PARIS, E. DENTÜ, ÉDITEUR, PALAIS-ROYAL
Cette brochure, j’ai eu le courage de la lire, et je la déclare dangereuse au premier chef, parce qu’elle est écrite, non sans talent, dans le style le plus pénétrant et le plus en harmonie avec les préjugés des gens du monde auxquels elle s’adresse. Pour en juger, laissez-moi yous citer ce passage :
l’emporte sur l’élément rhumatismal proprement dit. Notons encore quelques pleurésies et pneumonies; enfin, des cas rares d’érysipèle et de péritonite; pas de fièvres éruptives.
Décès : 2 par fièvre typhoïde, 3 par rhumatisme, 3 par péritonite.
Chez lès enfants, 2 cas de variole, 1 à l’Hôtel-Dieu, 1 à l’Hôpital général, et, enfin, l cas de diphthérie dans ce dernier hôpital.
En ville, on a observé quelques fièvres typhoïdes avec hémorrhagie intestinale, dont l’issue néanmoins a été favorable ; quelques cas de scarlatine et de variole, la plupart sans gravité et, comme je l’ai indiqué plus haut pour la population hospitalière, ayant le caractère catarrhal et rhumatismal de la plupart des affections. Mais, depuis une quinzaine de jours, le type s’est modifié, et l’on a constaté ces dernières semaines une assez grande fréquence de pneumonies, courbatures, broncho-pneumonies, contractées à la suite des brusques changements de température auxquels nous avons été soumis pendant le mois de mars, et qui ont élevé le chiffre de la mortalité.
Mortalité de la ville de Clermont pour le premier trimestre 1879 : Janvier, 103 décès • février, 90; mars, 12/1. »
CLERMONT-FERRAND. — M. BARBERET (Population militaire et villes de garnison du 13* corps d’armée)
« Les maladies régnantes du premier trimestre 1879 diffèrent notablement de celles du trimestre précédent : elles amènent à l’Hôtel-Dieu de Clermont 2 M malades, chiffre beaucoup plus élevé que celui de 126 noté dans le quatrième semestre 1878.
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Dans les mois de janvier et de février prédomine l’élément catarrhal ; au mois de mars, au contraire, c’est l’élément inflammatoire. Dans la première partie du trimestre, en effet, les rhumatismes sont subaigus, de courte durée. Les affections des voies respiratoires consistent
Épuisement par suite d'excès.
« C’est ici que les gouttes régénératrices font miracle ; les personnes épuisées par suite d’excès se comptent par milliers. Combien de jeunes gens pleins de santé qui mènent une vie trop agitée, et brûlent , selon l’expression vulgaire, la chandelle par les deux bouts! Les femmes, le jeu, les nuits d’insomnie, tout cela épuise vite; un beau jour, il survient une maladie grave, et le patient se relève impuissant, dégoûté de la vie. Alors, des idées de suicide; — que faire? Songerait-il au mariage, à un mariage malheureux et déshonnête! Mais comment se présenter à la jeune épousée, usé, décrépit avant l’âge, impuissant? N’existe-t-il donc aucun moyen de se régénérer, de réparer les folies de l’adolescence ou de la jeunesse? Le moyen, le voici : Recourir au remède infaillible qui restitue au système nerveux sa force première.
« L’arséniate d’or dynamisé et les gouttes régénératrices guérissent toutes les affections par suite d’excès, sans aucune exception . . (Page 12.)
Ai-je raison de déclarer cette brochure éminemment dangereuse?
Mon excellent confrère s’étonne que les exploiteurs de ces remèdes aient été planter leur tente dans un des plus beaux quartiers de la capitale. Ils savent bien ce qu’ils font, cher correspondant, et, si vous vous souvenez bien, c’est dans ce même quartier, et dans les plus beaux appartements de ce quartier luxueux, que sont venus s’installer les médium célèbres, les spirites renommés, les belles et attirantes somnambules. N’esl-ce pas aussi dans ces parages qu’un prêtre polonais opérait, ou peut-être opère encore ses miracles en guérissant les sourds, les borgnes et les aveugles? Ne nous y trompons pas : il n’y a peut-être pas de ville au monde où le charlatanisme médical et l’exercice illégal de la médecine se pra-
en des bronchites légères ou des broncho-pneumonies. Les bronchites sont également la manifestation habituelle de la tuberculose pulmonaire ; plus tard, les rhumatismes prennent un caractère aigu, franchement inflammatoire; on observe en même temps des pneumonies, des pleuro-pneumonies, enfin des broncho-pneumonies ou des pneumonies tuberculeuses.
