes, entre le 5 décembre 1878, à l'hôpital Necker, service de M. le Professeur Potain.

Cet homme, d’une bonne santé habituelle, ne présente comme antécédent morbide qu'une fièvre jaune contractée en Chine. Aucun excès alcoolique depuis 1870.

Il raconte que, il y a six semaines, il reçut un coup de pied de cheval dans l’hypocondre droit ; il tomba et le flanc gauche alla heurter le trottoir. {1 était trois heures de l'après-midi ; lorsqu'on le releva, étourdi de sa chute, il vomit une partie de son déjeuner ; il fut pris en même temps de vives coliques.

Le lendemain, il eut un vomissement de sang qui se répéta le soir de la même journée ; ce fut le seul. Pendant les dix jours qui suivirent, il eut une diarrhée abondante ; les selles, au nom-

bre de sept à huit par Jour, étaient noires, L’'ingestion des ali-

St

ments était des plus pénibles; elle s’accompagnait d’une douleur vive au niveau de l’épigastre. Depuis trois semaines, le malade À de la toux, mais pas d’expectoration ni d’oppression.

6 décembre. — Le malade est amaigri, pâle, sans œdème ni bouffissure. Il existe une cèrtaine distension de l'estomac qui, à la palpation, donne une sensation de rénitence. La douleur est extrêmement intenseen un point situé au-dessus de l’appendice xiphoïde, mais on ne peut la provoquer en arrière, le long de la colonne vertébrale, ni en un point correspondant, ni ailleurs.

Symptômes fonctionnels : appétit nul, langue bonne; pas de vomissements ni de coliques : diarrhée abondante. Du côté de l’appareil respiratoire, l'auscultation fait entendre quelques râles disséminés dans les deux poumons. Régime lacté exclusif.

Le malade sortit de l'hôpital dans les derniers jours de décembre, deux mois et demi environ après l’accident, ne présentant plus aucun symptôme gastrique ou intestinal et digérant sans

difficulté les aliments légers.

Observation VII

Lecotr, interne des hôpitaux, communication verbale. Observation räpportée par Derouet, loc. cit., page 35.

X..., 35 ans, forgeron, entre le 13 novembre 1878, à l'hôpital de la Charité, service de M. le Professeur Vulpian. Cet homme, ‘bien portant jusque-là,raconte que, huit jours auparavant, il eut la poitrine comprimée entre un mur et le cheval qu’il était en train de ferrer. Le jour même de l'accident, il n’éprouva qu’une douleur trés intense à la base du thorax et au creux épigastrique ; mais le soir, il fut prix de quintes de toux et rendit une

certaine quantité de sang (1/2 verre environ).

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Le lendemain, la douleur épigastrique n'avait pas diminué ; elle était exaspérée par l’ingestion des aliments mais ne présentait, au dire du malade, aucune localisation bien nette.

Deux jours après, 1l fut pris de vomissements et rendit, nous dit-il, quelques caillots. Les douleurs thoraciques et épigastriques persistaient, mais la dyspnée et la toux avaient presque complètement disparu.

Le 13 novembre, il entre à l'hôpital; c'est un homme bien constitué, ne présentant aucune contusion thoracique ni fracture de côtes. Le malade accuse une douleur à la pression au niveau des pectoraux et du creux épigastrique, douleur éveillée également par l’ingestion des aliments.

Apaisement complet des douleurs et des nausées sous l’in-

fluence du régime lacté. .

Observation VIII

Durray. Archives générales de médecine, septembre 1881 ,page339. (Observation recueillie par M. Levrat, chez M. Cruveilhier, à la maison de santé de Paris, en 1876).

Marie X..., 26 ans, domestique, entre à la maison de santé, le 25 juillet 1876.

Il y à trois semaines, la malade, qui était montée sur une table pour accrocher des rideaux, fit une chute dans laquelle la région de l’estomac porta sur l'angle de la table. La douleur fut assez intense pour provoquer une syncope et Ia malade vomit aussitôt le repas qu’elle avait pris érois heures auparavant ; elle ignore s’il y avait du sang dans les matières vomies, Le troisième jour, et chaque jour, pendant trois semaines, la malade vomit

du sang rouge; sauf quelques boissons glacées prises en petite

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