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Tome XXVII. — Troisième série

nécessaire d’ajouter que, çà et là, la cavité des lymphatiques est séparée en deux par une sorte de cloison transversale, formée par la paroi d’une valvule.

2» Les altérations du parenchyme pulmonaire sont de plusieurs ordres, suivant les points que l’on examine. Ce qui domine partout, c’est l’extrême distension du réseau vasculaire : il n’est pas, en effet, un seul capillaire du poumon qui ne soit gonflé par des globules sanguins comme il le pourrait être dans une injection artificielle bien réussie. Au voisinage immédiat des lymphatiques suppurés, on rencontre des alvéoles pulmonaires remplis de leucocytes emprisonnés dans un réseau très-riche de fibrine (pneumonie fibrineuse). Toutefois, cette zone d’hépatisation purulente n’est pas fort étendue; presque partout elle se limite à une sorte de manchon comprenant sur la coupe une dizaine d’alvéoles au plus, à droite et à gauche du lymphatique. Tout autour on retrouve une forme assez peu commune de pneumonie; la cavité des vésicules pulmonaires est, en effet, remplie par un réseau très-serré de fibrine emprisonnant des cellules épithéliales du poumon gonflées devenues sphériques, granuleuses, et renfermant un ou plusieurs noyaux difficilement perceptibles en raison de la tuméfaction trouble du contenu cellulaire. Au milieu des réseaux fibrineux se rencontrent aussi des globules sanguins non altérés et quelques rares leucocytes.

Les noyaux pneumoniques que nous avons signalés dans le lobe inférieur droit sont caractérisés par les altérations de la pneumonie catarrhale; en certains points, cependant, Tes alvéoles sont remplis d’un exsudât fibrino-purulent.

3° Les granulations grises disséminées à la surface et dans la profondeur du poumon présentent des particularités intéressantes. Des coupes pratiquées à leur niveau, et comprenant simultanément la plèvre et le parenchyme pulmonaire subjacent, rendent manifeste leur développement aux dépens du tissu conjonctif de la séreuse, dont elles semblent constituer un simple épaississement. Quant à leur structure intime, on y rencontre des fibres et des cellules conjonctives ainsi que des petites cellules rondes assez rares, et d’autant plus visibles que l’on se rapproche du centre des granulations. Celles-ci sont entourées d’une zone d’un à deux millimètres de large caractérisée par l’accumulation du pigment pulmonaire à l’intérieur des cellules conjonctives. Il est difficile de voir dans ces productions miliaires autre chose que des granulations tuberculeuses de date très-ancienne (comme

Quelle année désastreuse! Je n’ai pas souvenir, et les plus anciens du pays n’ont pas souvenir d’une année pareille. Pas d’abricots, pas de pêches, pas de prunes, pas de cerises; quelques grappes de raisin qui n’auront pas le temps de mûrir; multiplication insensée de loches, d’escargots et de limaces qui dévorent tout; voilà l’état des vergers et potagers, et quant au parterre, fleurs tristement inclinées sous le poids de ces pluies incessantes, et quant aux champs, chose plus grave, les blés épiant mal, poussant en herbe, envahis et étouffés par des plantes parasites dont le sarclage est devenu impossible.

De toutes parts, on prédit un triste, cruel et très-difficile hiver à passer. Ce n’est pas gai.

Jp souhaite assurément la bienvenue aux deux nouveaux professeurs dont l 'Officiel vient d’annoncer la nomination : à M. Bouchard, nommé professeur de pathologie générale, et à M. Hayem, nommé professeur de thérapeutique et de matière médicale. Mon compliment de bienvenue serait plus cordial si ces deux honorables élus avaient été nommés au concours. Je ne comprends pas vraiment que le gouvernement républicain, qui devrait prendre l’initiative de toutes les mesures libérales, se traîne sur ce point à la remorque des actes autoritaires du second empire. Louis-Philippe plus libéral que M. Grévy, voilà ce qu’on a de la peine à admettre.

J’apprends avec plaisir, et j’annonce aux Toulousains, que les plans de construction des bâtiments consacrés à la Faculté de médecine ont été définitivement approuvés il y a trois ou quatre jours, c’est maintenant à l’édilité toulousaine à se mettre en règle avec la question financière. Pour éviter à Toulouse ce qui se passe à Bordeaux où, après les plus belles

le prouvent tout à la fois leur étude histologique et l'existence de la zone pigmentaire qui les environne), granulations ayant subi la transformation fibreuse.

Il était également très-important d’étudier au microscope les altérations du parenchyme rénal. On se rappelle, en effet, que l’examen à l’œil nu faisait reconnaître les lésions du gros rein blanc. Or, les préparations faites après durcissement dans le liquide de Millier et l’alcool montrent que les lésions du rein sont complexes. Il y a tout à la fois néphrite interstitielle marquée par le développement excessif du tissu conjonctif rénal, et néphrite parenchymateuse caractérisée par la tuméfaction trouble et l’infiltration granuleuse de l’épithélium des tubes contournés dont la lumière est remplie par des cylindres granuleux. Les tubes de Bellini contiennent tous des cylindres vitreux ; leur épithélium est très-manifestement altéré et partiellement desquamé.

Cette observation est véritablement intéressante à plusieurs points de vue. Et d’abord, elle montre une néphrite brightique compliquée non-seulement d’un œdème, mais encore d’une forte congestion du poumon et aussi de noyaux de pneumonie à la période d’hépatisation rouge; c’est là un fait très-important qui vient confirmer les données déjà acquises sur les complications pulmonaires des albuminuriques, et tout particulièrement les recherches récentes de M. le professeur Lasègue sur cette question. On sait en effet que M. Lasègue a insisté tout spécialement sur l’existence, chez les sujets atteints d’albuminurie, de foyers bronchi tiques isolés dans le parenchyme pulmonaire.