Les fiévreux admis dans les salles militaires se répartissent de la manière suivante :
Rhumatismes articulaires, 20 ; — affections des voies respiratoires, U 7 ; — phthisie, 18 ; — variole, 35 ; — fièvre typhoïde, h ; — maladies médicales diverses, 65.
pn général, la constitution a été bénigne ; 5 décès seulement , malgré le chiffre élevé des malades.
Les rhumatismes étaient multi-articulaires, ordinairement subaigus, de courte durée, et sans complications cardiaques ou autres. Le salicylate de soude, à la dose de 6 à 10 grammes, toujours bien supporté, nous a donné d’excellents résultats contre les éléments fluxion et douleur.
Quant aux affections des voies respiratoires, quoique nombreuses, elles ont été relativement peu graves.
Il n’en est pas de même de la tuberculose pulmonaire, qui s’est manifestée ou s’est aggravée, par suite des intempéries de la saison.
La fièvre typhoïde n’a régné qu’en janvier (U cas).
L’épidémie de variole, que nous avons vue débuter vers le milieu du quatrième trimestre 1878, était complètement terminée en mars 1879. Le nombre total des cas a été de 52, dont 11 se sont déclarés à l’hôpital. Un seul décès a été observé.
Les affections qui ont motivé des entrées aux hôpitaux, dans les autres garnisons du 13* corps d’armée, sont, comme précédemment, les mêmes que celles que nous avons observées à Clermont. Les influences météorologiques et la constitution médicale sont donc semblables dans toute cette région, que l’on pourrait appeler naturelle à un point de vue médical. Mais on se ferait une idée insuffisante et inexacte de la constitution médicale, si l’on ne tenait compte que des malades entrés aux hôpitaux. Un grand nombre d’affections plus ou moins légères sont, en effet, soignées dans les infirmeries régimentaires, et celles-là, plus que les autres, sont sous l’influence des causes saisonnières. Ainsi, M. le docteur Chouet, médecin aide-major au 16' régiment d’artillerie, à Clermont, nous signale dans son régiment un certain nombre de cas de fièvre catarrhale et d’angines pendant les mois de janvier et de février, de grippe pendant le mois de mars. A la même époque, et dans la même ville, une épidémie de goitres aigus se développe dans un régiment d’infanterie.
En même temps se développaient à Montluçon, d’une part; à Roanne, à Montbrison et à Saint-Étienne, d’autre part, c’est-à-dire dans la vallée de la Loire, des épidémies d’oreillons; dans cette dernière ville, on observait en outre quelques cas de rougeole. A Moulins, enfin, que nous considérons comme place un peu en dehors de notre région médicale naturelle, M. le docteur Burlureaux, médecin aide-major au 16* chasseurs à cheval, nous signale, pen-
tiquent avec plus de facilité, de sécurité et de profit que dans notre capitale. Il n’est pas d’arrondissement, il n’est pas de quartier qui n’ait son guérisseur ou sa guérisseuse en renom, affichant librement, et sans que personne y trouve à redire, le lieu, l’heure et le prix de ses consultations. Je mets en fait que, le jour où l’on voudra sérieusement poursuivre toutes les contraventions, tous les délits qui se commettent contre les lois de germinal et de ventôse, dans cette moderne Athènes enclose dans le mur d’enceinte de l’octroi, il sera nécessaire d’instituer au moins deux chambres correctionnelles de plus, dont les juges seront occupés du 1" janvier à la Saint-Sylvestre. Mais nous n’en sommes pas là, et, loin d’apercevoir quelque tendance vers la répression, il me semble, au contraire, que se multiplient les dispositions vers le laissez-faire, vers la liberté professionnelle absolue, les uns par parti pris pour la liberté en toutes choses, les autres par espoir que l’excès du mal ramènera les esprits vers la nécessité de la répression.
