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X... (Tarn), le 11 avril

D’après la jurisprudence introduite par Arago, à savoir que, en toutes choses, la priorité appartient à celui qui a publié le premier, l’auteur de cette lettre doit voir à qui appartient la priorité de la période qu’il cite. Cette période a été publiée le 26 février 1878, dans I’Ünion Médicale, et l’ouvrage auquel il fait allusion n’a été publié que plus d’un an après, en mars ou avril 1879. Donc .

Mais, est-ce une raison de dire qu’il y a là rapt, piraterie, attentat à la propriété? C’est forcer et fausser la note. La pensée exprimée de part et d’autre est une pensée commune, banale, pourrais-je dire, qui a été exprimée cent fois, et sous toutes les formes ; de sorte que celui qui en revendiquerait la priorité ferait, selon moi, de puérile vanité; dirai-je le mot? de bêtise. Or, je vous déclare que je ne veux pas commettre cet acte-là.

D’autant plus que mon correspondant a fait quelques suppressions et quelques coupures dans ma période, qui, à mon sens, lui ôtent sa signification véritable. Je me permets de la rétablir en indiquant par l’italique les mots supprimés :

«... Si vous me demandiez à laquelle des deux doctrines qui se partagent les esprits, le matérialisme et le spiritualisme, se rattache I’Union Médicale, je vous répondrais avec toute liberté quelle ne croit pas a la possibilité, de la démonstration scientifique de l’une ou de l'autre de ces philosophies; que dès lors, — pure question de sentiment , — elle s’est rattachée

L’enseignement de l’obstétrique donné aux médecins est divisé en deux parties : la théorie et la pratique.

La théorie est en général l’objet d’un certain nombre de leçons faites par un professeur pendant un semestre, celui d’hiver ou celui d’été (Angleterre, Suisse, Autriche, Allemagne, Hongrie, etc.). D’autres fois, le professeur, pour faire son cours complètement, y consacre l’année entière (Hollande, Louvain, Saint-Pétersbourg).

La pratique comprend deux choses, les exercices opératoires et la clinique.

Presque partout, dans une .pièce voisine de l’amphithéâtre où sont faites les leçons théoriques, ou dans une salle particulière éloignée des chambres des malades, les élèves sont exercés, sous la direction du professeur ou sous celle des assistants, aux diverses opérations manuelles et instrumentales. Le plus généralement, les élèves opèrent sur des fantômes avec des fœtus qui ont été mis dans des liquides conservateurs; dans certaines Écoles, à Vienne, par exemple, où il y a un Institut anatomique très-important, les opérations sont pratiquées sur le cadavre. Ces exercices opératoires sont suivis par les élèves avec un grand empressement

Mais c’est ù l’enseignement clinique, à l’enseignement recueilli au lit des parturientes, que dans toutes les Facultés on attache la plus grande importance. Partout on exige que les étudiants, avant de se présenter à leurs examens, se soient fait inscrire dans le service de la clinique obstétricale pendant un temps plus pu moins long, un semestre, par exemple. On ne se borne pas, en général, à cette inscription : les étudiants doivent encore prouver qu’ils ont fait personnellement un ou plusieurs accouchements; le nombre minimum de ces accouchements est de deux en Hongrie, de quatre en Allemagne, de quatre à trente dans la Grande-Bretagne, suivant le corps examinant et suivant le titre qu’on désire obtenir; de dix à Helsingfors, etc. En Hollande, les étudiants doivent non-seulement avoir assisté à dix accouchements normaux, mais encore avoir pratiqué deux accouchements laborieux.

C’est cependant pour cet enseignement clinique que les difficultés les plus sérieuses existent. Tandis, en effet, que dans les services de médecine et de chirurgie la visite peut être faite à un moment déterminé, dans les services d’obstétrique l’accouchement peut avoir lieu à toute heure du jour et de la nuit.

Le nombre des accouchements étant, en général, restreint, aucun d’eux ne doit être perdu pour renseignement, et il faut un personnel assez considérable pour pouvoir surveiller à tout instant et diriger les étudiants.

Enfin on avait pensé, il y a quelques années, que l’agglomération d’un certain nombre de femmes en couches dans un même hôpital pouvait être le point de départ d’épidémies meurtrières' : il fallait donc chercher à concilier l’intérêt des malades avec celui de l’enseignement.

