‹ L'Ulcère Tuberculeux: Atypique de la PeauChapitre 8 sur 49 · LORS · texte numérisé non relu

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dans les signes fournis par l’examen clinique, ne permettait de soupçonner une syphilis acquise-ou héréditaire.

Mais en même temps cet examen clinique montrait des particularités insolites qui ne permettaient de classer ce cas dans ancun des types classiques de la tuberculose cutanée. Nous étions en présence de lésions primitivement ulcéreuses. L'ulcération, en effet, n'était secondaire ni à l'ouverture de gommes ramollies qui se serait caractérisée par une évolution et un aspect tout différents, ni à un processus de papillomatose ou d'infiltration nodulaire comme dans la tuberculose verruqueuse, ou le lupus. L'examen attentif des régions malades et l'épreuve de la vitro-pression n'y montraient pas les nodules translucides « sucre d'orge » si caractéristiques du lupus, non plus que la moindre apparence de papillomatose. Nous avions donc affaire à des ulcères tuberculeux de la peau, mais ils présentaient des caractères très différents du type classique de l’ulcération tuberculeuse.

D'abord le siège des lésions ne présentait pas celte localisation habituelle au voisinage de la bouche ou de l'anus qui s'explique par une auto ou une hétéro-moculation de bacilles généralement très virulents. Dans notre cas, la topographie des lésions et leur dissémination ne paraissaient pas en rapport avec une inoculation externe, mais plutôt avec des embolies bacillaires parties d'un foyer viscéral ou ganglionnaire. Les dimensions étaient également anormales, de même que les contours des bords finement découpés; enfin des carac-

tères négatifs de haute importance devaient être notés :

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absence de douleurs, sensibilité très légère, même à la pression; absence des points jaunes de Trélat.

Dans l’évolution particulièrement torpide se marquait aussi le caractère atténué de l'affection. Nous n'avons pas assisté à la période de début et nous ne savons pas exactement comment se formaient ces foyers ulcéreux, les renseignements que fournit la malade sur ce point étant assez vagues, mais un fait est certain, c'est que les lésions, une fois constituées, évoluaient avec une extrême lenteur. Spontanément, sans aucun traitement, au dire de la malade, un certain nombre de ces foyers avaient cicatrisé de manière parfaite. Au contraire, en d’autres points, les lésions persistaient et s'aggravaient. Enfin, au niveau d’autres foyers, la cicatrisation n’était qu'apparente el sous une région superficiellement cicatrisée on trouvait des décollements de plusieurs centimètres. Pendant le séjour de la malade à l'hôpital, l’évolution fut modifiée par l’action de la tuberculine. Cette action ne se manifesta qu'après l'emploi de doses relativement élevées et se marquad'’abord par une réaction congestive locale des foyers coïncidant avee la réaction générale (température à 40°, abattement, frissons). Le traitement ayant été poursuivi à doses progressivement croissantes, les effets favorables en furent manifestes au bout de quelques semaines. D'une part, nous vimes s’affaisser et disparaître l'éruption papuleuse à type de lichen scrofulosorum ; d'autre part, un grand nombre des foyers ulcéreux se mirent à bourgeonner et à cicatriser rapidement. Mais deux de ces foyers qui avaient paru

réagir au début, ne furent bientôt plus influencés par la

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tuberculine même prolongée à doses assez élevées. Ces ulcères rebelles de la nuque et de la joue droite ne furent pas améliorés non plus par les applications de topiques et devant la persistance du processus ulcéreux en ces points, nous décidâmes l’extirpation chirurgicale qui réussit fort bien. En somme, la tuberculine nous avait donné une amélioration manifeste et assez rapide, mais incomplète. L'état général de la malade à sa sortie

était très satisfaisant.

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