Il paraît que les choses ne vont pas sur des roulettes, dans la nouvelle Faculté de médecine de Bordeaux. Voici, en effet, ce que j’ai lu avec étonnement, et je peux dire avec une certaine douleur, dans la Revue bordelaise scientifique et littéraire :
« Nous avons dit, dans notre avant-dernier numéro, que plusieurs cours de cette Faculté n’avaient pu avoir lieu, faute d’auditeurs. Certains professeurs, justement contrariés de voir ainsi le vide se faire autour d’eux, ont résolu de faire l’appel des élèves et de demander des mesures disciplinaires contre ceux qui n’assisteraient pas à leurs leçons. Mais ce procédé ne leur a pas réussi. Nous apprenons, en effet, qu’ils ont dû bientôt y renoncer en présence de l’attitude prise à leur égard par MM. les étudiants, qui se sont rendus en nombre à la Faculté, et ont manifesté leur mauvaise humeur en faisant, au moment de l’appel, un vacarme
dant le mois de mars, la fréquence des embarras gastriques, des diarrhées, et surtout des dysenteries, ces dernières affections n’ayant présenté, du reste, que peu de gravité.
En résumé, pendant le premier trimestre 1879, la constitution médicale est bénigne.
Les maladies traitées aux hôpitaux sont des rhumatismes articulaires et des affections des voies respiratoires spécifiques ou non.
Les influences saisonnières produisent, d’autre part, des manifestations morbides multlpie3 mais qui doivent être rapprochées au point de vue étiologique. Ce sont : des fièvres catarl rhales, des angines, des grippes, des diarrhées et des dysenteries, des goitres aigus épidémiques ; enfin, des oreillons coexistant avec quelques cas de rougeole. »
ROUEN. — M. LEUDET
« Compterendu de la clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Rouen (premier trimestre, 18791 — L’épidémie de fièvre typhoïde du mois de décembre 1878 s’est terminée rapidement. Sur un mouvement de 236 malades admis dans ma division, je ne compte que 10 cas de fièvre typhoïde : 6 en janvier, 2 en février et 2 en mars. Le nombre des cas de la pyrexie typhoïde est donc tombé au-dessous des années ordinaires. L’épidémie qui se termine a été remarquable par le chiffre élevé de malades pendant un seul mois (celui de décembre) et le petit nombre d’individus atteints avant et après celte époque. Dans la pratique civile, j’ai constaté la même diminution des fièvres typhoïdes. La mortalité a été beaucoup plus considérable parmi les malades atteints, pendant ce trimestre, que vers la fin de 1878, au moment du summum de la maladie : ainsi, 3 malades sur 10 ont succombé ; la forme de la maladie a été surtout l’ataxique. J’ai constaté chez deux malades, dont l’un a succombé, un ralentissement remarquable du pouls relativement à l’élévation considérable de la chaleur; ainsi un homme de 39 ans, entré à l’hôpital le quatorzième jour de sa maladie, présenta, à la visite du matin, les chiffres suivants s
13 février, pouls 68, temp. axill. k 0°. — 1 fi, P. 72, T. axill. h 0°,9. — 15, P. 72, T. axill. /|0°,3. — 16, P. 6fi, T. axill. 39'9. — 17, P. 72, T. axill. 39°, 8. — 18, P. 76, T. axill. 40°, 9. — 19, P. 92, T. axill. 39°, k.
Le malade succomba le 20 février. L’autopsie permit de constater les lésions intestinales de la fièvre typhoïde ; chez un autre malade, atteint également de fièvre typhoïde terminée par la mort, le pouls variait de 96 à 108; la température oscillait le matin entre 39*, 8 et Zi0*,8. Le jour de la mort, le pouls était à 132 et la température axillaire à 38%/i. J’insiste sur ces caractères de la pyrexie ; je les ai indiqués au début de l’épidémie et les constate de nouveau dans les cas observés au déclin de l’épidémie. J’ai signalé le caractère grave des symptômes nerveux; je citerai des convulsions chez un garçon de il ans, qui a guéri; un délire violent, de la manie, chez deux convalescents.
La fièvre synoque est représentée par 5 cas ; la maladie était en général très-fébrile au début, mais se terminait brusquement.
assourdissant. Sur ces entrefaites, est arrivé à Bordeaux M. l’inspecteur général Gavarret. Qn lui a soumis le cas; mais il paraît que l’honorable professeur, s’inspirant des traditions libérales de la Faculté de médecine de Paris, ne s’est pas montré favorable à la mesure de l’appel. Il a, nous dit-on, émis l’avis que ces moyens de coercition étaient de nature à éloigner les élèves et à compromettre sérieusement l’avenir, non encore assuré, de notre Faculté naissante.