Quant à l'angioleucite suppurée, il est incontestable qu’elle entre pour une part notable dans la terminaison de la maladie pulmonaire à laquelle ce goutteux a succombé. C’est donc là un fait très-intéressant sur lequel il est peut-être utile de porter l’attention des observateurs. Les altérations du système lymphatique viscéral sont en effet en grande partie négligées et en tout cas fort mal connues ; à peine les signale-t-on dans la tuberculose, où elles ne sont cependant pas très-rares. Elles ont été bien décrites par M. Raynaud et par M. Troisier dans le cancer, et j’en ai pu étudier moi-même un très-bel exemple sur le poumon d’un sujet mort d’un carcinome généralisé. Wagner et surtout M. Corail ont signalé les lésions des lymphatiques pulmonaires dans la pneumonie franche et dans la broncho-pneumonie, et fait connaître les particularités qu’elles présentent dans ces affections. Peut-être serait-il bon d’étudier les voies lymphatiques chez les sujets qui succombent à cer-

promesses, on ne voit rien venir, on est bien décidé, au ministère de l’instruction publique, de n’instituer la Faculté de médecine de Toulouse que lorsque Fédilité aura fait construire les bâtiments nécessaires à la recevoir. « Donnez-nous les bâtiments, dit-on à Toulouse, et nous vous donnerons les professeurs. »

Mais, pour réaliser toutes les améliorations et tous les embellissements projetés pour la cité palladéenne, il faut beaucoup d’argent, et, pour avoir de l’argent, il faut contracter un emprunt, et, pour contracter un emprunt, il faut une loi, et cette loi n’est pas encore présentée au Parlement. Que de temps s’écoulera avant l’installation de cette Faculté nouvelle ! En attendant, les professeurs de l’École actuelle s’éteignent peu à peu. Ainsi, nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le docteur Batut, professeur de clinique chirurgicale à l’École de médecine de Toulouse, décédé à Paris, à la suite d’une longue maladie.

Une nouvelle étourdissante nous parvient d’Australie, dit le National; si elle venait d’Amérique, on déclarerait aussitôt que c’est un canard de Yankee, tant elle renverse toutes les notions connues de la physiologie.

Un chimiste d’Australie donc, le docteur Rotura, vient de découvrir la recette d’un poison qui provoque aussitôt une catalepsie complète; en même temps, il a trouvé l’antidote qui, au bout de quelques instants, rend au corps la vitalité et le mouvement, même après plusieurs semaines de mort apparente.

Les Anglais gens pratiques, songent déjà à exploiler en grand la nouvelle decouverte, à plonger dans un sommeil cataleptique les bœufs et les moutons d’Australie, pour les transporter en cet état en Angleterre, où on leur rendrait la vie, sauf à la leur prendre pour de

taines affections pulmonaires, à ces pneumonies bâtardes dans lesquelles l’hypostase joue un rôle important, de même que dans les œdèmes de longue durée compliqués de congestion, de distension chronique du réseau vasculaire. Il y a lieu selon moi, de penser que Vénorme développement du calibre des lymphatiques chez le malade qui fait le sujet de cptte observation, est attribuable en partie à l’œdème et à la congestion chroniques du parenchyme pulmonaire (1).

Nous savons du reste quels liens intimes rattachent l’œdème à certaines affections du système lymphatique. Et d’ailleurs les relations maintenant bien connues de ce système avec le tissu conjonctif, d’une part, les rapports de contiguïté que présentent les vaisseaux lymphatiques avec les divisions de l’artère pulmonaire, d’une autre part, permettent jusqu’à un certain point de comprendre le développement d’une lymphangite dans le cours de certaines phlegmasies du poumon, surtout lorsque ces phlegmasies sont consécutives à un œdème chronique. Quant à la question de savoir si la néphrite brightiqne et même la goutte peuvent avoir joué un rôle pathogénique direct dans l’apparition de l’angioleucite, il serait, me semble-t-il, tout à fait téméraire de donner une réponse précise à ce sujet.

. Je serai également très-réseryé sur les conséquences cliniques de cette observation. Il est incontestable que la lymphangite a véritablement constitué une surprise d’autopsie. Quelle est la part qui lui appartient parmi les symptômes présentés par le malade dans les derniers jours de sa vie ? c’est ce qu’il serait prématuré de décider quant à présent. Il est très-probable que les phénomènes pyréïiques sont en partie la conséquence 4e l’inflammation suppurative des réseaux et des troncs lymphatiques, tes signes acoustiques et les troubles dyspnéiques, pon plus que les lésions constatées dans le parenchyme pulmonaire, à l'autopsie, ne peuvent suffire à expliquer la fièvre en somme assez forte, puisque la chaleur cutanée était vraiment très-accrue ; le thermomètre aurait certainement donné 39» dans l’aisselle, et les battements du pouls étaient précipites. P’ai J leurs, retendue considérable

(1) Je viens d’observer, chez un sujet mort avec un œdème considérable du poumon droit, une extrême distension de tout le réseau lymphatique pulmonaire , qu niveau de la face inférieure et d’une partie de |a face postérieure dp lobe inférieur droit. Les vaisseaux lymphatiques mesuraient jusqu’à 1 et 1/2 et 2 millimètres de diamètre et renfermaient de la lymphe transparente, tout à fait, semblable à la sérosité quj infiltrait le parenchyme dans les points affectés d’œdème.

bon quand, après quelque temps, leur chair serait redevenue succulente par un peu d’exercice.

