‹ L'Union médicaleChapitre 143 sur 176 · BREST. — M. TH. CARADEC PÈRE · texte numérisé non relu

BREST. — M. TH. CARADEC PÈRE

« Pendant une grande partie du premier trimestre de l’année courante, nous avons eu à Brest des températures rigoureuses et inaccoutumées, produites par des vents variant du nord à l’est, ce qui ne nous a pourtant pas préservés de pluies fréquentes. Aussi ces conditions météorologiques ont-elles fait naître un grand nombre de maladies à frigore, telles que les rhumatismes, les névralgies à siège divers, les bronchites, les pleurésies et les pneumonies. C’est parmi ces dernières affections qu’on a compté le plus de décès, notamment chez les vieillards, à part, toutefois, la phthisie pulmonaire, vrai Minotaure, qui a continué à prélever son large tribut sur notre population, et malheureusement sur les jeunes gens, comme partout.

A propos des pneumonies, je citerai les guérisons merveilleuses et inespérées que j’ai obtenues de la médication tonique et alcoolique chez U malades dans ma salle des vieilles femmes à demeure, de 70 ans et au-dessus, médication rationnelle la mieux indiquée et qui doit être préférée à toutes les autres pour les vieillards.

Quelques personnes d’âge avancé ont été frappées d’hémorrhagie cérébrale, plusieurs enfants ont été atteints de méningites tuberculeuses, maladie impitoyable qu’on rencontre assez souyent dans notre ville, et qui ont été toutes suivies de mort; c’est une règle infaillible, en dépit de tous les traitements, alors que cette affection éclate avec ses symptômes caracjustesse de ceUe^ègi^ 11 ma élé donné, dans le cours de ma longue pratique, de vérifier la

L influence intermittente très-accentuée que je signalais dans ma dernière note, relative-

ment à quelques-unes de nos maladies saisonnières, s’est beaucoup atténuée, et, à la fin de janvier, elle a disparu à peu près complètement.

Quatre cas de septicémie puerpérale, dont la terminaison a été funeste pour trois d’entre eux, ont été constatés à Brest, qui était resté presque indemne jusqu’à ces derniers temps, mais où ces accidents ne sont plus rares aujourd’hui, sans qu’on puisse encore en saisir la véritable cause. Il n’en est pas heureusement de même pour notre Maternité, qui ne compte pas un seul décès de cette maladie depuis bien longtemps, les femmes en couches n’y étant jamais qu’en petit nombre dans une salle très-vaste et bien aérée.

On a observé encore un certain nombre de fièvres typhoïdes, dont quelques-unes à forme ataxique ont eu une issue fatale.

Les quelques fièvres éruptives qui se sont montrées n’ont donné lieu à aucune remarque particulière.

Parmi le peu d’enfants qui ont été atteints du croup, et qui ont tous succombé, les parents s’étant refusés à la trachéotomie, ou celle-ci ayant été pratiquée trop tard, l’un d’eux, qui avait subi cette opération, a contaminé sa mère dont la diphthérie ne s’est manifestée qu’après une incubation de quinze jours. Malgré la rareté du fait, j’en connais un analogue qui s’est passé, il y a environ seize ans, chez une pauvre dame, laquelle, malgré mes pressantes recommandations, s’obstinait dans sa profonde douleur à couvrir de baisers la bouche de son enfant se mourant du croup. Ce ne fut que douze jours après son départ de Brest que les phénomènes de contagion apparurent, et qu’elle succomba dans une ville voisine, comme la malade précédente.

Je ne dois pas omettre, en terminant cette communication, de parler d’une épidémie d’oreillons ayant atteint de préférence les enfants de 6 à 12 ans. C’est en raison de ce jeune âge qu’it ne s’est pas produit de métastase sur les organes génitaux. Ces oreillons étaient parfois précédés et accompagnés de fièvre assez intense, mais celle-ci ne durait que peu de jours, et jamais l’état des petits malades n’a offert la moindre gravité. »

(La suite dans un prochain numéro.)

HYDROLOGIE

REMARQUES A L’OCCASION DD MERCCRE DANS L’EAD MINÉRALE DE SAINT-NECTAIRE,

Par M. Jules Lefort, membre de l’Académie de médecine.

I. — Dans la séance du 6 mai de l’Académie de médecine, M. le docteur Garrigou a adressé une lettre par laquelle il se plaint que, depuis huit mois, ni l’Académie ni moi ne l’ayons honoré d’une réponse, au sujet de nouvelles expériences qu’il sollicite pour la découverte du mercure dans l’eau du Rocher, à Saint-Nectaire; il annonce, en outre, qu’un chimiste des plus compétents, dont il ne donne pas le nom, aurait découvert le mercure dans cette source.

Si M. Garrigou pense que je cherche ainsi à éluder la question qui nous divise, je le préviens tout d’abord qu’il se trompe, car je veux autant, et peut-être plus que lui, dans l’intérêt de la chimie des eaux, et de l’une de nos importantes stations thermales, que la lumière se fasse à cet égard d’une manière complète. Mais, quoique rien ne m’y oblige, d’après les termes mêmes de mon rapport, dont les conclusions ont été adoptées par l’Académie, je veux bien, dès maintenant, lui faire connaître le motif de mon silence.

