SCÈNE III
LE MARÉCHAL, État-Major, CIL PF.HE/, en costume d’alcade, à la tôle des paysans ; PEBLO et sa fille sortant de leur maison.
Ait : Ifnnnrur à cr fann-tii vainqueur. ( imuh t ni rtoro». )
Honneur, honneur, honneur,
A ee guerrier vainqueur !
L'Espagne et la France (.hantent sa vaillance;
Si jusqu’en ces lieux ,
Il cherche la gloire ,
Après la victoire .
Il est généreux.
GII. PEBbZ, à PaWu.
,Suitc <lr l'air.]
Vous allez voir, je vous protège !..
Mt.lt.) (A Prblo.)
Seigneur... Ce n’est déjà pas mal...
(A lui -même. )
Après cela, que lui dirai -Je?..
lltnLl
Voilà, voilà t.. Grand Maréchal!..
PEBLO , à G'I l’crei.
Remettez-vous , allons , courage ,
Il faut parler pour le village.
LE MARKCIIAl-
Monsieur l’Alcade, apparemment.
De quelque chose veut m’instruire?..
GII. FEREZ, lifta eml«na»t.
Vous devinez prohablemcnt. . .
Tout ce que j’avais à vous dire?
REPRISE DU CIKXIIR.
Honneur, honneur, honneur, etc.
GU. Pft:i\F.Z, se donnant de l’assurance.
Maréchal!.. Excellence!.. Monseigneur!..
LE MARÉCHAL
Assez de titres, M. l'Alcade... je suis un vieux soldat; et ce que j’aime dans un discours , c’est la concision et la simplicité !
GIL PF.RKZ.
Il est difficile d’étre plus simple que je ne le suis, monseigneur le Maréchal... et je viens, au nom de mes administrés... vous témoigner combien nous sommes joyeux de votre arrivée...
Dans l’intérêt de nos vins et de nos jeunes filles. . . nous trouvons que vos soldats débouchent trop facilement nos bouteilles, et qu’ils séduisent trop lestement nos femmes , fiancées , nièces et cousines...
LE MARÉCHAL
Les soldats boivent votre vin ?
GIL PERFZ.
Oui, Monseigneur... si cela dure, nous serons bientôt à sec.
Le paient-ils exactement?
GIL FEREZ
Oui , Monseigneur.
LE MARÉCHAL
Oh! il n’y a que demi-mal... et ce n’est jamais par la violence que vos jeunes filles?..
GIL PEREZ
Monseigneur, c’est une violence morale...
ces Messieurs sont vainqueurs... ça donne toujours bonne tournure à un homme... .et puis... l'uniforme... nous avons principalement à nôus plaindre «lu hussard... c’est le plus dangereux... le grenadier nous inspire moins de crainte... le sapeur est tout-à-fait inoffensif... Mais le hussard, Monseigneur... délivrez-nousdu hussard, et vous recevrez toutes les bénédictions des maris et des fiancés delà province...
LF. MARÉCHAL.
Est-ce que M. l’Alcade aurait personnellement quelque chose à craindre?..
GIL PEREZ
Monseigneur, je ne dis pas que je sois entièrement sans crainte... mais je parle ici, au nom de mes administrés du sexe masculin...
LE MARÉCHAL
Je prendrai tout ceci en considération, M. l’Alcade... je tiens essentiellement à ce que les soldats de mon corps d’armée soient en bonne intelligence avec les habitons.
gil ferez.
Et non pas avec les habitantes... n’est-il pas vrai. Monseigneur?.. Vive monseigneur le Maréchal !..