Pourquoi n’appliquerait-on pas cette découverte aux hommes ?

Ainsi, par exemple, M. Baudry-d’Asson pourrait dire à Son médecin :

— Docteur, j’en ai assez de la République. Veuillez avoir l’obligeance de me mettre en catalepsie. Vous me réveillerez pour la rentrée d’Henri Y.

Voici un trait de filouterie américaine sérieusement raconté par le Journal de Toulouse :

« 11 y a quelques mois, à San-Francisco, le général Dodge, habile politicien et financier, colloqua à un certain Brown mille actions des mines d’or de Mammotk, à 3 dollars (25 fr. pièce). Le prix n’était pas élevé ; mais il se trouva que le gisement était presque nul, et au lieu de toucher le moindre dividende, les actionnaires eurent à subir plusieurs appels de fonds. Brown était furieux et ne se gênait pas pour traiter Dodge d’escroc.

Voilà qu’il y a un mois il est appelé en toute hâte auprès du général qu’il trouva au lit, pâle, souffrant, presque à l’agonie : « Je vais mourir, dit le général d’une voix éteinte et dolente, et je veux, avant de quitter ce monde, réparer le tort que je vous ai fait. Lorsque je vous ai vendu les actions de Mammotk, je ne les croyais pas aussi mauvaises qu’elles le sont en réalité; mais, quoi qu’il en soit, je vais vous les reprendre pour le prix que vous mavez donné. » ici Dodge eut une syncope; lorsqu’il fut revenu à lui, il fit venir son secrétaire, et, en faisant de pénibles efforts, il lui fit comprendre qu’il eût à remettre 3,000 dollars

7 „,0,wn q.U1’ ■ DS 1 lnte> val[e, avait fait chercher chez lui les actions. Brown s’en fut, touché ausau aux larmes.

des voies lymphatiques en suppuration rend certaine la participation de l’angioleucite à cet état fébrile des derniers jours.

BIBLIOTHÈQUE

TRAITE THEORIQUE ET CLINIQUE DE PERCUSSION ET D’AUSCULTATION, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrine , par E.-J. Woillez, membre de l’Académie de médecine, médecin honoraire de l’hôpital de la Charité, etc. Paris, 1879. TJn vol. in-18 de 780 pages, avec 101 figures intercalées dans le texte. Chez Ad. Delahaye, éditeur.

Ue Traité d'auscultation et de percussion que nous avons à présenter à nos lecteurs, pourrait se passer de toute analyse; le nom dont il est signé est trop honorablement connu dans le monde savant, trop bien apprécié par tous ses confrères ou ses collègues ; il éveille trop vivement les profondes sympathies et restitue de tous, pour avoir besoin d’une longue introduction.

Le savant auteur du Dictionnaire du diagnostic médical, dont la seconde édition a paru en 1870; de la Clinique des maladies aiguës des organes respiratoires , parue en 1872, qui renferme des chapitres si intéressants pour le praticien comme pour l’homme de science, sur la congestion pulmonajre, les hémq-bronchites, les hémo-pneumonies, etc.; de travaux considérables sur les maladies de poitrine qui se sont succédé depuis l’année 1835 jusqu’à nos jours, recommande lui-même, en le signant, à l’attention des praticiens, son nouveau et excellent Traité d'auscultation et de percussion. Il ne s’agit pas, qu’on le sache bien, d’une de ces œuvres de compilation qui n’ont d’autre mérite que celui d’exposer fidèlement l’état de la science sur un aussi vaste sujet; ce traité est mûrement réfléchi, il est l’œuvre de longues années de travail, puisque M. Woillez, ainsi qu’il nous le dit lui-même, en a conçu la réalisation depuis plus de yingt ans. Il s’appuie sur les travaux et les recherches nombreuses de ses devapcjers, sur les nouvelles acquisitions de la science qui sont exposées avec la plus grande clarté, mais aussi sur une expérience déjà longue, servie par un travail des plus persévérants.

Ce traité est divisé en deux parties : La première est consacrée à la technique des bruits OU sons de percussion et d’auscultation qui sont étudiés dans leurs caractères, leurs conditions Organiques et physiques, et dans leur signification sommaire. A cette première partie est joint un appendice exposant les signes complémentaires obtenus par l’inspection, Ja palpation et jft mensuration.

Après l’analyse vient la synthèse; et la seconde partie, suite naturelle de la première, qui a été consacrée à l’étude des signes physiques exposés théoriquement, comprend

Deux jours après, il apprit qu’on venait de découvrir dans la mine un filon d’or des plus riches ; les actions montèrent à 100 dollars. Quant à Dodge, après avoir encore gardé le lit pendant huit jours, il en sortit se portant comme un charme, par la bonne raison qu’il n’avait jamais été malade. Ce serait le cas de créer la locution : La lui faire au lit de mort. »

Finissons par une bonne naïveté d’enfant racontée dans le Voltaire :

Mme £... est sur le point de donner le jour à son troisième héhé.

Dernièrement, elle demanda à son fils aîné, un charmant blondin de six ans, s’il serait content d’avoir bientôt un autre petit frère ou une petite sœur.