Ainsi, l’auteur de cette lettre m’a reproché de n’avoir pas puisé ou de n’avoir pas fait recueillir devant moi, au griffon de la source du Rocher, l’eau minérale et le dépôt ocracé sur lesquels ont porté mes analyses, et alors il me demande si nous avons opéré avec un liquide ayant la même origine. Gela est probable; cependant, pour ne pas ‘laisser subsister le plus petit doute dans son esprit, j’ai formé depuis longtemps le projet de me rendre cette année à Saint-Nectaire, afin d’y ramasser tous les matériaux propres à de nouvelles recherches qui seront faites sous les yeux de la commission permanente des eaux minérales, dans le laboratoire de l’Académie de médecine, mais auxquelles je ne prendrai aucune part.

II. — En attendant qu’il en soit ainsi, je peux annoncer à M. Garrigou que, pour répondre à son désir, je ne suis pas resté dans l’inaction : ayant encore à ma disposition une certaine quantité d’eau minérale et de dépôt adressés à l’Académie de médecine par le propriétaire de la source du Rocher, pour la rédaction de mon rapport (1), j’ai consacré de nouveau un temps

(1) L’envoi fait directement à l’Académie se composait de cent litres d’eau et de quatre litres de dépôt ocracé, boueux, provenant de la même source. Ces matériaux ont été recueillis le

L’UNÏON médicale.

très-long à la recherche du mercure dans ces matières, et, comme par le passé, je suis arrivé à un résultat absolument négatif.

D’après le contenu de sa lettre, M. Garrigou ignore certainement tout ce qui s’est passé depuis plusieurs mois entre M. Willm, préparateur de notre collègue M. Wurtz, et chef du laboratoire de chimie de la Faculté de médecine, dont il invoque le témoignage si prématurément, et moi.

III. — Et d’abord, disons que M. Willm doit faire connaître prochainement le détail de ses expériences négatives, aussi bien que celle qui, unique, l’a conduit à un résultat pouvant être considéré comme positif. Ce chimiste m’a appris, en effet, qu’il croyait avoir retiré de dix litres d’eau minérale, 'puisée devant lui à la source du Rocher, une quantité microscopique de mercure.

M. Garrigou ayant isolé, au contraire, des quantités infiniment plus considérables de mercure, soit de l’eau elle-même, soit du dépôt ocracé formé autour de la source, j’ai remis à M. Willm, afin qu’il les examine à loisir, de l’eau et du même dépôt adressés autrefois à l’Académie de médecine, et j’ai eu la satisfaction d’apprendre que , conformément à mes analyses, il n’y avait pas trouvé de trace de mercure. Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque sur l’emploi des modes analytiques, je rappellerai que M. Garrigou dit avoir obtenu des globules de mercure visibles à l’œil nu en plaçant simplement une lame de cuivre dans un litre d’eau minérale, ou en chauffant du dépôt ocracé dans un appareil distillatoire, procédés très-primitifs, on le voit; mais M. Willm m’a affirmé n’avoir rien observé de semblable.

IV. — J’ai fait plus encore. Craignant que les eaux adressées à l’Académie et puisées sans ma présence ne provinssent pas sûrement de la source du Rocher, malgré un certificat en règle, j’ai chargé un pharmacien de Paris de faire venir de Saint-Nectaire, sans dire l’usage qu’on en voulait faire, 20 litres d’eau de ladite source du Rocher, qui ont été puisés le 2 4 février de cette année. Or, M. Willm a pu constater avec moi qu’une pile de Smithson (1), laissée pendant un mois dans 10 litres de cette eau préalablement acidulée, n'y accusait pas la plus légère trace de mercure. Tout le liquide, sursaturé par la potasse afin d’empêcher la volatilisation, par entraînement de la vapeur aqueuse, du sel mercuriel, réduit ensuite par la chaleur sous un petit volume, réacidulé et examiné à son tour, m'a encore indiqué qu'il ne contenait pas de mercure.

V. — Il est parfaitement reconnu que lorsque les sources minérales, appartenant à la même classe, sont réunies en groupe, si la température et la somme des principes salins sont le plus souvent variables, la qualité des substances minéralisantes qu’elles renferment demeure la même. Je n’apprendrai rien de nouveau ici en disant, par exempte, que les acides et les oxydes terreux ou métalliques qui se trouvent dans les sources de Vichy, de Vais, de la Bourboule, etc., varient beaucoup sous le rapport de la quantité, tandis que la qualité de ces substances reste invariable. C’est ce que, en termes vulgaires, on exprime en disant que ces diverses sources sortent, dans l’origine, du même tonneau.

A Saint-Nectaire (Saint-Nectaire-le-Haut),. il existe deux sources thermales principales, la source du Rocher dont il est question dans ce débat, et la grande source du Mont-Gornadore qui, d’après une analyse récente de M. Willm, ont presque la même température et la même composition ; ajoutons encore que leur voisinage indique assez qu’elles ont une origine souterraine commune. Evidemment, si le mercure existe dans l’une, il doit se retrouver dans l’autre, mais il paraît qu’il n’en serait rien.

Sur une demande spéciale et pressante de ma part, M. Willm a bien voulu rechercher le mercure dans l’eau de la grande source du Mont-Cornadore puisée par lui-même, et ce chimiste m’a annoncé qu'il n’en avait pas trouvé. Comme M. Garrigou parle seulement du mercure de la source du Rocher, je suppose qu’il n’a jamais cherché ce métal dans la grande source du Mont-Cornadore.