Dans presque tous les pays, on est arrivé par des moyens différents à triompher plus ou moins complètement de ces obstacles. La solution du problème a du reste été partout

à celle qui lui offre plus de consolations au cœur, plus d’espérances, plus de poésie, si vous voulez; qui donne à la vie un but, à la vertu une récompense, au crime une expiation; à cette philosophie, qui a été celle de tant de génies anciens et modernes, Platon, Aristote, Keppler, Newton, Harvey, Pascal, Cuvier, et que vient d'affirmer en mourant le grand physiologiste dont nous pleurons la perte; de cette philosophie enfin qui n'assimile pas à la brute l’architecte du Parthênon ou celui de Saint-Pierre de Rome, le peintre de la « Transfiguration », le sculpteur du « Moïse », le découvreur de la circulation du sang, ou le compositeur de la symphonie en « ut mineur. »

Il m’a semblé que la différence entre les deux textes était assez sensible pour devoir être signalée. pr Simplice.

Bienfaiteurs de l’Association. — M. le docteur Brun, trésorier de l’Association générale des médecins de France, vient de recevoir les dons suivants :

MM. Bourdin, de Choisy-le-Roy .... 60 »

Ricord . 500 »

Roger (Henri) . 1,000 »

Moissenet . 200 »

Baron Larrey . 100 »

De Ranse . 37 20

Total . 1,897 20

facilitée par cette circonstance, que l’enseignement primant tout, les services hospitaliers lui sont absolument soumis. Les Facultés ont donc pu prendre toutes les mesures qui leur paraissaient nécessaires.

v C’est ainsi qu’on a placé les étudiants en médecine dans des conditions telles qu'ils pèutent suivre tous les accouchements, quelle que soit l’heure à laquelle débute le travail de la parturition.

On a nommé partout des professeurs et des assistants en nombre suffisant pour diriger utilement les élèves en médecine.

Enfin, grâce à des mesures de toutes sortes, préventives, hygiéniques et d’isolement, dans le détail desquelles je ne puis entrer ici, on semble avoir réussi à réduire au minimum la mortalité des femmes pendant la période puerpérale.

Les accouchements peuvent être faits par les étudiants :

A. Soit à l’hôpital;

B. Soit en ville, au domicile même des malades ;

C. Soit simultanément : à l’hôpital pour les cas simples, et en ville pour les cas difficiles.

A. Accouchements faits à l’hôpital.

Lorsque les étudiants doivent faire les accouchements à l’hôpital, on met à leur disposition une salle où ils trouvent des tables, des chaises, des fauteuils, des divans, du feu, de la lumière, etc. Us peuvent dans la journée y travailler, et la nuit s’y reposer en attendant que des femmes en travail se présentent (Vienne, Halle, Zurich, Moscou, Helsingfors, Dublin, Amsterdam, etc.).

Dans d’autres villes, à Prague, à Dresde, à Berne, par exemple, les étudiants peuvent habiter l’hôpital même, soit dans un dortoir commun, soit dans des chambres particulières.

Enfin, à Copenhague et à Stockholm, ils doivent séjourner dans l’hôpital pendant un temps déterminé.

A Copenhague, avant d’aller pratiquer, les médecins sont obligés de demeurer pendant six semaines à la clinique d’accouchements : sept suivent en même temps le service. A Stockholm, douze étudiants habitent la Maternité, ils doivent y rester pendant trois mois.

B. Accouchements faits en ville.

U y a un certain nombre d’années, on a pensé, à Londres, que la suppression des services d’accouchements était nécessaire, qu’il valait beaucoup mieux pour les femmes accoucher chez elles sur un grabat que dans une Maternité, quelque somptueuse qu’elle pût être. On y a donc organisé le service des accouchements qui est fait par les étudiants au domicile des parturientes. Toute femme qui, dans certains districts, désire être accouchée gratuitement, va se faire inscrire à l’hôpital. Dès qu’elle souffre, l’étudiant qui a été désigné pour la soigner se rend auprès d’elle. Si l’accouchement est simple, il y assiste seul ; si quelque difficulté se présente, il appelle à son aide un house-surgeon ou interne, lequel, s’il y a lieu, prévient le professeur.