L’enfant, après avoir réfléchi un instant :

— Petite mère, puisque j’ai déjà un frère... si ça ne te fait rien... j’aimerais mieux un

FACULTÉ DE médecine de Paris. — Par décret en date du 23 juin 1879. M. Hayem (Georges), agrégé près la Faculté de médecine de Paris, a été nommé professeur de thérapeutique et matière médicale à ladite Faculté, en remplacement de M. Gubler, décédé.

Collège Rollin. — Nous sommes heureux d’annoncer que notre collaborateur et ami, M. le docteur Gillette, vient d’être nommé chirurgien du collège Rollin, en remplacement de M. Lannelongue, démissionnaire.

l’élude des mêmes signes groupés pour chaque maladie dans leur milieu naturel, c’est ainsi que, au point de vue de la percussion et de l'auscultation, toutes les maladies du poumon, du cœur, des vaisseaux, etc., sont passées en revue. Parmi elles, il convient de faire remarquer : la congestion pulmonaire, les maladies si bien désignées par M. Woillez sous les noms hémobronchites, A' hémo-pneumonies, etc., qui ont fait l’objet de travaux spéciaux de la part de l’auteur; la tuberculisation pulmonaire dans toutes sesTormes, les pneumonies, l’ adénopathie trachéo-bronchique, les affections valvulaires du cœur et, parmi elles, le rétrécissement de l’artère pulmonaire, l’ insuffisance tricuspidienne, les affections de Y aorte, etc., etc., où sont exposées le plus exactement et le plus complètement possible les nouvelles acquisitions de la science.

Des figures nombreuses ajoutent encore à la clarté du texte, et, pour ce qui est des souffles organiques ou inorganiques du cœur, le lecteur verra représentés par des figures, avec la plus grande fidélité, le siège et la direction de ces bruits morbides, qu’il s’agisse des souffles de l’insuffisance aortique ou de l’insuffisance de l’artère pulmonaire, ou encore du souffle tricuspidien de M. Parrot et du souffle anémo-spasmodique de M. C. Paul. Les bruits extracardiaques, si bien étudiés par M. Potain d’abord, et M. Cuffer ensuite, sont l’objet d’un chapitre spécial qui constitue, sur cette question encore controversée, le meilleur et le plus complet résurné que nous ayons.

La percussion dans les maladies est étudiée au double point de vue des signes acoustiques et des sensations tactiles; dans les premiers sont comprises la tonalité (sonorités graves, tonalité aiguë), l 'intensité (sonorités tympaniques, matité, obtusions), le timbre (bruit de collision, de cliquetis, hydroaérique, son creux, métallique, etc.). Quant aux sensations tactiles (sensation d’élasticité ou de résistanee au doigt), sur lesquelles Corvisart a le premier appelé l'attention, elles ont aussi une importance bien démontrée dans les pages qui en font mention. — L’étude de l’auscultation renferme un historique de la question où il est démontré que, dès 1680, un auteur ancien, Robert Hooke, avait déjà pensé à utiliser l’application de l’oreille sur la poitrine ; il disait que, de même que l’on entend dans une horloge le battement du balancier, le frottement des engrenages, la rotation des roues, on pourrait découvrir les mouvements des parties intérieures des corps, et reconnaître ainsi les lésions des organes. « J’ai trouvé, ajoute-t-il, un peu plus que de l’encouragement en constatant, par l’expérience, que j’entendais parfaitement les battements du cœur de l’homme, comme c’est chose commune d’entendre le va-et-vient des gaz dans les entrailles et dans d’autres petits vaisseaux ; comme l’état des poumons se révèle par le bruit de la respiration, le rhume de cerveau par le sifflement du nez, etc. » Mais, comme le fait remarquer avec tant de raison M. Woillez, cette citation n’enlève rien à la gloire de Laënnec, à qui revient l’honneur, ni contesté ni constestable, « d’avoir, sinon indiqué le premier le principe de l’auscultation, du moins de l’avoir fondée comme méthode pratique en faisant connaître les phénomènes acoustiques qu’elle fait percevoir, en signalant leur valeur et en consignant les résultats de ses remarquables recherches dans un ouvrage impérissable . »

Après avoir étudié, comme pour la percussion, l’auscultation chez un homme sain, M. Woillez passe en revue les signes morbides de l’auscultation des poumons et du cœur. Les bruits respiratoires sont divisés en : 1° respirations anomales (bruit respiratoire faible, nul ou exagéré; expiration prolongée, respiration granuleuse, sibilante, ronflante, bronchique) ; 2° respirations cavitaires (souffle caverneux, respiration amphoro-métallique) ; 3° bruits par exsudât (râles muqueux, crépitants, c’est-à-dire bruits par exsudats liquides; sifflement, claquement, bruit de soupape, bruit de frottement, etc., c’est-à-dire bruits par exsudats solides). Il s’agit, on le voit, d’un classement nouveau des bruits d’auscultation, sur lequel le savant auteur avait appelé, dès 1865, l’attention dans un travail très-intéressant paru dans les Archives de médecine et intitulé : Étude sur C auscultation des organes respiratoires, etc.

La respiration granuleuse, dont la première mention se trouve dans les ouvrages de M. Woillez, est le premier degré de la respiration rude, qui elle-même est un degré moins avancé que la respiration râpeuse; elle est le signe du retrait ou du refoulement des poumons par l’ascension du diaphragme vers la poitrine ou par un épanchement pleurétique, elle s’observe encore au début de la tuberculisation pulmonaire et dans la congestion du poumon, comme nous l’avons nous-mème constaté bien souvent.

