‹ L'union des deux Canadas, 1841-1867 [microforme]Chapitre 6 sur 44 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

part des choses de la terre, et ils savent aussi en tirer parti. Leur jugement sain, leur esprit méthodique et froid, leur caractère énergique leur indiquent toujours et partout la meilleure place au soleil, et les moyens jies plus efficaces dy prospérer et de faire respecter leurs droits. Dans le commerce et l’industrie, dans !a politique, dans la manière de gouverner les hommes, dans tout ce qui constitue le progrès matériel, ils sont les rois du monde. Ts sont fiers, orgueilleux, raides et rudes parfois, ils ont des défauts, mais ils possèdent des qualités solides qui jouent un rôle immense dans la civilisation du monde. Habitués dès le bas âge à comp: ter sur leurs forces physiques et morales, sur leurs bras et leur intelligence, ils forment un peuple fort, puissant, que la raison domine et empêche de commettre les fautes et les écarts auxquels sont exposées des nations plus habituées à se laisser guider par l’imagination et le sentiment.

Venus dans ce pays avec üne expérience et une éducation pratique que les Canadiens-fransais ne possédaient pas, souvent aussi avec de l’argent et de puissantes protections, ils se sont emparés de ce qu’il y avait de bon, de profitable, de toutes les avenues du commerce, de l’industrie, de la fortune. Ils savaient mieux cultiver la terre, faire de l’argent et s’en servir dans l’intérêt de leur influence sociale et politique.

Les progrès rapides et le développement remarquable du Haut-Canada sont donc faciles à expliquer. Il eut cependant à souffrir, lui aussi, des abus du systéme colonial et de la bureaucratie, de l’arrogance et de l’avidité des fonctionnaires et des exploiteurs qui sont la plaie de toutes les colonies. Le mécontentement alla même jusqu’à la révolte en 1837 ; mais les descendants des loyalistes qui avaient émigré des Etats-Unis

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