INTRODUCTION IX
tes après avoir montré leur courage dans quelques combats, furent encore vaincus.
Mais, cette fois, ils expièrent cruellement leur généreuse imprudence : leurs maisons furent brûlées, leurs moissons détruite:, leurs familles ruinées et on les entassa dans les prisons.
Cent douze subirent leur procès devant la cour martiale ; quatre-vingt-dix-huit furent condamnés à mort, douze furent exécutés, douze mis hors de cause ou acquittés, trente libérés sous caution, et cinquante-huit exilés en Australie.
Ils avaient été imprudents mais héroïques ; ils avaient prouvé qu'on ne pourrait jamais faire des esclaves des enfants de la France, qu'on pourrait jamais les faire renoncer par la violence à l’héritage national de leurs ancêtres. Le gouvernement anglais regretta de s’être laissé tromper, et résolut de leur accorder la liberté politique, mais de manière, autant que possible, à
les soumettre au joug d’une majorité anglaise. LI HAUT-CANADA
Avant la cession du Canada à l’Angleterre, les colons venus de France, trouvant dans la vallée du Saint-Laurent de bonnes terres, s’y étaient groupés et n’avaient pas senti la nécessité de se répandre beaucoup au delà de Montréal. L’esprit de famille et de camaraderie, et le besoin de protection mutuelle les tenaient ensemble. Mais lorsque le pays cessa d’être français, les Anglais, toujours pratiques et peu portés à s'établir au milieu des Canadiens-français, jetèrent les yeux sur le pays des grands lacs, des vastes plaines où régnait un climat plus doux, où les terres étaient plus fertiles. Ils savent toujours choisir la meilleure