INTRODUCTION
En dermatologie, plus encore que dans les autres branches de la médecine, le champ des affections ratlachées à la tuberculose apparaît beaucoup plus vaste depuis les travaux des trente dernières années, et si ce domaine élargi n’a pas encore à l'heure actuelle de limites tout à fait nettes, on peut s’en faire dans l’en-
semble une idée assez précise. L'étude des affections
cutanées est particulièrement favorable à ces recherches, puisque c’est là qu'on peut, d’une part, provoquer sans crainte et observer avec le plus de netteté les réactions à la tuberculine, et, d’autre part, grâce à la biopsie, pratiquer dans les meilleures conditions les examens histobactériologiques.
Ces épreuves, complétant l'observation clinique, nous ont apporté, pour établir la nature tuberculeuse d’une affection, une série de critères dont deux ont une valeur indiscutable : la présence du bacille de Koch dans les lésions et l’inoculation au cobaye, animal réactif de choix. Les dermatoses dont la nature tuberculeuse a
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pu être ainsi démontrée, sont groupées dans la {uberculose cutanée proprement dite.
Au contraire, la coexistence d’autres manifestations tuberculeuses, l'aspect clinique et la structure histologique des lésions, leur lenteur d'évolution, leur réaction à la tuberculine n'ont que la valeur de signes de présomption; ils caractérisent, en l'absence des signes de certitude, le groupe des tuberculides.
Mais ces deux groupes ne forment pas des blocs homogènes. D'une part, des faits de passage les relient entre eux : présence sur un même malade de tuberculides et de lésions indiscutabiement tuberculeuses, cas exceptionnels de tuberculides où la présence de bacilles a pu être prouvée. D'autre part, la fuberculose cutanée doit être envisagée comme une série de types cliniques de virulence inégale, les plus atténués par leurs caractères et leur évolution, étant en même temps les plus pauvres en bacilles et les moins infectants au point de vue expérimental; série qui va en décroissant de l’ulcère tuberculeux jusqu'au lupus et se prolonge vers les tuberculides.
Si nous considérons maintenant la forme ulcéreuse de la tuberculose cutanée, nous y trouvons les différents degrés de cette échelle des virulences. Mais, alors que letype supérieur, « l’ulcère tuberculeux » des classiques est aujourd'hui bien connu, que les caractères cliniques, histologiques et bactériologiques, en ont été bien déterminés, tout le reste est confondu dans les traités sous une même description vague et sommaire. 1l semble pourtant qu'on puisse actuellement isoler dans cette sorte de caput
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mortuum un type d'ulcère qui constitue une véritable entité nosologique et se présente au moins climquement comme de virulence atténuée.
Cette variété d’ulcérations tuberculeuses ne se trouve pas décrite daus les traités classiques. M. Darier l’a signalée sous le nom d'« ulcère tuberculeux atypique » dans son Précis de Dermatologie paru en 1909. Depuis lors, il en a observé plusieurs cas dans son service de l'hôpital Saint-Louis. Il a bien voulu m'en confier l'étude; j'ai pu ainsi préciser certains caractères analomo-cliniques et bactériologiques de cette affection et en tracer l’esquisse que je présente ici. Je suis heureux d’exprimer à mon maître ma profonde reconnaissance pour ses encouragements et ses précieux conseils.
Je remercie également mes amis le docteur Civatte et le docteur Burnet qui m'ont aidé si cordialement dans cette étude.
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