‹ L'uniforme du grenadier tableau militaire en un acteChapitre 11 sur 42 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

"*• AUGUSTE

Ah ! oui, un carabinier (le la (rente-deuxième. HAILLOT.

C'est celui-là qui avait la manie des grades !.. Figure-toi qu'un jour, il avait fait une frasque , il changeait de régiment... il entrait aux hussards et moi aux grenadiers... Nous nous trouvons dans une guinguette, à la barrière du Maine... à la fin du déjeuner, on était un peu chaud ; voilà que Victor, pour être équipé plus vite, me demande à emprunter mon dolman. « Tu vas aux grenadiers, qu’il dit, tu vas être liambant, tu n'as pasbesoiu (le ce vieil uniforme-là...» Tu me le rendras ?.. « Oui, qu’il dit, quand je serai maréchal de France!..» Là-dessus, il s’en va, et nous de rire, comme tu penses!.. Je n’en ai Jamais entendu parler depuis... Il aura fait comme tant d’autres... il aura tourné l’arme à gauche, avant peut-être d’attraper un galon.

AUGUSTE

Ça se peut bien... mais qu'cst-ce que ça prouve ?

HAILLOT.

Ça prouve qu'on a beau avoir (le l'ambition, on n’avance pas plus pour ça...

AUGUSTE

Bah! bah!.. Vois-tu, père, tout ça, c’est des mots.

Au «le Fréville el TaronneL

Au feu, connu ’ toi, quand jamais on ne boude, Il dépend d’soi d’avoir de l’avanc’mcnt ;

SI tu voulais moins souvent lever I* coude.

T’aurais plus vite en main le command’menl.

Rois un peu moins, tu seras lieutenant.

MAILLOT

Et toi, qui fais d’ la morale aux ancêtres.

Toi qui prétends me donner des -avis,

A mon tour, moi, d’amitié, je te l'dls :

Si tu rôdais moins souveut sous les fuêtres.

Tu s’rais plus tôt marécbal-des-logis.

| On enlcnt! battre au» champ» ; I* *nti je rapproche. }

Ah ça! mais, les voilà qui viennent par ici.,. Au fait, il ne faut pas que ce maréchal noos trouve le verre à la main... Viens, garçon, filons par ici.

AUGUSTE

Oui , c’est ça.

(Il va jusqu’à la porte de Peblo, et regarde dans la boutique.)

HAILLOT, qui marchait en avant.

Allons, t’y voilà encore... C’est la petite Pequilla , n'est-ce pas ?

AUGUSTE , accourant.

Voilà , père...

MAILLOT , revenant jusqu’à la table.

Ah ! ce que c’est que la jeunesse ! (il verse une dernière goutte de vin restée dans la bouteille.) Toujours l'amour!.. (Il boit.)

AUGUSTE

Eh bien! viens-tu?..

MAILLOT

C'est qu'il y en avait encore un peu au fond de la bouteille.

MAILLOT

Je t'e» ai parlé cent fois... un camarade de l'armée de Sambrc-et-Méusc...

auguste.

C'est ça , toujours le vin ! ah ! mon Dieu !

<<U»mon Dieu !

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