Je remercie, en terminant, M. Garrigou de m’avoir fourni l’occasion de vérifier, et surtout de faire contrôler par un chimiste aussi compétent que M. Willm (2) mes premières ana-

29 octobre 1877, et ils étaient accompagnés d’un certificat en règle constatant là véracité du puisement, ainsi que cela est exigé pour toutes les eaux minérales qui doivent être l’objet d’analyses spéciales dans le laboratoire de l’Académie de médecine.

(1) Puisque le mot de pile de Smithson se trouve sous ma plume, il importe de mettre les chimistes en garde contre l’emploi exclusif de cet instrument pour découvrir des traces de mercure dans des liquides très-chargés de chlorures et d’autres sels. Déjà Orfila, dans un mémoire spécial, a montré que parfois la lame d’or se recouvrait d’un peu d’étain qui simulait assez un dépôt mercuriel. J’ai eu l’occasion, dans ces derniers temps, de confirmer l’asserliOQ d’Orflia. (v. Pelouze et Frémy, t. III, 1865, p. 1131, et Orfila, Traité de toxicologie , t. 1, 1843, 4' édition, p. 556.

(2) M. Willm, je dois le reconnaître ici publiquement, s’est prêté à tout ce travail de véri-

lyses. Mais il est bien entendu que les résultats énumérés ci-dessus concernent uniquement l’eau minérale parvenue à l’Académie de médecine, et n’engagent en rien les expériences qui se feront plus tard dans le laboratoire de l’Académie, sous les yeux et avec le concours de la commission permanente des eaux minérales dont je ne fais plus partie, et enfin avec des matériaux dont on ne pourra plus mettre en doute l’aulhentici té.

Tout ce qui m’importe dans ce débat, c’est de montrer que les conclusions de mon rapport, votées par l’Académie, restent entières.

ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES'

SOCIÉTÉ OE CHIRURGIE

Séance du 14 mai 1879. —Présidence deM. Tarnier.

Sommaire. — Rapport. — Suite de la discussion sur les hémorrhagies alvéolo-dentaires et les moyens de les arrêter. — Présentation de pièce pathologique. — De la myotomie comme moyen de combattre les accidents occasionnés par les exostoses épiphysaires — Anévrysme de l’artère isehiatique consécutif à une fracture du bassin, pris pour un abcès chaud et ouvert avec le bistouri, hémorrhagie considérable arrêtée par la forcipressure ; guérison.

En présentant une courte observation de la paralysie atrophique de l’enfance, adressée par M. le docteur Onimus, M. Nicaise en a fait un compte rendu sommaire qui, à la demande de M. Houel, a dû être considéré comme un rapport et qui, à ce titre, sera inséré dans les Bulletins. Il s’agit d’une petite fille de 5 ans, atteinte de paralysie atrophique des deux membres inférieurs portant sur des groupes de muscles différents : à l’un des membres, sur les muscles postérieurs de la jambe et donnant naissance au pied-creux; à l’autre membre, sur les muscles de la région anléro-interne et donnant lieu au pied-plat. En outre, la petite malade présentait des engelures aux doigts des pieds, siégeant en des points différents en rapport avec la distribution des nerfs aux muscles paralysés, ce que l’auteur considère comme un exemple de troubles trophiques indirects dus à l’affection de ces nerfs.

— A l’occasion du procès-verbal de la dernière séance et de la discussion sur les hémorrhagies consécutives de l’exiraclion des dents, M. Magitot croit devoir revenir en quelques mots sur le moyen qu’il a indiqué, comme étant très-efficace, pour arrêter ces hémorrhagies. Ce moyen, qui lui a réussi dans des cas où le bouchon de cire avait échoué, consiste dans le tamponnement de l’alvéole avec la gulta-percha, ramollie et mélangée avec de la charpie, de manière à en faire une substance malléable, élastique et adhérente aux parois de la cavité alvéolaire. Dans trois cas d’hémorrhagie alvéolaire très-grave, M. Magitot a réussi à arrêter l’écoulement du sang alors que tous les autres moyens, en particulier le bouchon de cire, avaient échoué. L’application du lampon de gulta-percha doit être précédée d’un lavage complet de l’alvéole, au moyen du chloroforme, dans le but de favoriser l’adhérence de la guttapercha avec les parois de la cavité. Cette adhérence a été telle, dans les trois cas dont il s’agit, qu’au bout de trois jours M. Magitot a dû pratiquer l’extraction du tampon de guttapercha et de charpie, qui ne se fût pas détaché de lui-même. M. Magitot ne doute pas qu’une hémorrhagie alvéolaire, quelque grave qu’elle puisse être, ne soit arrêtée par l’emploi de ce moyen.

M. Desprès rappelle qu’il a réussi, dans deux cas, à arrêter l’hémorrhagie alvéolaire au moyen du bouchon de cire d’abeille introduit dans la profondeur de l’alvéole ; ce bouchon forme, avec les petits caillots qui se trouvent habituellement au fond de la cavité, un lampon très-adhésif qui suffit à l’arrêt de l’écoulement du sang. A la campagne, on n’a pas toujours sous la main de la gutta-percha.