« Nous reconnaisons la justesse de cette observation. Mais que vont faire les malheureux professeurs ainsi délaissés? Vont-ils se décider à prendre des vacances, en attendant que MM. les étudiants apprécient mieux leurs mérites et les services qu’ils sont à même de leur rendre? ou bien vont-ils, à l’exemple de ces apprentis orateurs qui déclament dans la solitude de leur cabinet, professer devant des banquettes vides? Cette seconde hypothèse ne laisse pas que de prêter légèrement à rire ; mais elle est cependant la seule qui soit compatible avec l’accomplissement régulier des fonctions qui leur ont été confiées.
« La conclusion à tirer de toùt cela, c’est qu’il est plus facile d’organiser des Facultés et de créer des chaires nouvelles que de les pourvoir d’élèves. »
A Montpellier , c’est autre chose. L’administration hospitalière de cette ville vient de prendre une mesure autoritaire qui peut avoir des conséquences fâcheuses pour le service nosocomial. L'Union des Écoles nous apprend que la commission administrative a révoqué, sans autre forme de procès et sur un motif futile, l’élève le plus ancien de l’internat. Ce journal ajoute les réflexions suivantes, qui prouvent que la commission administrative des hôpitaux de Montpellier se fait une étrange idée des fonctions de l’internat :
« Aujourd hui, l’administration prouve une fois de plus combien la situation d’un interne est a atoire et incertaine. La présence de médecins au sein du conseil ne semble avoir aucune
Le nombre des pleurésies a été assez élevé ; il faut noter cependant que ces épanchements dans la plèvre étaient le plus souvent secondaires.
La pneumonie est représentée par 20 cas, dont 3 mortels. Depuis le début de l’automne 1878, la phlegmasie pulmonaire frappe très-constamment un assez grand nombre d’individus; elle ne cesse guère, mais elle ne présente pas ces agglomérations d’inflammations pulmonaires qui furent si remarquables dans les mois de mars et d’avril de quelques années antérieures.
Les rhumatismes articulaires ont été assez nombreux et aigus : une femme rhumatisante, atteinte de délire avec hyperthermie considérable (41%8), guérit rapidement par l’usage, plusieurs fois répété dans une même journée, de bains très-frais.
Je n’ai reçu dans ma division aucun cas de fièvre éruptive.
Le nombre des moris par affection chronique a été considérable. Les tuberculeux constituent la part la plus forte des 40 décédés pendant le premier trimestre 1879. »
LE HAVRE. — M. LECADRE
« Sur un nombre de 710 décès qui ont eu lieu durant le premier trimestre de cette année, 205, non compris le chiffre des vieillards morts d’affections catarrhales des bronches, ont été le résultat de maladies des voies respiratoires; 58 individus étaient, enlevés par la bronchite, 68 par la pneumonie et la pleurésie, 79 succombaient aux suites de la phthisie pulmonaire. Ce résultat prouve amplement que, de toutes les maladies du trimestre, les affections des voies respiratoires ont été les plus communes, puisque l’obiluaire par ces sorles d’affections a été le tiers environ (3,46) de l’obituaire général.
Après les maladies des voies respiratoires, l’affection qui offrit la plus grande mortalité fut la méningite avec un chiffre de 53 individus, la plupart dans le jeune âge de la vie.
Se montrèrent d’une manière à peu près uniforme pour chacun des mois qui composent le trimestre, 12 décès par la fièvre typhoïde, la plupart chez des adultes; 6 femmes étaient emportées par la fièvre puerpérale, dont 4 au mois de mars, mois remarquable par ses gelées et ses neiges tardives. Dans ce mois, ces mêmes intempéries déterminaient l’invasion de beaucoup de rhumatismes et un non moins grand nombre de névralgies, surtout de névralgies sciatiques et faciales.
Les éruptions firent leur apparition. On observa des érysipèles, des herpès-zonas et quelques rougeoles. Les cas de variole furent très-rares. Mais l’exanthème qui présenta la plus grande tendance à se produire fut la scarlatine, qui sévit surtout parmi les enfants. Elle fut fatale à 5 d’entre eux. La même éruption exista dans les environs. A Yvelot, la persistance de la maladie dans une vaste et importante maison d’éducation qui y a son siège, a forcé de devancer de quinze jours les vacances de Pâques. Un élève de cet établissement, après plus
influence progressiste sur l’esprit de l’administralion, et celle-ci use toujours envers les internes des procédés mesquins que l’on emploie dans les lycées, et croit avoir affaire à des enfants. En voici des exemples entre mille ; il a fallu arriver jusqu’en 1877 pour qu’un interne eût droit à rester hors de l’hôpital jusqu’à dix heures du soir. Veut-il disposer d’une soirée, il doit avoir fait une demande préalable, motivée, pour n’être point honni, mal noté, suspendu même de ses appointements. »
Voici un acte spirituel et courageux dû à un huissier dévoué à ses devoirs :
M. D... ayant acheté, de M. R..., un cabinet de dentiste, apprit que son vendeur avait, au mépris des conventions passées, établi une nouvelle exploitation, à Paris, dans un rayon prohibé.
