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sions qui lui furent confiées, il fut nommé vice-roi des Indes, où il mourut en 1863.
Quelques semaines après son départ, M. Morin donnait sa démission et devenait juge de ia Cour supérieure.
Avec M. Morin, le Canada voyait avec regret disparaître toute une génération, la grande génération des hommes d'Etat qui, de 1840 à 1854, a illustré ce pays par leurs vertus, leurs talents, leur patriotisme et leur dévouement, et par une législation pleine de clairvoyance et de sagesse, par des réformes et des œuvres immortelles.
Il ne faut pas, sans doute, dédaigner la génération qui arrive pour prendre la place de ces hommes lustres ; elle est pleine de sève, de talent et d’énergie, mais les temps sont changés, les grandes questions politiques ayant moins d’empire, les esprits dépensent leur activité dans des luttes acharnées souvent injustes et stériles.
L'intérêt du parti l’emporte souvent sur l’amour du principe ; le désintéressement est moins grand, l’ambition plus ardente ; les caractères ont moins de dignité, la vertu moins d’empire. La politique devient une carrière, un métier, le patronage une puissance ; le vote de l’électeur est moins désintéressé, et celui du député moins indépendant. On commence à faire un usage néfaste de la religion, de l’argent, des emplois publics, de toutes les influences indues pour séduire l’électorat.
Afin de garder le pouvoir ou de le conquérir, pour satisfaire des alliés dangereux, on fera sans scrupule des sacrifices de
dignité personnelle ou d'honneur national.