Quelques accoucheurs éminents font aujourd’hui, à Londres même, des critiques à cette méthode. L’étudiant, disent-ils, qui fait ainsi seul son premier accouchement, est fort embarrassé et n'apprend rien ; d’autre part, il semble maintenan t démontré que les Maternités bien aménagées et bien dirigées n’offrent aucun inconvénient, à tel point qu’au lieu de les supprimer, on vient d’en construire de nouvelles à Halle, à Leyde et à Helsingfors. Us demandent donc qu’on élève à Londres de nouvelles Maternités, et les étudiants pourront y être soumis à un règlement analogue à celui qui est en vigueur â Edimbourg. Dans cette ville, en effet, obligés d’assister à six accouchements avant de passer leur examen, ils en font deux à la Maternité et ils pratiquent les quatre autres en ville.

C. Accouchements faits simultanément à l’hôpital et en ville.

La plupart des accouchements ainsi observés sont des accouchements normaux ; les accouchements laborieux, qui ne sont pas très-fréquents, présenteraient un plus grand intérêt pour les médecins qui doivent être initiés aux difficultés de la pratique. Pour réussir à en faire suivre un aussi grand nombre que possible, on a organisé dans la plupart des Universités d’Allemagne et de Suisse (Berlin, Kœnigsberg, Halle, Leipzig, Berne, etc.) ee qu’on appelle le service de la polyclinique. Les étudiants reconnus par le professeur ou par l’assistant comme suffisamment instruits sont admis à y prendre part.

Lorsqu’une sage-femme a dans sa clientèle pauvre un accouchement laborieux, elle envoie demander du secours à la clinique obstétricale. Un étudiant désigné est envoyé avec l’assistant et, s’il y a lieu, il peut opérer sous la direction de ce dernier.

En Hollande le professeur de Leyde, en Belgique celui de Louvain, ont obtenu la place

d’accoucheur des pauvres de la ville, si bien qu’ils ont pu organiser une polyclinique analogue, dont ils font profiter les étudiants.

En résumé, dans presque tous les pays, non-seulement les élèves en médecine reçoivent un enseignement’ obstétrical théorique et font des manœuvres opératoires, mais on favorise autant que possible leur instruction clinique, et ils sont obligés de prouver, au moment de passer leurs examens, qu’ils ont personnellement pratiqué plusieurs accouchements simples ou laborieux.

Les sages-femmes reçoivent en général bien peu d’instruction.

Je ne dirai rien de l’Angleterre qui, toujours avide de marcher dans la voie du progrès, étudie en ce moment les réformes qu’elle pourrait apporter dans l’organisation de ses midwifes. En Suisse, en Allemagne, en Autriche, les sages-femmes ne séjournent que pendant cinq mois à l’hôpital où des cours leur sont faits; en Hongrie, elles y demeurent six mois; à Copenhague, neuf mois; à Stockholm, une année.

La plupart des professeurs et des assistants m’ont assuré que leur éducation générale était si médiocre au moment de leur entrée dans les services d’accouchement, qu’elles étaient le plus souvent incapables de profiter de l’enseignement qui leur était donné. Un seul pays fait exception, c’est la Russie, où l’on sacrifie beaucoup en ce moment à l’éducation des femmes. On trouve à Saint-Pétersbourg et à Moscou des maisons d’accouchement admirablement tenues, où de nombreuses élèves reçoivent en deux années une instruction complète. L’organisation de ces établissements semble calquée sur celle qui, depuis longtemps, est en vigueur à la Maternité de Paris.

C’est en effet cette maison, dont l’Assistance publique a la direction, qui, au point de vue de l’enseignement donné aux élèves sages-femmes, me semble pouvoir être jusqu’ici proposée comme modèle.

Tels sont, Monsieur le ministre, les renseignements les plus importants que j’ai recueillis et qui me permettent dé répondre aux quelques questions que vous m’avez adressées.

Dans mes différents voyages, j’ai reçu de tous mes confrères étrangers un accueil si sympathique et si empressé, que je vous demande la permission de consacrer cette dernière ligne à leur exprimer tous mes sentiments de vive reconnaissance.

Agréez, Monsieur le ministre, l’assurance de mon profond respect,

P. Budin,

Chef de cliniquè à la Faculté de médecine de Pajii.

ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 21 avril 1879. — Présidence de M. Dacbréë.