Afin de constater la contravention signalée, un huissier se présenta, affligé d’une fluxion bien établie, et accompagné d’une dame également malade. — L’officier ministériel se fit visiter la bouche; bien entendu, il y avait des dents à plomber, limer et nettoyer; la dame fut aussi examinée, mais après l’opération, il fut dressé procès-verbal régulier et dûment enregistré, sur le vu duquel le tribunal et la Cour ont prononcé une condamnation en 15,000 francs de dommages-intérêts, au profit de D...
Bien joué et bien jugé. Dr Simplice.
P- S. — m. le maire de Divonne a adressé au journal le Temps une lettre rectificative au sujet de l’arrêté qu’il aurait pris relativement aux étrangers désirant se fixer dans cette commune. Le texte de cet arrêté, tel que le rétablit M. le maire, n’est plus excessif et perd ce caractère autoritaire qui avait suscité la critique. Notre impartialité nous fait un devoir de déclarer que cet arrêté a été pris dans le but de ménager les ressources de la commune, qui doivent surtout être consacrées aux pauvres indigènes.
de trente jours de résidence dans l’infirmerie, revint chez sa mère qui habite le Havre, n v resta quinze jours sans qu’aucun symptôme de la maladie ne se manifestât autour de lui Mais, à cette époque, sa jeune sœur, âgée de 3 ans et demi, fut atteinte d’une scarlatine grave, accompagnée, dès le début, de symptômes encéphaliques, qui l’enleva le quatrième jour de l’invasion.
Au bout de plus de quarante-cinq jours, le jeune L..., quoique ayant changé de milieu fut donc susceptible de transmettre la maladie.
Ces cas de scarlatine, qui semblent augmenter tous les jours, me font demander si nous ne sommes pas menacés en France de l’invasion de cette scarlatine épidémique qui, durant ces dernières années, firent de si horribles ravages en Angleterre et principalement à Londres. »
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 19 mai 1879. — Présidence de M. Dadbrée.
La séance de lundi a été un triomphe pour notre très-honoré et très'-aimé confrère, M. le docteur Garrigou. La découverte du mercure dans l’eau minérale de Saint-Nectaire, annoncée depuis longtemps par ce consciencieux et infatigable chercheur, avait été niée, et quelque peu ridiculisée par des adversaires plus passionnés, paraît-il, que soucieux de leur dignité et de leur réputation scientifique.
Avant de dire qu’il se trompe à un expérimentateur qui affirme un fait, il faut être bien sûr, et vingt fois sûr qu’il se trompe, car si le fait se confirme, — et cela ne tarde guère lorsque le fait est vrai, — l’imprudent négateur se trouve pris entre les cornes de celte fâcheuse alternative : ou d’être taxé d’ignorance présomptueuse ou d’être accusé de mauvaise foi. — Donc, M. Wurtz est venu annoncer que son habile préparateur, M. Wilm, avait trouvé, dans une des sources de Saint-Nectaire, le mercure, d’une façon qui ne comporte aucun doute. C’est dans de l’eau puisée en sa présence que M. Wilm a fait ses recherches, recherches d’ailleurs fort simples et qui semblent à la portée des analystes les plus novices. Une lame d’or, plongée dans l’eau, se recouvre d’une couche blanchâtre d’amalgame, d’une part; et, d’autre part, le mercure, mis en présence de l’iode dans un appareil approprié, forme de l’iodure de mercure qui se dépose en anneau à la partie rétrécie de l’appareil. M. Wurtz ajoute que, dans les analyses de ce genre, il convient d’être extrêmement réservé, et de se tenir en garde contre la fraude. Lui-même avait annoncé que les eaux de Saxon, en Valais, contenaient des quantités relativement considérables d’iode, et il apprit, plus tard, que cet iode avait été ajouté artificiellement à la source.