Sans aucun doute, les autres parties de ce livre qui contiennent l’étude de l’auscultation des organes autres que le poumon (du cœur, des vaisseaux, de l’abdomen, de la tête) sont également remarquables par la précision des détails, le soin avec lequel sont exposées les diverses et nombreuses théories, la fidélité avec laquelle les divers souffles cardiaques sont représentés par des figures... Nous aimons mieux nous arrêter dans celte analyse qui doit rester forcément incomplète, parce que les livres de ce genre ne peuvent être résumés, en r ison es matériaux considérables qu’ils renferment. Notre but aura été de présenter à nos

Supplément.

lecteurs un traité d’auscultation et de percussion, le plus complet que nous possédions, qui résume, avec tous les travaux anciens ou contemporains, toute une vie passée dans le labeur le plus persévérant, toutes les recherches si importantes auxquelles l’éminent médecin de la Charité s’est livré depuis un long temps, puisqu’elles datent de 1835, époque à laquelle M. Woillez débutait dans la carrière médicale par une thèse des plus remarquables et consacrée à l’étude d’une des parties de la pathologie interne qu’il devait ensuite tant approfondir : Recherches sur la valeur diagnostique des déformations de la poitrine produites par les maladies des organes thoraciques.

Comme nous le disions plus haut, le nom seul dont cet ouvrage est signé le recommande à l’attention de tous, élèves comme maîtres, qui puiseront plus d’un enseignement dans la lecture facile de ces pages écrites dans un style dont la clarté ne le cède pas à la précision. Il inspirera, plus que ne peut le faire une analyse incomplète, le désir de le lire et de le consulter dans un grand nombre de circonstances. Ce sera toujours un honneur, pour celui qui écrit ces lignes, d’avoir présenté, au nom de I’Union Médicale, l’œuvre si importante d’un homme dont tout le monde vénère le nom sans tache, et honore, avec sa modestie, le grand sens clinique et le talent incontesté.

Henri Hdchàrd.

ACADEMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DES SCIENCES

M. Robin présente une note de M. Y. Cornil, sur la structure des cellules du rein à Péta normal.

« J’ai examiné les reins de plusieurs espèces animales, le cochon d’Inde, le lapin, la chèvre et la couleuvre, sur des reins durcis par l’acide osmique aussitôt après que l’animal avait été sacrifié. J’ai observé constamment une disposition des cellules qui n’a pas été signalée et qui doit les faire considérer comme composées de deux subslances, l’une périphérique, solidifiée sous l’influence de l’acide osmique, l’autre-centrale, contenant des granulations et le noyau de la cellule.

Les sections minces pratiquées dans la substance corticale, colorées au picrocarmin et montées dans la glycérine, nous ont montré les particularités suivantes :

Cochon d’Inde. — Sur les sections du rein du cochon d’Inde, lorsqu’on examine un tube sectionné suivant sa longueur, on voit que les cellules sont implantées obliquement sur la membrane hyaline. Ces cellules sont allongées et se composent de deux parties : 1° une substance homogène, qui paraît dense, qui s’est coagulée et colorée en brun par l’acide osmique, et qui forme l’enveloppe périphérique de la cellule ; cette substance est intimement unie avec la même substance des cellules voisines; 2° la partie centrale de la cellule, qui est claire, si bien que l’on dirait presque une cavité, est formée par une substance finement granuleuse. C’est là, non loin de l’implantation de la cellule, que se trouve son noyau.

Celte disposition, qu’il est très-facile de constater sur les bords des tubes sectionnés suivant leur longueur, est plus complexe lorsqu’on étudie ces mêmes tubes sur des sections transversales. L’implantation des cellules étant oblique, on ne les voit plus suivant leur longueur, mais bien suivant des sections obliques plus ou moins régulières. Une première série de ces sections est disposée le long de la membrane- propre du tube ; cette zone de sections cellulaires montre daus chacune d’elles la substance homogène teintée en noir, la substance granuleuse et les noyaux. A l’intérieur de cette première zone on trouve une ou plusieurs zones de petits cercles qui sont des sections obliques de l’extrémité interne d’autres cellules.

A côté de ces tubes larges, la substance corticale du cobaye en présente de plus petits (tubes droits) qui contiennent des cellules plus petites. Ces cellules montrent aussi deux substances, l’une périphérique, homogène et plus colorée, l’autre centrale, granuleuse, contenant le noyau et des granulations graisseuses.

Lapin. — Le rein du lapin est un de ceux où la disposition des deux substances des cellules est le plus évidente. Les cellules assez volumineuses des tubes larges présentent à leur périphérie une zone dense et plus colorée. Celte substance montre, surtout au niveau de l’implantation de la cellule sur la membrane hyaline, des granulations disposées en forme de petits bâtonnets (cellules en bâtonnets de Heidenhain). Le centre de la cellule est formé d’une substance plus molle, granuleuse, et c’est là que se trouve le noyau.

Les cellules des tubes minces offrent une structure analogue, mais les granulations n’offrent pas la disposition en bâtonnets et elles possèdent des granulations graisseuses.

Les reins de la lamproie présentent la même structure que ceux du cobaye; les cellules

des tubes larges sont disposées aussi obliquement ; les cellules des tubes minces possèdent beaucoup de granulations graisseuses.