La correspondance comprend : Une lettre de M. Ch. Rouget, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, qui se porte candidat à la chaire de physiologie générale laissée vacante au Muséum de Paris, par le décès de Ci. Bernard ; — un travail de M. Guillot sur la coloration des nuages à Nancy; — un mémoire de M. Isidore Pierre sur les produits de la distillation de l’alcool. Les points principaux de ce mémoire sont les suivants : Certains alcools donnent par la distillation une matière colorante qui teint la peau à la façon de l’iode; lorsque les alcools contiennent de l’aldéhyde, cette Substance passe une des premières lors de la distillation, et souvent se transforme en résine. C’est une manière d’en débarrasser l’alcool, et cette séparation n’est pas indifférente, car l’aldéhyde provoque la plus dangereuse des ivresses.

M. Truchot, de Clermont-Ferrand, écrit à M. Dumas qu’on a retrouvé dans la maison de M. de Chazelles, parent dè Lavoisier, tous les instruments qui composaient le cabinet, le laboratoire du fondateur de la chimie moderne. Les trois balances de précision dont il se servait pour ses immortelles expériences sont là, en parfait état. Mais les poids ont été perdus. A ce propos, M. Dumas rappelle que Lavoisier, mécontent de l’ancienne division de la livre en onces, en gros et en grains, avait fait faire, avant l’adoption du système décimal et pour son usage personnel, une livre qui se divisait en dixièmes, en centièmes et en millièmes, une m n décimale Par conséquent. On ne l’a malheureusement pas retrouvée. En revanche, . umas a trouvé dans les papiers de Lavoisier tous les documents de la détermination du décimètre cube de l’eau au maximum de densité, c’est-à-dire du kilogramme. Lavoisier peut donc être considéré comme l’inventeur de l’étalon du système décimal. Les documents relatifs c e étermination mentionnent tous le nom de Fortin, dont l'habileté, comme constructeur, était pour Lavoisier une aidé précieuse.

On a trouvé également, chez M. de Chazelles, un grand nombre de thermomètres. L’un d’eux excitera certainement la curiosité des physiciens. C’est un thermomètre de comparaison qui, depuis cent ans, est exposé aux températures variables, par opposition au thermomètre que Lavoisier avait fait placer dans les caves de l’Observatoire, et dont la boule, qui peut avoir deux décimètres de diamètre, est enterrée dans le sable. Il sera intéressant de savoir ce qu’est devenu le zéro du thermomètre qui a subi, depuis si longtemps, les intempéries de l’air.

Du vivant de Lavoisier, un nommé Magellan avait publié, à Londres, un mémoire sur la distillation de l’eau de mer. D’après les notes recueillies dans les papiers de Lavoisier, M. Dumas n’avait pas hésité à attribuer la première idée de cette distillation à Lavoisier luimême. Aujourd’hui, M. Truchot a trouvé, dans la maison de M. de Chazelles, le modèle de l’appareil qui a servi à distiller l’eau de mer. Il n’y a donc plus de doute à l’égard de la propriété dé l’invention. Reste à expliquer par quels motifs Lavoisier a pu, sans réclamer, laisser Magellan publier, en sè l’appropriant, cette idée alors nouvelle.

Des hygromètres et une machine pneumatique ayant appartenu aussi à Lavoisier existent encore au même lieu. Le Conservatoire des arts et métiers possède déjà une machine pneumatique de même origine. Ce qu’il y a de vraiment extraordinaire, c’est que tous ces instruments sont en parfait état, ils fonctionnent aussi bien maintenant qu’il y a un siècle; la machine pneumatique tient le vide comme lorsqu’elle a été construite. On peut donc dire que ces instruments fabriqués par Fortin, sous les yeux de Lavoisier, ont atteint la perfection.

M. le général Morin, à la suite de cette communication, rappelle que le Conservatoire des arts et métiers, dans une salle qui porte le nom de Lavoisier, possède une machine pneumatique qui a été Offerte à cet établissement par l’Académie, et la série des mesures de capacité construites sur les indications du grand chimiste.