M. Daubrée pense que la présence des métaux dans les eaux minérales peut être due à quelque circonstance accidentelle, et M. Wurtz engage M. Descloiseaux à raconter ce qui lui est arrivé à ce sujet.
M. Descloiseaux raconte alors qu’analysant l’eau recueillie par lui dans une cuvette alimentée par un geyser, il avait trouvé des quantités telles de mercure que la pensée lui vint qu’il s’agissait là de quelque chose d’anormal. Il imagina qu’on avait cassé un thermomètre en voulant prendre la température de l’eau, mais il y avait tellement de mercure qu’il fut obligé de supposer que plusieurs thermomètres avaient été brisés, et que, peut-être, un baromètre avait eu le même sort. Gomme les eaux du geyser étaient sulfureuses, il s’était formé du cinabre qui irisait la surface de la cuvette... Nous n’avons pas bien saisi, dans la communication de M. Descloiseaux, si l’hypothèse de ce massacre de thermomètres et de baromètre avait été confirmée.
Après M. Descloiseaux, M. Péligot, prenant la parole, dit qu’il y a deux ans, M. le docteur Garrigou lui avait adressé un mémoire sur la découverte du mercure dans les eaux de Saint- Nectaire. Mais le savant académicien n’attachant pas une grande importance à celte découverte, ou craignant qu’il n’y eût là-dessous quelque erreur, avait conseillé à M. Garrigou de ne pas insister. Puisque la chose est aujourd’hui confirmée, M. Péligot croit devoir déclarer que la communication de M. Garrigou remonte à deux années, et réclamer la priorité pour son correspondant. Ce à quoi M. Wurtz répond que la priorité de M. Garrigou n’est pas contestée; elle est, au contraire, établie par la note même de M. Wilm, qui rappelle les travaux ûe M- Garr»go« sur l’objet en question.
comn éCàarali°n de M‘ Pé^80t est> à C0UP sûr, fort honorable; mais il est assez difficile de se trnnve . £°“ment’ aux yeux de M. Péligot, le mérite de la découverte de M. Garrigou fait d’anal5seO0rd0n“é au résultat des analY^s de M. Wilm. Si ce dernier chimiste n’eût pas y ou si ses analyses n’eussent pas été confirmatives de celles de M. Garrigou, la
découverte serait-elle donc restée non avenue? C’est, en vérité, pousser un peu loin la défiance, et la réserve paraîtra excessive. Enfin, tout est bien sans doute qui finit bien, et il ne reste aux adversaires de M. Garrigou d’autres ressources que de confesser qu’ils ont méchamment cassé quelques thermomètres à mercure dans les eaux de Saint-Nectaire.
M. Blanchard, au nom de M. Sorrenzen, naturaliste de Copenhague, présente un mémoire sur l’appareil du son chez divers poissons de l’Amérique du Sud. Le proverbe : « Muet comme un poisson » n’est vrai que pour certaines espèces. Quelques poissons émettent des sons trèsappréciables, et, d’après M. Sorrenzen, ces sons prennent naissance dans la vessie natatoire, par suite de contractions brusques sur le mécanisme desquelles nous reviendrons dans un autre Bulletin.
M. le docteur Armand Moreau pose sa candidature à la chaire de physiologie générale au Muséum.
MM. Alph. Favre, Oppolzer et Mac Cormick, récemment élus correspondants, adressent des lettres de remercîments.
L’ordre du jour appelle l’élection d’un correspondant pour la section d’astronomie, en remplacement de M. Tisserant, nommé membre titulaire.
La commission porte : En première ligne, M. Azaph Hall, de Washington (États-Unis) ; — en deuxième ligne, ex æquo, MM. Hilden, Schiaparelli, Auvers, Respighi, Tacchini, Ruterford, Warren de La Rue, Dubois, Fleuriais.
Sur Kl votants, M. Hall obtient 33 suffrages; M. Warren de La Rue, 8; M. Fleuriais, 3; M. Dubois, 2, et M. Schiaparelli, 1.
En conséquence, M. Azaph Hall est nommé correspondant.
M. H. Bouley annonce que M. Chauveau (de Lyon) a trouvé une préparation propre à déceler la nature, les propriétés et les fonctions des diverses cellules de l’organisme. — M. L.
FORMULAIRE
Solution contre le coryza. — Teissier.
Nitrate d’argent cristallisé . 0 gr 25 à 0 gr 50
Eau distillée . 20 grammes.
On trempe un bourdonnet de charpie dans celte solution et on cautérise rapidement la pituitaire, dans le cas de coryza aigu intense.