Les cellules des reins d’une jeune chèvre avaient la même structure, mais elles étaient moins faciles à étudier, parce qu’elles étaient plus pelites que chez le lapin et le cobaye. »

M. de Lacaze-Duthiers communique une note de M. E. Maupas, sur la position systématique des Volvocinées, et sur les limites du règne végétal et du règne animal. En raison de son importance biologique, nous la reproduisons in extenso :

u Depuis la publication des travaux de F. Cohn sur les Volvocinées, il semblait que les auciens débats sur la place systématique de ces Microphytes étaient clos pour toujours. Tout le monde, en effet, avait adopté les conclusions de ce savant, et, dans tous les traités généraux les Volvocinées sont rangées parmi les Algues. Stein, dans son beau volume publié récemment sur les Infusoires flagellés, revient à l’ancienne manière de voir d’Ehrenberg et revendique les Volvocinées pour le règne animal, en les plaçant parmi les Infusoires. Comme cette question touche à d’importants problèmes de morphologie cellulaire et tombe dans le vif delà controverse sur les limites des deux règnes organiques, j’ai pensé utile de faire connaître à l’Académie quelques observations et considérations opposées aux conclusions du savant professeur de Prague.

Pour Stein, le vrai critérium qui lui permet de distinguer un Protozoaire d’un Protophyte est la présence simultanée de cils ou flagellums vibratiles, de vacuoles contractiles et d’un nucléus réunis sur un seul être. Les Protozoaires seuls réuniraient ces trois organes ; aucun végétal bien caractérisé ne les posséderait ensemble. U revient avec insistance sur cette caractéristique, notamment pages 37, 47 et 51 de l’ouvrage cité plus haut. C’est en s’appuyant sur l’existence simultanée de ces trois organes, constatée par tous les observateurs et, en particulier, par F. Conh chez les Volvocinées, que Stein a exclu ces dernières du règne végétal et les a placées parmi les infusoires flagellés. Nous allons voir que celte caractéristique est sans valeur et qu’elle se retrouve chez des Algues sur la nature végétale desquelles Stein lui-même n’oserait pas élever de doutes.

Et d’abord, inutile d’insister sur les cils vibratiles ; tout le monde sait que toutes les zoospores en sont pourvues.

Je passe à la vacuole contractile. Ici, je ne puis m’empêcher d’exprimer mon étonnement de voir un savant aussi exact et généralement aussi bien informé que Stein, venir encore nier l’existence de cet organe (p. 47) chez des végétaux bien caractérisés. 11 a été vu par Leitgeb, De Bary, Fresenius, Slrasburger, Dodel-Port et Cienkowski sur les zoospores de Saprolégniées, de Cystopus, de Myxomycètes, de Pamellacées, d’Ulothrix, d’Hydrurus, de Chælophora, etc.; moi-même, je l’ai signalé chez le Microspora floccosa et le Stigeloconium tenue, et je suis persuadé qu’on le retrouvera chez beaucoup d’autres zoospores lorsqu’on le recherchera avec de forts grossissements et dans de bonnes conditions d’observation. En tout cas, les nombreux faits déjà constatés sont suffisants pour détruire l’assertion du célèbre professeur de Prague.

Reste le nucléus. Stein, en niant son existence dans les zoospores des Algues, est d’accord avec tout le monde. Tous les observateurs qui, depuis Thuret, ont étudié ces organismes n’ont pu y découvrir de nucléus, et Strasburger, tout récemment ( Botanische Zeitung du 25 avril, p. 274), admet que le nucléus des zoospores d’Ulothrix n’existe pas pendant la période vagabonde et se reconstitue à nouveau au moment de la germination. J’ai voulu vérifier ces assertions, en me servant de méthodes d’observation très-précises que j’emploie depuis longtemps pour l’étude du nucléus et du nucléole des Infusoires, et, dans les zoospores du Microspora floccosa z t d’un OEdogonium indéterminé, j ai trouvé un nucléus trèsnettement caractérisé.

Sur la lamelle de verre, j’ai placé une petite goutte chargée de zoospores de Microspora et l’ai recouverte du couvre-objet en aspirant l’eau, de façon que les zoospores soient un peu comprimées et rendues presque immobiles. J’ai cimenté alors avec de la paraffine deux des bords opposés du couvre-objet, et, celui-ci bien fixé, j’ai fait pénétrer dessous une goutte d’alcool en aspirant l’eau avec du papier buvard. Les zoospores ont été tuées brusquement et retenues par la compression entre les deux lames de verre. J’ai remplacé alors l’alcool par de l’eau et celle-ci par du pricrocarminate saturé. Au bout de quelques minutes, l’action de ce réactif était suffisante, je l’ai aspiré, toujours à l’aide du papier buvard, et remplacé par de l’eau, puis enfin celle-ci par de l’acide acétique cristallisable. Ce dernier réactif éclaircit instantanément l’objet, et l’on voit alors dans la région rostrale des zoospores un petit nucléus sphérique, coloré en rouge intense et très-nettement défini, le reste du corps demeurant très-pâle. Gomme l’acide acétique est très-volatil, on n’a qu’à placer sur le bord du couvreobjet une goutte de glycérine, qui pénètre et vient remplacer l’acide évaporé, en conservant

leur forme aux zoospores. On obtient ainsi une préparation qu’il suffit de luter pour la rendre permanente. *

Pour les zoospores d’GE dogonium, que j’avais seulement en petit nombre, j’ai suivi une méthode un peu différente. Je les ai tuées en exposant pendant une minute la goutte d’eau f- -peurs d acide osmique à 1 pour 100; ensuite je les ai cimentées sous le couvre-objet à 1 aide de paraffine et les ai colorées par le picrocarminate et éclaircies ensuite avec l’acide acétique et la glycérine. L’action du picrocarminate doit être plus prolongée qu’avec la méthode de 1 alcool. Le nucléus situé dans la région médiane du corps, plutôt un peu en arrière qu en avant, apparaît comme une petite sphère colorée en rouge.

