AURILLAC. — M. RAMES
« Constitution saisonnière et médicale analogue à celle du trimestre précédent. Quarante jours de pluie ou de neige ; humidité constante. Disparition des rougeoles ; absence à peu près complète de maladies contagieuses.
Une jeune fille part souffrante d’un des couvents de la ville, où il n’y avait pas de malades, rentre dans son village, situé sur un des plateaux qui dominent la ville, fait une fièvre typhoïde, la communique à trois autres personnes, dont un garçon de ferme. Celui-ci, en février, vers le quinzième jour de la maladie, entre à l’hôpital, et y meurt en pleine convalescence, par suite d’imprudence faite. Environ à la même époque, un domestique de ferme à peu près du même âge, demeurant sur le côté opposé et correspondant de la vallée, boit à une source qui, dit-il, a la réputation de donner la fièvre, tombe malade deux jours après, et fait une fièvre typhoïde à forme adynamique dont il est à peine convalescent. Un militaire venu de Lyon a pareillement succombé à un état continu, d’abord léger, mais qui est devenu asphyxique vers le vingtième jour.
Tels sont à peu près les quelques cas qui ont eu lieu en ville ou dans la banlieue.
Sur un effectif moyen de 450 soldats, à peine compte-t-on quelques indispositions, presque toutes sans gravité.
En revanche, beaucoup de vieillards ont succombé par suite d’affaiblissement, dû probablement à un hiver froid et humide de six mois de durée.
D’après un relevé de l’état civil, la mortalité, pendant ce trimestre, a été de 101 cas de mort, morts presque toutes dues à des recrudescences de vieilles affections. L’apoplexie cérébrale y figure pour 16 cas, les attaques convulsives pour 2, les méningites pour 5 cas.
Doit-on en rechercher la cause déterminante dans une humidité froide prolongée, occasionnant une réplétion plus considérable de l’appareil de la circulation et devenant cause d’une tension exagérée surtout dans l’irrigation de la boite crânienne? Les faits paraissent en faveur de eette hypothèse. »