M. Magitot répond qu’il est parvenu quelquefois à arrêter l’hémorrhagie alvéolaire h l’aide du bouchon de cire ordinaire; mais ce moyen a été souvent insuffisant. Il aurait plus de confiance dans l’emploi de la cire à cacheter, suffisamment ramollie et introduite, après un lavage préalable de l’alvéole, au moyen de l’alcool. Ce procédé serait facilement applicable à la campagne, où l’on n’a pas toujours sous la main de la gutta-percha, ainsi que le fait justement remarquer M. Desprès.

M. Tillaux pense, contrairement à l’opinion émise par M. Desprès, qu’il ne faut jamais faire la compression sur des caillots de sang, quand il s’agit d’arrêter une hémorrhagie ; il faut, au contraire, comme l’a fort bien indiqué M. Magitot, commencer par se débarrasser des caillots par le lavage de la plaie, et faire ensuite la compression.

fieaiion avec une obligeance parfaite, et je suis heureux de lui en exprimer aujourd’hui mes remerciements.

— M. Desprès met sous les yeux de ses collègues un dessin représentant une pièce pathologique relative à un cas d’ostéite épipbysaire, dans lequel, suivant lui, il eût été impossible de faire l’application du trépan, comme le conseille M. Lannelongue.

— M. Le Dentu rappelle qu’il a présenté, il y a quelque temps déjà, un jeune malade à qui avait pratiqué la myotomie pour une exostose de croissance située sur l’épiphyse supérieure du fémur, et qui déterminait de vives douleurs et une gêne croissante de la marche. La guérison fut le résultat de cette simple opération. M. Le Dentu cite, parmi les accidents produits par les exostoses de croissance : 1° la formation de bourses séreuses accidentelles douloureuses au nive'au de ces tumeurs; 2° la compression des troncs nerveux situés dans le voisinage des exostoses; 3° la contracture des muscles en contact avec ces dernières. Il pense, d’après les résultats qu’il a obtenus dans le cas dont il s’agit, que la simple myotomie sous-cutanée peut suffire à la guérison de ces sortes d’affection et atteindre avec moins de perte de temps et moins d’inconvénients, le même but que l’excision, opération qui peut ne pas toujours être exemple d’accidents et qui laisse après elle une plaie osseuse assez longue à se cicatriser.

La communication de M. Le Dentu a donné lieu à un échange de courtes observations entre l’auteur et MM. Trélat, Berger et Anger.

^ Tillaux a présenté, mercredi dernier, un malade à qui il a pratiqué la ligature de l’artère ischiatique pour un anévrysme de cette artère survenu à la suite d’une chute d’un lieu élevé ayant occasionné une fracture du bassin. Ce malade, jeune maçon âgé de 20 ans environ, fut apporté sur un brancard à l’hôpital Beaujon, dans le courant du mois d’août 1378. Il venait de faire une chute du quatrième étage d’une maison en construction. Il avait une fracture de la cuisse gauche, à la partie moyenne, compliquée d’une plaie qui né paraissait pas communiquer avec le foyer de la solution de continuité osseuse. Le blessé était plongé dans un état de collapsus profond. M. Tillaux appliqua sur le membre un appareil de Scultet. Le malade paraissait souffrir beaucoup quand on le remuait; cette circonstance, jointe à l’absence de troubles du côté de la vessie et du rectum, fit que M. Tillaux ne crut pas devoir s’occuper de rechercher s’il existait ou non une fracturé du bassin.

Les choses se passèrent très-bien pendant la première quinzaine; la douleur disparut, l’appétit revint; mais bientôt une sensation douloureuse se manifesta derrière le grand trochanter, accompagnée d’une tuméfaction de la région ; puis celte douleur devenant extrêmement vive au point de nécessiter plusieurs injections sous-cutanées de morphine par jour, M. Tillaux prit le parti d’endormir le malade au moyen du chloroforme, afin de pouvoir l’examiner sans le faire souffrir et de pouvoir ainsi explorer à fond la région fessiêre.

Il constata la présence d’une tumeur volumineuse occupant toute cette région, ne présentant pas le moindre battement ni le moindre souffle, tumeur rouge d’ailleurs, chaude, œdémateuse et manifestement fluctuante.

M. Tillaux diagnostiqua l’existence d’un abcès de la fesse, et crut pouvoir l’expliquer par la présence de cette petite plaie constatée le premier jour au niveau de la fracture de la cuisse, plaie dont l’irritation aurait été suivie d’angioleucite terminée par la formation d’un abcès à distance.

Ainsi convaincu de l’existence d’un abcès, M. Tillaux plongea hardiment son bistouri dans la tumeur et pratiqua une incision verticale de la région fessiêre, tombant ainsi en plein foyer anévrysmal. Tout à coup un jet formidable de sang le frappe au visage et l’inonde en un instant. Aussitôt M. Tillaux pratique une large incision horizontale à travers le muscle grand fessier, arrive rapidement à l’échancrure sciatique, et reconnaît l’artère coupée en deux au niveau de cette échancrure, à sa sortie du bassin. En mettant le doigt sur le bout central, il sent une esquille osseuse paraissant provenir du bord du sacrum et à laquelle était due sans doute la déchirure artérielle ayant produit un anévrysme faux consécutif de ce vaisseau. L’artère était coupée au ras du bassin, le bout central un peu rétracté en dedans. L’application immédiate d’une pince hémostatique arrêta aussitôt l’hémorrhagie.