Ces zoospores ont été tuées dans leur période de mobilité. Les nucléus ne peuvent pas être confondus avec les corpuscules amylacés que l’on rencontre chez beaucoup de Volvocinées à côté du vrai nucléus. Les corpuscules amylacés ne se colorent jamais en rouge dans les préparations conduites d’après les méthodes employées ici. Nous avons donc affaire à de vrais nucléus réunis avec des cils vibratiles et des vacuoles contractiles sur des zoospores d’ Algues. Les deux Algues étudiées sont des zoospores appartenant à deux types différents : celles du Microspora étant flagellées, et celles de YCEdogonium, pourvues d’une couronne de cils vibratiles. Je suis persuadé que, lorsqu’on étudiera convenablement les zoospores des autres Algues, on leur trouvera à toutes un nucléus.

Le nouveau critérium proposé par Stein, pour distinguer les deux règnes organiques, est donc sans valeur. D’ailleurs, poursuivre une limite bien définie entre les végétaux et les animaux me paraît une recherche bien peu en harmonie avec tous les progrès récents des études biologiques. Les derniers travaux tendent à démontrer de plus en plus que toutes les barrières qu’on avait essayé d’élever entre ces deux groupes n’ont rien de fondamental ni de réel. Au point de vue physiologique, Claude Bernard a établi d’une façon inattaquable l’unité biologique du monde vivant. La même conclusion ressort de tous les résultats morphologiques acquis. Actuellement, ni la physiologie ni la morphologie ne fournissent de caractère exclusif appartenant à l’un ou à l’autre des deux règnes. Quand on étudie les êtres amphibologiques qui grouillent dans les bas-fonds du monde vivant, on peut donc être quelquefois embarrassé pour savoir où les classer. Il faut alors s’inspirer de l’ensemble des caractères et, sans avoir recours à un troisième règne, on arrive presque toujours à leur trouver des tendances et des affinités qui permettent de leur assigner une place dans les cadres actuels. C’est en m’inspirant de ces caractères d’ensemble que je suis complètement d’accord avec Gohn et les autres auteurs pour classer les Volvocinées parmi les Algues, à côté des Palmellacées, des Conjuguées et des Zoosporées. » — M. L.

SOCIÉTÉ DE BIOLOCIE

Séances du mois d’avril 1879.

Séance du 5 avril. — M. Pouchet présente une note relative à l’opinion des anciens sur les sensations déterminées par le contact des poissons électriques, tels que la torpille et le silure du Nil. Averroès avait avancé, mais sans preuves, que leur cause est analogue à celle qui produit l’aimantation des barreaux de fer; c’est le seul qui se soit approché de l’opinion moderne, qui assimile ces sensations à des commotions électriques, depuis Adanson, qui l’a nettement indiqué le premier. Tous les autres auteurs, grecs ou arabes, pensent qu’il s’agit d’une sorte de refroidissement, et Galien range même le silure parmi les agents réfrigérants.

M. Galezowski communique des faits de thrombose des vaisseaux rétiniens de cause locale. 11 s’agissait, dans un cas, d’une oblitération de la veine consécutive à l’implantation d’un fragment d’acier dans la conjonctive; dans le second, d’une thrombose de l’artère centrale à la suite d’une brûlure des paupières et du front par un jet de vapeur. Les lésions et les symptômes étaient semblables à ceux que l’on observe dans les cas d’embolie rétinienne. L’auteur pense que d’autres faits analogues peuvent avoir pour cause des endartérites goutteuses, rhumatismales ou syphilitiques, déterminant la thrombose des vaisseaux rétiniens, en l’absence de toute altération du cœur rendant compte des symptômes.

M. Armand Moreau communique le résultat d’expériences sur l’absorption de l’intestin. Après avoir placé deux ligatures sur une anse intestinale, chez un chien, il injecte dans l’espace ainsi limité une solution de sulfate de soude et, une heure après, du cyanure de potassium. Ce dernier sel, absorbé ordinairement avec une grande facilité, ne l’est aucunement dans ces conditions; l’auteur en conclut que l’absorption cesse de se produire à un moment donné de l’action des purgatifs.

M. Gellé donne de la formation de la caisse du tympan une interprétation nouvelle. Sur des

coupes de l’oreille moyenne du cobaye, faites par M. Mathias Duval, il a étudié le magma gélaliniforme que l’on y trouve; c’est un tissu contigu à la membrane tympanique, revêtu d’un épithélium pavimenteux, et qui, en se rétractant peu à peu, laisse après lui un espace qui n’est autre que celui de la caisse.

M. Begnard communique dans ses détails une nouvelle opération faite avec l’anesthésie par le protoxyde d’azote sous pression. Il s’agissait d’une résection du nerf maxillaire supérieur, qui fut pratiquée par M. Péan en vingt minutes; il n’y eut aucun accident, ni pendant ni après.

M. Burq lit une note sur l’action opposée des applications métalliques et des enveloppements isolants (avec soie et ouate) chez les hystériques et les cholériques. L’auteur pense que ces expériences devraient être répétées à l’effet de déterminer quelle peut bien être la nature de l’attaque d’hystérie et quel en est le but.

Pas de séance le 12 avril.

Séance du 19 avril. — M. Brown-Séquard ayant produit des lésions des centres nerveux chez des cochons d’Inde, observa dans la suite des altérations de nutrition causées par ces lésions. Celles-ci se trouvèrent reproduites sous des formes différentes, mais dans les mêmes organes, chez les petits nés de ces animaux, et M. Brown-Séquard pense que ces faits s’expliquent par la transmission héréditaire des lésions nerveuses, plutôt que par la transmission directe de lésions de l’organe mutilé.