M. le secrétaire perpétuel offre en hommage à l’Académie, de la part de l’auteur, M. l’abbé Moigno, un ouvrage en quatre volumes in-86, intitulé : Les splendeurs de la foi. « On me remet l’ouvrage à l’instant, dit M. le secrétaire, je n’ai pas eu le temps encore de l’ouvrir, mais je ne doute pas que, vu la grande érudition de l’auteur, toutes les personnes qui liront ce livre n’y trouvent des choses utiles. »

M. de Lesseps expose sommairement à l’Académie les raisons sur lesquelles il se fonde pour affirmer que l’envasement de Port-Saïd n’est point à redouter ; il communique une lettre du commandant Roudaire, annonçant que les travaux préparatoires de la mer intérieure d’Afrique marchent à souhait; il apprend enfin à ses collègues qu’il a reçu de toutes parts les adhésions les plus encourageantes à propos du projet du canal interocéanique. Il espère que ces grands travaux pourront être exécutés dans ce siècle, dont la fin ne ressemblera guère au commencement. Les entreprises utiles au globe entier qui marqueront les dernières années de cette période compenseront les guerres incessantes qui ont ensanglanté les premières,

M. Duchartre, qui avait, il y a quinze jours, annoncé, sur la foi d’un correspondant, la découverte de l’amidon dans les champignons, a reçu de M. Desenne.un travail qui montre qu’il s’agit seulement, dans le cas en question, de cellulose bleuissante. Jusqu’à présent donc, les champignons ne renferment point d’amidon.

M. Stanislas Meunier lit une note intitulée : Recherches expérimentales sur les grenailles métalliques des météorites sporadosidèes.

La forme des grenailles métalliques disséminées dans les sporadosidèes permet d’affirmer que celles-ci, lors de leur formation, n’ont pas passé par l’état de fusion. Au lieu d’être sphériques comme celles qu’on produit en fondant un mélange de substances pierreuses et de substances métalliques, elles sont essentiellement anguleuses et ramuleuses, et parfois s’étendent en enduits continus sur les éléments lilhoïdes des pierres. Il résulte de cette disposition qu’elles sont postérieures à la gangue qui les contient, et, en effet, on les imite rigoureusement si l’on détermine la réduction par l’hydrogène d’un mélange de chlorure de fer et de chlorure de nickel au contact dé fragments pierreux tassés et chauffés dans un tube de porcelaine. C’est ce que prouve Un échantillon mis sous les yeux de l’Académie.

Ce résultat, qui éclaire de nouveaux détails la géologie des météorites, jette du jour aussi sur une importante question relative à notre propre globe. Il s’agit de l’origine des célèbres roches à fer natif du Groênland, qui renferment des grenailles métalliques identiques pour la forme à celles des météorites. Ces roches représentent certainement des échantillons de couches très-profondes de notre globle amenés à la surface par l’éruption des basaltes dans lesquels ils sont empâtés.

A quatre heures et demie l’Académie se forme en comité secret. — M. L.

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Séances du mois de Février 1879.

1er février. — M. Mathias Ddval a substitué, depuis quelque temps, le collodion aux mélanges solidiflables d’huile, de cire, etc., pour immobiliser les pièces sur lesquelles on pratique les coupes. Cet agent a pour avantages de laisser voir, par sa transparence, la pièce anatomique qu’il entoure ; de conserver leur forme aux organes creux, et de ne pas modifier l’action des réactifs colorants. M. Duval a pu faire ainsi une série de coupes de l’embryon et s’assurer, en particulier, que les plexus choroïdes sont entourés d’une lamelle de substance cérébrale qu’ils refoulent dans l’intérieur des ventricules, sans pénétrer dans la cavité de ces derniers.

M. Laborde, rappelant les observations de Gaillard Thomas, relatives à la transfusion du lait pour remplacer celle du sang, pense qu’on devrait étudier les effets physiologiques de ces injections avant de les essayer en thérapeutique. Or, M. Laborde a fait sur le chien des expériences dont il résulte que la quantité de lait injecté ne doit pas atteindre 90 grammes pour un animal du poids de 11 kilogr. A cette dose, la mort arrive, et l’on trouve dans le bulbe, l’estomac, les poumons, des ruptures vasculaires provenant de véritables embolies, causées probablement par l’accumulation des globules les plus gros du lait. Si on prive le lait de ses globules par un filtrage préalable, il ne produit pas plus d’effet que l’eau pure. D’autre part, quand on fait précéder l’injection de lait d’une saignée, si celle-ci est abondante, le lait n’amène aucune amélioration; si elle a été faible, l’injection de lait semble alors produire d’a-sez bons effets.