M. Tillaux reconnut l’impossibilité d’appliquer sans de graves dangers une ligature dans de pareilles conditions; il se trouva heureux que M. Verneuil eût donné un nom, celui de forci* pressure , à l’hémostase au moyen de la pince, et qu’il eût érigé en méthode un procédé qui n’avait été, jusqu’à lui, l’objet que d’applications isolées et accidentelles. La pince, appliquée par M. Tillaux sur le bout central de l’artère, fut laissée en place pendant quarante-huit heures. La plaie transversale fut réunie et un tube à drainage placé à demeure, afin de faci* R 1fécou,ement du pus et les lavages.

de la6 ’ ™algré les difficultés considérables des pansements, dues à l’existence de la fracture n,,U™SÜ <?onl l iraiuobilisation et la consolidation étaient ainsi compromises, le malade a

ÉriS' i'1^* rratture el de ■"«Svrysme.

’ observation dont il s’agit doit être intitulée : « Anévrysme diffus consécutif de

Fartère ischiatique dû à la déchirure de l’artère au niveau de sa sortie du bassin par la grande échancrure sciatique, anévrysme pris pour un abcès chaud et ouvert en celte

qualité. »

M. Tillaux fait remarquer, en terminant, combien il est singulier de voir un anévrysme aussi considérable que celui dont il s’agit, rester une vingtaine de jours sans donner lieu au moindre soupçon de son existence.

La très-intéressante communication de M. Tillaux a été suivie d’un échange d’observations entre l’auteur et MM. Nicaise, Farïtbeuf, Le Dentu et Théophile Anger. Nous regrettons que le défaut d’espace nous empêche de les reproduire.

D' A. Tartivel,

M. A. de l’établis. hydrothérapique de Bellevue.

SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS

Séance du 25 janvier 1879. — Présidence de M. Blondeau.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

M. Dklasiadve demande cette rectification : J’ai fait remarquer, dans la dernière séance, que les enfants sourds-muets apprennent à lire et à écrire avec une excessive rapidité ; qu’il» comprennent et écrivent comme le feraient des hommes formés. Ils n’ont pas d’enfance à ce point de vue, et ils obtiennent ce résultat grâce à l’attention soutenue dont ils sont doués.

La correspondance manuscrite comprend une lettre de remerclments de M. le docteur Fabre (de Commentry), nommé membre correspondant ; — une lettre de M. Perrin, empêché d’assister à la séance. Il demande à M. le Président de confier le rapport sur les travaux de M. le docteur Domingos Carlos (de Bahia) à son collègue M. Camuset, plus expert que lui de la langue portugaise.

M. le Président : Depuis notre dernière séance, Messieurs, un de nos plus illustres collègues a été l’objet d’une distinction aussi largement méritée que tardivement accordée. M. le professeur Peter a été nommé chevalier de la Légion d’honneur. La Société se glorifie de posséder, dans son sein, des membres si éminents et si modestes; elle s’enorguillit, à bon droit, des honneurs qui leur sont décernés.

De chaleureux applaudissements accueillent cette communication.

M. le docteur Henri Bergeron lit, à l’appui de sa candidature au titre de membre titulaire, un mémoire sur le Traitement de la diphthérie par tes inhalations d’acide fluorhydrique. — Une commission , composée de MM. Rougon, de Beauvais et Dubrisay, rapporteur, est chargée d’examiner les titres du candidat.

M. Boüloümié lit un travail intitulé : Effets et conséquences du traitement salicyli chez les goutteux. (Voyez plus haut, article Thérapeutique.)

M. Charrier : Si j’ai damandé à notre secrétaire général à mettre à l’ordre du jour l’action du salicylate de soude dans la goutte et le rhumatisme, c’était pour provoquer parmi nous une discussion sur ce médicament tant loué par les uns et si décrié par les autres.

Je suis presque entièrement de l’avis de notre collègue M. Bouloumié, et, comme lui, je dirai qu’il ne faudrait pas employer le salicylate dans les cas de goutte suraiguë, parce qu’il faudrait donner des doses trop fortes pour arriver à l’action analgésiante de ce médicament. Je laisserai de côté l’action du salicylate dans le traitement du rhumatisme articulaire, action qui, de l’avis du plus grand nombre des praticiens qui l’ont employé, est, dans une foule de cas, vraiment merveilleuse, et je parlerai de l’emploi de ce sel dans le traitement de la goutte aiguë et de la goutte chronique.

J’ai remarqué dans plusieurs cas de goutte aiguë de moyenne intensité qu’à la dose de 6 à 8 grammes par jour, la douleur disparaît rapidement, mais l’accès n’est pas pour cela enrayé, il suit ses phases ordinaires; mais c’est déjà un point capital que la disparition de la douleur. Si l’accès de goutte suit sa marche ordinaire à partir de son acmé, il n’y a pas à redouter de métastase, ni de rétrocession de la maladie; accident, au reste, que je n’ai jamais vu. Mais une chose sur laquelle on ne saurait trop insister, ainsi que l’a fait remarquer et si justement notre collègue M. Reliquet, c’est, avant d’employer ce médicament, de s’être bien assuré de l’état de la fonction urinaire, car, si elle n’est pas normale, si les reins sont quelque peu altérés, il peut sa manifester des accidents redoutables. Quand on ne

dépasse pas 6 à 8 grammes par jour, en fait de troubles du côté du cerveau, je n’ai noté an* des bourdonnements d’oreilles comme après l'usage du sulfate de quinine. 4 e

Le salicylate de soude a été signalé comme provoquant des troubles gastriques; cet dépend de la manière dont il est administré; il faut le donner au moment du repas,’ en s* mettant à table, et boire après un demi-verre d’eau pure.

