LYON. — M. MAYET
Statistique des entrées et décès des maladies principales dans les services de médecine dés hôpitaux de Lyon pendant le premier trimestre de 1879.
Maladies
Variole et varioloïde . .
Rougeole .
Scarlatine .... . . .
Coqueluche .
Dothiénentérie . .
Diphthérie (4) .
Érysipèles de la face .
Rhumatisme articulaire aigu .
Fièvre catarrhale, grippe .
Laryngites .
Bronchites .
Pneumonies .
Pleurésies .
Phthisie pulmonaire .
Angines .
Gastro-entérites et entérites, diverses Ictères . .
(1) Les entrées ont été nul les dans les services de médecine. On n’a pas porté aux entrées, faute de documents, les cas entrés en chirurgie. Les décès ne comprennent que des cas entrés en chirurgie. — (2) Dont 2 cas chroniques. — (3) Dont 3 cas chroniques. — [h) Dont 4 cas chroniques.
TOULOUSE. — M. BONNEMAISON
« Pendant le premier trimestre de l’année 1879, la constitution atmosphérique a été caractérisée par l’absence de froids rigoureux, la persistance extraordinaire de l’humidité et l’abondance des pluies, la fréquence des bourrasques et des variations de température, et enfin par les écarts les plus considérables du niveau barométrique.
La constitution médicale a subi ces influences atmosphériques avec une fidélité exemplaire, et n’a présenté aucune tendance à la déviation du type saisonnier. U n’y a pas eu d’épidémie proprement dite, et la mortalité s’est maintenue au-dessous de la moyenne des années précédentes. Seuls, les vieillards, les petits enfants et les phthisiques ont payé un large tribut à 1 a eclion catarrhale dominante ; les adultes, au contraire, ont le plus souvent résisté à ses
(1) Suite. — Voir les numéros des 3, 6, 13 et 17 mai.
Janvier Février Mars
Entr.
Décès.
Entr.
Décès.
Entr. Décès.
attaques les plus multipliées. Comme cela se comprend de reste, les maladies les plus fréquemment observées sont : les bronchites, les pneumonies, les angines, les ophthalmies, les embarras gastriques, les pleurésies sèches et localisées ou avec de faibles épanchements.
Toutes ces affections ont guéri le plus souvent avec la plus grande facilité, et notamment, pour ce qui concerne lés pleurésies, la thérapeutique médicale a suffi, et nos appareils de thoracentèse n’ont pas quitté leur boîte.
Les rhumatismes, généralement subaigus quoique multi-articulaires, les névralgies diverses, ont fidèlement obéi aux injonctions des remèdes classiques de toute sorte ; le sel quinique a surtout fait merveille, ce qui est logique, puisque l’intermittence s-’est manifestée dans la plupart des cas observés.
La variole, qui faisait encore 13 victimes en janvier, a commencé sa retraite dès les premiers jours de février, où elle n’a produit que 6 décès, et a presque totalement disparu dans le courant du mois de mars, qui n’a présenté que 2 cas de mort. L’isolement rigoureux, à la campagne, des malades hospitaliers, la pratique, cette fois généralement acceptée, des revaccinations, expliquent cet heureux résultat (1).
En revanche, la fièvre typhoïde (2), ordinairement de forme muqueuse rémittente, parfois aussi de forme ataxo-adynamique, a presque revêtu des allures épidémiques. Elle a frappé un grand nombre de personnes, faisant 5 victimes en janvier, 9 en février et 13 en mars. Sa persistance, extraordinaire à cette époque de l’année, ne saurait s’expliquer que par la persistance corrélative des conditions atmosphériques et telluriques que nous avons signalées plus haut.
Les oreillons ont été souvent observés ; leurs métastases ont été rares, au moins dans la population civile. Le croup, plus rebelle cette fois aux efforts de la chirurgie, a causé la mort de 4 enfants en janvier, 6 en février, et 1 seulement dans le mois de mars.
En somme, constitution catarrhale absolument prédominante, mortalité au-dessous de la moyenne ordinaire, thérapeutique facile et le plus souvent couronnée de succès, tel est le bilan médical du premier trimestre 1879 dans la ville de Toulouse. »