PRÉLIMINAIRES
La fin du xix° siècle a été marquée par l’épanouissement d’un nouveau principe juridique, qui n'existait antérieurement qu’à l'état embryonnaire, si même l'on peut dire qu'il existât.
Le droit international, sous sa forme actuelle, est d'origine toute récente.
Au lieu de parler, comme on le fait souvent, d’une nouvelle branche ajoûtée à l’arbre juridique, il serait peut-être plus exact de dire que le droit tout entier a été envisagé sous un nouvel aspect.
Le droit, symbole des sociétés qu'il régit, doit être placé au premier rang des sciences d'évolution, et la conception présente est, sans doute, le début d’une des périodes, et des périodes les plus actives, dont cette évolution se compose.
Après avoir été localisé par petits groupements d'hommes, par villes, par provinces, le droit a, ensuite,
courbé sous les mêmes règles des nations entières. Aujour-
d'hui, il semble disposé à entrer résolument dans la phase internationale.
Le droit international vient récemment d'attirer l'attention publique. Les Congrès de La Haye ont fait passer sur le monde l'espoir qu'une ère nouvelle allait s'ouvrir, que le droit du plus fort se verrait imposer une limite et que la paix ne risquerait plus d'être troublée à chaque instant. A côté, faisant moins de bruit, parce que caplivant moins l'opinion des masses, mais accomplissant une œuvre au moins aussi utile, et peut-être plus féconde en résultats pratiques, se poursuit l’unification du droit privé maritime.
Les conflits de lois sont partout chose regrettable ; ils exposent les justiciables aux pires mésaventures, parfois à des dénis de justice et à des iniquités erlantes, toujours à des incertitudes, à des pertes de temps et d'argent.
En aucune malière, ces inconvénients ne se faisaient aulant sentir qu'en droit maritime, Dans nulle autre branche du commerce mondial, on avait autant besoin d'unifier les règles de droit et de les rendre communes à toutes les nations.
Plusieurs groupes d'hommes éminents par leur science juridique, leur connaissance du commerce de la mer et leur autorité personnelle, résolurent de mettre en commun leurs efforts pour doter la mer entière d'une loi unique.
Ce sont leurs travaux dans ce but que nous allons étudier. Nous nous efforcerons de montrer quelle situation
malheureuse est faite au navire, balloté au milieu de la
L'UNIFICATION DU DROIT MARITIME COMMERCIAL l
multiplicité des lois, qui prétendent ensemble le dominer, et aux intérêts si multiples qu'il transporte avec lui.
Nous verrons les moyens employés, eu vue de corriger une situation aussi déplorable, les échecs subis tout d’abord dans la réalisation de cette œuvre difficile ; mais aussi les résultats magnifiques déjà oblenus et lespoir légitime qu'ils font naître d'une réussite complète pour
l'avenir.
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