Dans la goutte chronique, je ne l’ai pas vu donner de grands résultats; au reste, ilest très-difficile de savoir ce qu’il serait advenu si l’on n’avait pas employé le salicylate, puisque souvent l’accès n’arrive pas, même sans rien faire.

Mais où il est vraiment utile, c’est dans le rhumatisme, la sciatique. J’ai vu, entre autres une sciatique rebelle qui avait résisté à tous les traitements, et qui récidivait sans cesse’ céder à trois jours de traitement à 6 grammes par jour, pour ne plus revenir.

De tout ce qui a été dit et pour et contre ce médicament, je crois qu’il faut rester dans une juste réserve, il y a des cas où il rend d’éminents services et des cas où son action est complètement nulle.

M. de Beauvais : Dans la question qui nous occupe, je crois intéressant de vous soumettre l’observation suivante :

M. X..., ancien pharmacien à Paris, âgé de 73 ans, d’une bonne santé habituelle, sang antécédents diathésiques de famille, est pris pour la première fois, il y a quinze mois, de douleurs rhumatismales généralisées. Il consulte son médecin habituel, qui le soigne depuis 1835, M. le docteur Lhéritier. Ce praticien expérimenté le soumet à l’usage des fumigations aromatiques, des douches sulfureuses et des bains de Baréges, aidés du massage. Enfin, M. X... fut envoyé, en 1878, à Aix-les-Bains pour faire une cure, du 15 juin au 18 juillet. Il en revint affaibli, maigri, fatigué, plus souffrant. Il se reposa jusqu’à la fin d’août. A cette époque, M. Lhéritier lui conseilla, par correspondance, de se mettre à l’usage du salicylate de soude.

Ayant débuté, sans succès, par une faible dose, il prend un jour 9 grammes de ce sel en trois doses. L’effet est presque foudroyant; la surdité est à peu près complète, bourdonnements continuels d’oreilles. La voix humaine paraît criarde, ayant le ton du mirliton, ainsi que les bruits de la rue. Un malaise général indéfinissable, une prostration semblable à celle du mal de mer s’empare du malade. U éprouve des hallucinations de la vue : son lit lui paraît double. « La mort, dit-il, m’eût été à ce moment indifférente, et même agréable. »

Dès le lendemain, il cesse le médicament. Les accidents disparaissent. Au bout de quelques jours, on recommence à la dose de 5 grammes. Cette dose est continuée sans interruption pendant quatre mois. Sous son influence, le rhumatisme s’améliore, les nodosités, les empâtements articulaires des poignets, de la main, des doigts, des chevilles, des orteils, diminuent de jour en jour; les mouvements redeviennent possibles. L’impotence presque absolue cesse; la santé générale se rétablit. Aujourd’hui, le malade se sert de ses mains, peut se promener dans sa chambre, monter seul dans son lit. Il se plaint seulement de la perte du goût et d’urines trop fréquentes. Celte observation est intéressante au double point de vue : de l’innocuité complète d’une dose de 5 grammes de salicylate de soude pendant quatre mois, et de l’amélioration considérable d’un rhumatisme articulaire subaigu généralisé, rebelle jusqu’à ce jour.

Quant au rhumatisme articulaire aigu, je l’ai traité, à l’infirmerie de Mazas, par le salicylate de soude.

J’ai souvent amendé, par ce moyen, les douleurs et la fièvre, à la dose modérée de A à 6 grammes; mais, dès qu’on cessait le médicament, les phénomènes reparaissaient avec intensité. Il fallait recommencer le traitement avec persistance, quoique les malades, toujours soumis au régime invariable, réglementaire, de la prison, ne puissent invoquer de fatigue, d’imprudence ni d’écart de régime, puisqu’ils ne quittent jamais leur cellule et n’échappent pas à une surveillance continuelle.

M. Reliquet : Au moment du grand engouement pour le salicylate de soude, j’ai observé trois cas d’hémorrhagie de la vessie chez des malades soumis à ce médicament. C’étaient des vieillards qui urinaient souvent et avec difficulté, mais sans vider complètement leur vessie. Et c’est après l’usage du salicylate de sou te qu’on vit apparaître du sang dans l’urine. Je crois que, dans le cas de mictions difficiles, le salicylate de soude est contre-indiqué.

M. Duroziez demande à M. Bouloumié s’il a eu des renseignements directs sur la santé

d’un de nos éminents confrères, dont il cite l’appréciation au sujet du salicylate de soude. Ce confrère s’en est servi pour sa goutte et, je ne crois pas, avec succès.

La vente du salicylate dans les pharmacies a beaucoup diminué; elle est presque nulle

aujourd’hui, cet argument a de la valeur.

calmant h jSiler sur ,e moment et la forme de la goutte où le salicylate serait utile comme sans danger. Beaucoup de médecins sont d’avis que, lorsque la goutte est au pied, I

faut l’y laisser et non la tourmenter. Il suffit qu’il puisse arriver des accidents chez quelquesuns pour qu’on soit Irès-prudent.