M. Poüchet, au nom de MM. Ficalier et Desfosse, présente une note sur la structure de la muqueuse du jabot chez les pigeons. La partie de cette muqueuse, qui se tuméfie, se détache et est rejetée par lambeaux pour servir à la nourriture des petits nouvellement éclos, serait constituée par les couches superficielles de l’épithélium.

M. Rabutead a injecté à des animaux des sels de triméthylstibonium, et s’est assuré que l’innocuité de doses successives, dont le total serait suffisant pour amener la mort, a pour cause la rapidité de l’élimination.

D’après cet auteur, le platinocyanure de potassium agirait simplement comme un chlorure.

8 février. — M. de Sinétï, à propos de la communication faite par M. Laborde sur les injections intra-veineuses de lait, rappelle que les globules de lait n’ont d’enveloppe que plusieurs heures après leur sortie de la mamelle. U pense que les embolies ne se rencontrent que lorsqu’on injecte du lait dans ces conditions. M. Laborde répond que le temps qui s’est écoulé depuis la sortie du lait jusqu’à son injection n’exerce aucune influence sur le résultat , mais que celui-ci est seulement sous la dépendance de la quantité injectée. Néanmoins, M. Ranvier pense que les observations de M. Laborde ne doivent être accueillies qu’avec la plus grande réserve.

M. Ranvier a pu étudier la structure de la cornée à l’aide du procédé suivant : On prend un œil de grenouille; on le laisse séjourner dans une chambre humide, où la cornée s’imbibe d’humeur aqueuse, puis on l’expose pendant quelques minutes à des vapeurs d’acide osmique. Si on balaye alors avec un pinceau l’épithélium, on aperçoit très-nettement, au microscope, des corpuscules et des faisceaux conjonctifs ; les premiers ont conservé leur réfrangibilité normale, tandis que les seconds, en s’imprégnant du liquide qui baignait la cornée, se sont gonflés et sont devenus moins réfringents.

M. Déjerine rapporte plusieurs cas de paralysie saturnine dans lesquels il a trouvé des lésions des racines rachidiennes, et il est porté à croire que, dans ces cas, la paralysie est due à une névrite ascendante plutôt qu’à une lésion cérébrale à marche descendante.

M. Coüty a trouvé que, dans certaines affections à manifestations extérieures, comme la rougeole, l’érysipèle, le rhumatisme articulaire, la température de la paume de la main conserve son élévation après la chute de la fièvre et de la température axillaire. Ce serait le contraire pour les affections internes. Dans la phthisie, la pleurésie ancienne, l’embarras gastrique, elle s’élève sans que celle du creux axillaire subisse une marche correspondante.

15 février. — m. Paul Bert fait une communication sur l’anesthésie avec le protoxy d azote, assez prolongée pour pouvoir être appliquée aux opérations chirurgicales. On sait qu jusqu à présent, il avait été impossible de la faire durer pendant plus de dix à vingt second! el q^0wmlrmployait ê,uère 9ue P°ur ,es extractions de dents. En opérant dans une chamb en fer hermétiquement fermée, éclairée par des plaques de verre, et dans laquelle la pressii

l’union médicale.

atmosphérique avait été portée à 92 cent., M. Paul Bert a pu obtenir une anesthésie complète pendant quatre minutes et demie, à l’aide d’un mélange de 85 parties de protoxyde d’azote et de 150 d’oxygène. La malade, une jeune fille, s’est endormie en vingt ou vingt-cinq secondes, et M. Labbé lui a enlevé un ongle incarné; elle n’a absolument rien senti, ni pendant l’opération ni pendant le pansement, s’est réveillée spontanément sans agitation et en moins d’une minute après la cessation de l’inhalation du mélange anesthésique.

M. Podchet présente une note de M. Mierzejewsky sur les lymphatiques sous-péritonéaux de l’utérus. Une injection à la gomme-gutte a permis d’en reconnaître deux réseaux, l’un sousendothélial, et l’autre plus profond. Les vaisseaux sanguins se trouvent entre les deux. Celle disposition a été observée dans plusieurs autres membranes.

M. Philipeacx, étudiant le mode de régénération du cristallin chez les lapins, a observé ce qui suit : Le cristallin étant enlevé et l’humeur vitrée s’étant aux trois quarts écoulée, celle-ci se régénère, reforme une cristalloïde qui, à son tour, reproduit un cristallin.