Dans les cas ordinaires, et à la période initiale, M. Bouchut propose des lotions froides et astringentes, fréquemment répétées dans l’intérieur des narines, soit avec de l’eau froide, soit avec de l’eau tenant en dissolution de l’alcool camphré, du sulfate de zinc (0,50 centigr. pour 100 gram. d’eau), ou bien du sublimé (0,10 centigr. pour 300 gram. d’eau). — N. G.
Éphémérldes Médicales. — 2 h Mai 1737.
Naissance, à Pujo, en Bigorre, de Vincent Abbadie, qui devint chirurgien du duc de Penthièvre. Il est auteur à' Essais sur la fermentation des mélanges alimentaires. — A. Ch.
Saint-Lazare. — Par arrêté de M. le ministre de l’intérieur, en date du 22 avril dernier, un troisième service de vénériennes a été créé à Saint-Lazare. M. le docteur Aimé Martin, chargé officieusement, depuis trois ans, de la direction de ce service, en a été nommé titulaire par arrêté de M. le préfet de police, en date du 30 avril.
M. le docteur Georges Oberlin a été, par ce même arrêté préfectoral, nommé médecinadjoint de Saint-Lazare, en remplacement du docteur Aimé Martin.
On nous assure que l’administration parait avoir l’intention, essentiellement louable, d’établir désormais le concours pour la nomination des médecins et des internes de Saint-Lazare.
École de médecine de Toulouse. — M. Saint-Ange (Louis-Charles), né le 20 septembre 1852 à Montestruc (Gers), docteur en médecine, est institué suppléant des chaires de pathologie interne et de clinique médicale à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, pour une période de neuf années.
— M. Meynard, docteur en médecine, est institué suppléant des chaires de pathologie externe, de clinique chirurgicale et d’accouchements à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, pour une période de neuf années.
École de médecine d’Amiens. — M. le docteur d Heilly, suppléant à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens, est nommé professeur de pathologie interne à ladite École, en remplacement de M. Alexandre, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
M. Léger, docteur en médecine, est institué, pour neuf ans, suppléant des chaires de clinique chirurgicale, de pathologie externe et d’accouchements à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens.
M. Léger, suppléant à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens est nommé, en outre, chef des travaux anatomiques à ladite École, pour une période de dix années.
Corps de santé de la marine. — Par décret du Président de la République, en date du 12 mai 1879, rendu sur la proposition du ministre de la marine et des colonies, ont été promus dans le corps de santé de la marine :
Au grade de médecin en chef : MM. les médecins principaux : Girard (Charles-Henri- Victor) ; Autric (Marius).
Au grade de médecin principal : MM. les médecins de lre classe : 2e tour. (Choix.) Dupont (Pierre); 1er tour. (Ancienneté.) Bonnescuelle de Lespinois (François-Girard-Victor).
Nouvelle galerie écologique du Jardin des Plantes. — La nouvelle galerie zoologique du Jardin des Plantes, dont la construction est commencée depuis plus de deux années, est presque entièrement terminée, au moins quant à la construction, du côté du jardin. Cette galerie aura deux étages et sera beaucoup plus spacieuse que celle qui se trouve en bordure du côté de l’hôpital de la Pitié.
La nouvelle galerie aura une superficie totale de . 50 ares. La salle centrale, spécialement réservée aux éléphants, dromadaires, chevaux, mulets, etc., qui sont actuellement entassés dans une salle de l’ancienne galerie, mesurera 30 ares. Des vitrines seront installées autour de cette salle pour recevoir les autres collections.
Une nouvelle serre sera construite derrière la nouvelle galerie et servira en quelque sorte d’annexe à celle qui se trouve au pied du labyrinthe et où les plantes exotiques qu’elle renferme sont beaucoup trop à l’étroit.
Société protectrice des animaux. — La Société protectrice des animaux tiendra sa 27e séance annuelle pour la distribution de ses récompenses, suivie d’une matinée littéraire et musicale, le lundi de la Pentecôte, 2 juin 1879, à une heure précise, au théâtre du Châtelet.
Un Collège pour les étudiants du sexe féminin. — A Oxford (Angleterre), on est en train de construire un Collège pour les étudiants du sexe féminin qui suivront les cours de l’Université. Ce Collège s’appellera « Somerville Hall »; il sera le modèle du Newnham Hall, à l’Université de Cambrige, dont nous avons déjà parlé. C’est la sœur d’un membre du Parlement qui en sera la directrice.