Pourquoi avoir abandonné le tartre stibié, la vératrine, le nitrate de potasse. le sulfate de quinine, la digitale, les saignées? N’onl-ils pas tous eu leur vogue, passagèrement incontesté*? Le bicarbonate d* soude, de potasse, n’a-t-il pas dû guérir le rhumatisme articulaire aigu? N’a-l-on pas dit que, avec 8 grammes de bicarbonate, on le guérissait sans lésion du cœur? Que reste-t-il de toutes, ces promesses?... Des maladies du cœur et de tous les organes aussi nombreuses que jamais. Le rhumatisme articulaire aigu ne consiste pas dans quelques douleurs des articulations. Si vous voulez vous adresser à la maladie tout entière, vous risquez de frapper l’économie entière. Il y a danger. Nos prédécesseurs n’ont rien trouvé d’héroïque ; nos successeurs ne trouveront rien de plus. Transmettons-leur la prudence, qui est encore le plu9 beau système de médication, et ne faisons pas aux autres ce que nous ne nous laissons pas faire, à nous-mêmes médecins, quand nous sommes les malades. La crise passera sans laisser de traces. En sera-t-il de même si vous vous jetez à la traverse, sans être bien sûrs de votre moyen? Les plus chauds partisans du salicylale dans la goutte nous paraissent ébranlés.

Pour le rhumatisme articulaire aigu , la confiance dans le médicament est plus grande, à n’en pas douter; c’est un calmant : des malades qui ne pouvaient remuer sont libres de leurs mouvements, six heures après avoir pris le médicament. Mais les douleurs reparaissent si l’on s’arrête, et, si l’on ne s’arrête pas, on assiste à une forme anomale de la maladie. Les individus accusent un malaise indéfinissable, des bourdonnements, de l’oppression, de la gastralgie, de l’anorexie. Nous notons des intermittences du pouls. — Le malade ne reste pas moins longtemps à l’hôpital. — Le salicylate nous parait dangereux, employé à hautes doses, comme perturbateur.

N’avons-nous pas vu, dans le rhumatisme articulaire aigu, tous les médicaments se succéder les uns aux autres, faisant toujours merveille au moment de leur apparition? Les accidents surviennent, se multiplient, même avec des doses modérées et faibles. Alors la majorité des médecins s’arrêtent, jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau paraclet, source de nouvelles déceptions.

M. Ddrànd-Fàrdel ; Je n’aurais pas grand’chose à ajouter à ce que M. Bouloumié vous a communiqué au sujet du salicylate de soude. J’en ai obtenu de bons résultats dans des rhumatismes, monoarticulaires en particulier, plus ou moins aigus; de très-médiocres dans la goutte. Les qualités sédatives de la douleur n’approchent pas, du reste, pour celte dernière, de e lles du colchique.

C’est à propos de l’emploi des sédatifs dans la goutte aiguë que je présenterai quelques observations. L’accès de goutte aiguë paraît représenter un acte éliminalif de l’urate sodique, non en dehors de l’économie, mais hors du milieu sanguin ; acte qui s’opère en raison du génie propre à la maladie, en provoquant un travail congestif ou inflammatoire, dont on ne saurait sans danger troubler l’évolution par une action perturbatrice quelconque.

Le colchique, sédatif spinal de la douleur et de la fluxion goutteuse, ne doit être employé que lorsqu’on juge que l’évolution de l’accès de goutte est parvenu à son apogée. Il s’agit là d’une application dont les éléments sont difficiles à définir, et dans laquelle l’expérience et le tact doivent servir de guides.

C’est en me conformant rigoureusement à ce principe que je réussis généralement à obtenir la sédation des douleurs, dans la goutte aiguë, sans avoir jamais vu d’accidents résulter de cette pratique.

M. Bodlodmié : Nous sommes tous d’accord sur les points principaux ; nous admettons tous qu’on ne peut sans danger employer un traitement actif, et spécialement le salicylate, au début d’un accès de goutte; que le salicylate est impuissant ou très-dangereux dans l’accès de goutte aiguë; qu’il est d’un emploi très-dangereux quand il existe des troubles urinaires, rénaux ou vésicaux, congestion des reins, douleurs néphrétiques ou lombaires habituelles, stagnation urinaire ou autres troubles vésicaux, les reins étant, en pareil cas, impropres à une élimination régulière et prompts à s’enflammer. J’ajouterai à ces contre-indicalions celle qui, pour moi, résulte des variations considérables survenant, avec cause appréciable, dans la quantité et l’aspect des urines.

Si nous résumions les opinions émises, nous dirions : 1° le salicylate de soude ne peut être employé avec avantage, dans la goutte, que dans des cas restreints, dans les cas de moyenne intensité et à dater de la fin de la période d’augment.

2° Malgré les résultats brillants qu’on peut espérer dans quelques cas, nous n’avons pas le droit de chercher à supprimer un accès aigu, parce que, en agissant ainsi, nous créons un danger réel pour la vie du malade, nullement compromise par le paroxysme goutteux.

Au sujet du traitement du rhumatisme par le salicylate de soude, je suis absolument d’aè-

cord avec M. Charrier. Ce que j’en ai dit toui à l’heure le prouve ; mais je ne suis pas pou. cela opposé à l'opinion, en apparence contraire, de M. Duroziez. Les rhumatisants, en effet ainsi que l’a fait déjà observer M. Besnier, restent aussi longtemps à l’hôpital qu’avant l’em’ ploi du salicylate. Us y restent sous le coup de la maladie, mais ne souffrent pas : il y a donc avantage bien réel à l’emploi du salicylate dans le rhumatisme.