M. Hamt présente un crâne atteint de trigonocéphalie, déformation qui est produite par une soudure prématurée des os frontaux ; il en résulte que le cerveau se dévebppe en refoulant en dehors les régions pariétales, et donne à la tête, vue par sa partie supérieure, la forme d’un angle dont le sommet se trouve à la région frontale.

M. Gréhant fait une communication sur certains accidents consécutifs à l’emploi de poêles sans tuyaux dont on se sert beaucoup en ce moment. Un chien, laissé pendant deux heures près d’un de ces poêles dans une chambre habitable, présentait tous les phénomènes de l’asphyxie; on trouva dans le sang une grande quantité d’oxyde de carbone.

22 février. — Dans la séance du 8, M. Cossy avait rapporté le résultat d’expériences failes au moyen d’injections coagulables dans les ventricules latéraux; ces injections avaient été suivies de contractures, tandis que du nitrate d’argent cristallisé introduit dans ces cavités n’en avait pas produit. M. Cossy se demande si ce phénomène n’est pas dû à une compression intra-ventriculaire.

M. Düret, en réponse à cette communication, rappelle les résultats de ses expériences antérieures, consignés dans sa thèse inaugurale. Lorsqu’on fait dans les ventricules une injection, coagulable ou non, sous une pression inférieure à la pression artérielle, on n’obtient que des accidents d’inflammation secondaire ; mais lorsque cette pression est supérieure à celle du sang contenu dans les artères, on provoque des contractures. Les expériences de M. Cossy lui paraissent confirmer ces résultats et être passibles de la même interprétation.

M. Jàval a constaté, d’après l’examen des yeux chez un grand nombre d’enfants, qu’environ 10 p. 100 d’entre eux avaient une diminution de l’acuité visuelle due uniquement à l’astigmatisme; l’emploi des verres cylindriques est le seul traitement efficace.

M. Javal donne ensuite les raisons pour lesquelles il pense que le papier de couleur jaune, non pas le jaune de toute nuance, mais celui qui représente la teinte naturelle du papier de bois avant qu’il soit blanchi par des préparations accessoires, est préférable aux autres pour l’imprimerie. Cette couleur est celle qui produit le moins de cercles de diffusion sur la rétine, et, par conséquent, fatigue le moins la vue.

M. Déjerine a fait sur les embolies graisseuses des expériences d’où il résulte que les fractures compliquées de plaie et surtout d’attrilion de la moelle osseuse leur donnent seules naissance. On les trouve dans les veines qui vont du foyer de la fracture au cœur, dans le cœur droit et dans les branches de l’artère pulmonaire, mais elles s’arrêtent là, et on n’en a pas vu dans les artères périphériques. Dans deux cas seulement, chez l’homme, il y en avait dans le foie et les reins. M. Déjerine pense que l’embolie graisseuse a pour cause une ostéomyélite mettant en liberté, dans un temps très-court, une quantité considérable de graisse, et donne sur le phénomène du choc, qu’il attribue à celle cause, une explication fort contestable.

M. Bochefontaine signale le fait suivant : Si on excfce un point limité du corps d’un animal avec des courants faradiques ou des courants galvaniques interrompus, on peut obtenir une secousse électrique au bout de dix minutes, quel que soit le point du corps que l’on touche. Ce fait ne se produit que sur Y animal vivant et a pour cause la diffusion des courants.

M. Bodin signale un point douloureux observé chez les femmes enceintes, situé sur une ligne qui va de l’épine iliaque supérieure à l’ombilic, et qu’il attribue à un déplacement de l’ovaire.

M. Onimüs, après avoir électrisé les jambes chez plusieurs malades, pour des affections

diverses, a remarqué que, les nuits suivantes, ces personnes dormaient d’un sommeil Ion» et profond. Il pense qu’il s’agit là de modifications de la tension artérielle et de la circulation cérébrale, comme on en a observé à la suite de l’électrisation de la tête, sujet sur lequel M. Letourneau a fait une communication des plus intéressantes à la dernière séance de l’Association française pour l’avancement des sciences.

Tynoçraphle Félix Mvlteste et ('«,

Le gérant, Richelot.

des Deux -Pirles-Saint-Sauveur, 22.

Mardi 29 Avril 1879

Association Générale

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