Pisciculture. — Les pisciculteurs de Huningue viennent, pour la première fois, de trouver le moyen de féconder le frai d’un poisson connu, sur te Danube, sous le nom de hucheu, et dont l’acclimatation dans le Rhin est une véritable conquête pour l’alimentation.
Le hucheu est une sorte de saumon qui atteint le poids fort raisonnable de 3â kilogr. , le poids d’un jockey avec la selle et la bride. La chair de ce poisson est blanche, succulente comme celle du saumon, et offre, aux amateurs de grillades, des tranches fort respectables à manger à la sauce au beurre fondu, en même temps qu’il peut se rôtir à l’instar du thon.
Pendant l’année dernière, l’établissement de Huningue est parvenu à faire féconder artificiellement 1,565,000 œufs de saumon et 2Z|7,000 truites saumonées, 92ù,000 truites ordinaires et 318,000 ferrats.
Le ferrât est un poisson qu’on pêche principalement dans les lacs de la Suisse.
— La clinique oculaire de M. le docteur G. Camuset est transférée , 3 , rue Christine, de 10 heures à midi.
Etat sanitaire de la ville de Paris.— Population (recensement de 1876) : 1,988,806 habitants.— Pendant la semaine finissant le 15 mai 1879, on a constaté 1,059 décès, savoir:
Variole, 23. — Rougeole, ZiO. — Scarlatine, h. — Fièvre typhoïde, 10. — Érysipèle, 5. — Bronchite aiguë, lx 2. — Pneumonie, 92. — Dysenterie, 1. — Diarrhée cholériforme des enfants, 12. — Angine couenneuse, 21. — Croup, 13. — Affections puerpérales, 8. — Autres affections aiguës, 239. — • Affections chroniques, A85. — Affections chirurgicales, 38. — Causes accidentelles, 26.
Le gérant, RiCHELOT.
Paris — Typographie Faux m.vltestk et Ce, rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
Mardi 27 Mai 1879
Un Incident hydrologique
Dans la séance du 6 mai dernier de l’Académie de médecine, il fut fait mention, dans le dépouillement de la correspondance par M. le Secrétaire perpétuel, d’une lettre de M. le docteur Garrigou, de Toulouse, dans laquelle cet honorable confrère priait itérativement l’Académie de faire cesser, en provoquant une analyse nouvelle confiée à tels chimistes que l’Académie désignerait, la dissidence qui régnait entre M. Jules Lefort et lui, à l’occasion de l’existence du mercure dans la source du Rocher de Saint-Nectaire.
Dans son compte rendu de cette séance, I’Union Médicale , numéro du 8 mai suivant, reproduisit textuellement la lettre de M. le docteur Garrigou.
Le lendemain de cette publication, nous eûmes l’honneur de recevoir la visite de M. Jules Lefort, nous apportant une note en réponse à la lettre de M. Garrigou, note que, faisant appel à notre impartialité, il nous invitait à publier dans I’Union MÉDICALE.
Nous crûmes devoir faire observer à M. Jules Lefort que la lettre de M. Garrigou ayant été adressée à l’Académie de médecine, c’était, à notre sens, à cette Compagnie savante qu’il convenait d’adresser sa réponse, que nous ferions impartialement connaître dans notre compte rendu.
M. Lefort prit la peine de nous écrire pour nous annoncer qu’il se rendait à notre opinion, et qu’il avait demandé et obtenu la parole pour lire sa note dans la séance de l’Académie du mardi suivant. En même temps, M. Lefort nous adressait copie de la note qu’il se proposait de lire, nous demandant excuse de son étendue, et nous autorisant même à y faire les retranchements que nous croirions convenables.
Nous envoyâmes immédiatement à notre imprimerie la note de M. Lefort, sans lui faire subir la moindre modification.
Le mardi Suivant, M. Lefort écrivit que, retenu par une indisposition , il ne pouvait se rendre à l’Académie, qu’il priait de lui réserver la parole pour la séance suivante.
Le samedi 17 mai, alors qu’un grand acte de famille nous empêchait de donner toute notre attention à la composition du journal, M. J. Lefort se rendit à l’imprimerie, annonça que, partant immédiatement pour la campagne, il ne lirait pas sa note à l’Académie, mais qu’il était convenu qu’elle serait publiée dans I’Union Médicale.
FEUILLETON
Les Médecins sous la République de Venise