— La séance est levée à cinq heures trois quarts.

Le secrétaire annuel, D' Boucheron.

FORMULAIRE

Prises de salicylate de soude contre la migraine. — G. Sée.

Quand l’accès de migraine se déclare dès le matin, on prend 2 grammes de salicylate de soude à sept heures du matin et 2 grammes à onze heures. Si la douleur n’est point enrayée on prend encore 2 grammes du même sel vers quatre heures du soir. Le salicylate de soude détermine habituellement un prompt soulagement.

Aux personnes dont le salicylate de soude ne calme point la douleur, on peut conseiller le lavement de chloral, recommandé par le docteur Seure.

On dissout 3 grammes d’hydrate de chloral dans 40 grammes d’eau distillée et on verse une cuillerée à soupe de celte solution dans un verre d’eau tiède, qu’on administre en lavement au début de la migraine. Pour le rendre moins cuisant, on doit y ajouter un jaune d’œuf ou remplacer l’eau par du lait. — Au moyen de ce lavement, l’auteur a réussi plusieurs fois à dissiper la céphalalgie et les nausées, et à entraver la marche de l’accès. — Pour un homme, on peut élever la dose du chloral à 2 grammes et 2 grammes 50 centigrammes pour un lavement. — N. G.

Éphémérides Médicales. — 20 Mai 1862.

Mort à Paris, à l’âge de 62 ans, de Henri-Victor Jacotot, docteur eu médecine. Il était le fils de l’auteur de l’ Enseignement universel. — A. Ch.

Concours des hôpitaux. — Voici les noms des dix candidats admissibles aux épreuves définitives pour le concours de trois places de médecins du Bureau central : MM. Rathery, Landouzy, Lacombe, Gingeot, Robin, Dreyfus, Hutinel, Danlos, Troisier, Muzelier.

Viennent ensuite comme ayant le même nombre de points (50) que le dernier admissible : MM. Roques, Cuffer et Oulmont.

— Jeudi dernier, la Société d’anthropologie de Paris a décerné, en séance publique, les prix pour les deux concours qu’elle a institués. Le prix Godard (500 fr. et une médaille en vermeil) a été donné à M. le docteur Le Bon, pour un travail sur le développement du crâne suivant la civilisation, l’âge et les sexes; deux mentions honorables (médailles de bronze) ont été obtenues par M. de Ujfalvy, pour le premier volume de son Voyage dans le Turkestan, et par M. Zaborowski, pour son Manuel d'archéologie préhistorique ; M. le docteur Chervin a reçu le prix d’ethnologie de la France, pour ses travaux statistiques, et M. Rivière a eu une mention honorable pour ses recherches préhistoriques.

Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à 3 heures 1 / 2 précises ). — La Société se réunira le vendredi 23 mai 1879.

Ordre du jour : M. Rigal : Tuberculisation miliaire aiguë des organes génitaux, — Présentation de malades. — Communications diverses.

Hôpital Laennec. — M. le docteur A. Ferrand commencera le jeudi 29 mai, 10 heures, et continuera les jeudis suivants, à la même heure, une série de quatre conférences Sur les formes cliniques de la phthisie pulmonaire et les indications thérapeutiques qui s'y rapportent.

Le numéro de ce jour contient un Supplément de huit pages.

Le gérant, RlCHELOT.

Paris. — Typographie fbhx M atteste et C«, me des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.

No 39

Jeudi 22 Mai 1879

BULLETIN

SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE

M. le président Richet a officiellement annoncé à l'Académie de médecine la nouvelle de la mort de M. Paul Jolly, que l’âge plus encore que la maladie tenait éloigné de ses séances depuis quelques mois seulement. M. Jolly était nonagénaire, et, jusque dans les derniers temps, rien n’avait semblé affaiblir l’énergie physique et l'activité morale de son heureuse et verte vieillesse. Puis un jour est venu où il s’est senti sérieusement atteint, et, dès lors, rien n’a pu arrêter l’ extinction lente et graduelle de cette vie si active et si bien remplie.

Les obsèques de M. Jolly ont été célébrées à Saint-Thomas-d’ Aquin, au milieu d’un nombreux concours de médecins, d’académiciens, et, pour tout dire, d’amis, carM. Jolly, par un privilège rare, exceptionnel, n'avait que des amis parmi ses confrères et ses collègues.

M. Depaul, au nom de M. le docteur Bailly, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, a présenté une femme à laquelle ce chirurgien vient de pratiquer avec succès l’opération césarienne, pour un cas de dystocie due à un vice de conformation rachitique du bassin. Le résultat, ainsi que l’a fort bien dit M. Depaul, fait le plus grand honneur à l’habileté opératoire de M. Bailly, Nos lecteurs trouveront au compte rendu un résumé de cette observation intéressante.

M. Luys a terminé la lecture de son mémoire sur le dédoublement des facultés Cérébrales. Ce travail, si remarquable à la fois par le talent d'observation et d’analyse, et par l’esprit de généralisation dont l’auteur y fait preuve, a été écouté jusqu’à la fin avec la plus grande attention et le plus vif intérêt par l’assistanee tout entière. Notre compte rendu en contient un résumé succinct.

A quatre heures un quart, l’Académie s’est réunie en comité secret pour entendre ia lecture de M. Félix Guyon sur les titres des candidats à la place déclarée vacante dans la section de médecine opératoire. A. T.

FEUILLETON

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