Cette communication provoque une discussion dans laquelle M. Brown-Séquard établit les distinctions suivantes, au sujet des épilepsies héréditaires : Les animaux nés de parents chez lesquels on a pratiqué l’hémisection de la moelle présentent des attaques d’épilepsie spontanée et n’ont pas de zone épileptogène; si les parents ont subi en outre la section du nerf sciatique et la perte d’un ou plusieurs doigts du membre correspondant, leurs petits offrent des lésions congénitales des doigts et ont une zone épileptogène.

M. Picard (de Lyon) a fait sur l’innervation du foie des recherches dont voici les résultats : La section des nerfs de cet organe ne trouble ni la fonction glycogénique ni la sécrétion biliaire, ; l’excitation des bouts centraux provoque peu de douleur; celle des bouts périphériques ne semble pas influencer d’une façon régulière la circulation hépatique.

M. Cornil présente plusieurs préparations histologiques montrant l’inflammation du rein à des périodes différentes.

M. Trasbot a fait une série d’expériences dans le but de contrôler les assertions récemment émises par M. Nicali au sujet de la possibilité de la contagion de la diphthérite des volailles à l’homme. Des fausses membranes, du sang, du mucus pris à des coqs ou à des poules diphlhéritiques, ont été appliqués en vain sur les muqueuses ou dans le tissu cellulaire du chien et du porc. L’inoculation de poule à poule a, au contraire, très-bien réussi. De plus, un élève de M. Trasbot, M, Faiès, a. tenté sur lui-même l’inoculation diphthérilique en maintenant plusieurs minutes dans sa gorge des lambeaux de membranes prises à un coq ; il n’a pas éprouvé le moindre accident. Ces faits sont de nature à infirmer les hypothèses de M. JNicati.

M. Blanchard donne le résultat de recherches faites en commun avec M. Jolyet (de Bordeaux) relatives à l’anatomie de la moelle des ophidiens. Ils ont trouvé deux ligaments latéraux situés le long de cet organe, dans l’épaisseur de son enveloppe conjonctive. D’après ces auteurs, ces ligaments auraient pour but d’éviter les froissements de l’axe nerveux dans les mouvements de reptation.

Séance du 26 avril. — M. Mégnin revient sur la question de la diphthérite chez les oiseaux. Il faut distinguer, dans cette maladie, trois formes : une membraneuse, une tuberculeuse et une tuberculo-membraneuse ou tuberculo-diphthérite, résultant de la coexistence des deux premières formes. Celte dernière, la plus fréquente, est liée à la présence de parasites que Balbiani considère comme des grègarines , et n’est pas comparable à la diphthérite de l’homme; aussi n’est-elle pas dangereuse pour lui, et a-t-on pu manger sans inconvénient la chair de volailles mortes de cette affection.

M. Brown-Séquard communique à la Société quelques faits nouveaux pour servir à l’étude du mécanisme des paralysies ; mais il attend, pour en tirer des conclusions, que les études qu’il poursuit sur ce sujet soient complètement terminées.

M. Mathias Duval, dans la séance du 5 avril, avait, à propos de la communication de M. Armand Moreau sur l’action des purgatifs, émis l’idée que l’absorption n’est pas un élém P j°™è"e d’osmose, mais une fonction en rapport avec, l’intégrité anatomique des

l’union médicale.

M. Moreau a fait, depuis, d’autres expériences qui confirment cette manière de voir. Après avoir injecté dans une veine et dans une anse intestinale isolée par deux ligatures une solution de sulfate de magnésie, il a pu constater que la présence du sel dans le sang n’avait pas empêché l’action purgative du sel déposé dans l’intestin, ainsi qu’on aurait dû l’observer si les théories qui assimilent celte action purgative aux simples phénomènes endosmotiques avaient été exactes.

M. BocHEFONTAwe communique, au nom de M. Vulpian, le résultat de recherches sur l’antagonisme de la pilocarpine et de l’atropine. On sait que lorsque l’activité des glandes sudoripares est abolie par l’absorption de l’atropine, elle peut être mise en jeu de nouveau par la pilocarpine. En injectant dans la glande sous-maxillaire d’un chien un centigramme de pilocarpine après avoir aboli la sécrétion salivaire par l’injection sous-cutanée d’un milligramme d'atropine, on voit que les glandes sous-maxillaire et sublinguale du même côté sont seules influencées par la pilocarpine ; la parotide reste en repos ; l’action antagoniste est donc purement locale.

M. Fournier a pu préparer la gelsémine par un procédé qui en assure la pureté. On pourra donc étudier les proprélés du gelseminum sempervirens avec plus d’exactitude que lorsqu’on n’avait à sa disposition que des produits plus ou moins impurs venant d’Angleterre ou d’Allemagne.

JOURNAL DES JOURNAUX

Des phénomènes viscéraux dans l’ataxie locomotrice progressive, par M. Fabre. — Le professeur commence par dire, dans cette leçon, que tout n’est pas ataxique dans l’ataxie locomotrice progressive, et que tout n’est pas affection spinale dans le tabes dorsalis. Au point de vue anatomique, celte maladie est encéphalo-rachidienne; au point de vue clinique, elle est protéiforme. Les symptômes viscéraux peuvent occuper les voies digestives, les appareils respiratoire, circulatoire, le système génito-urinaire.

1° Dans les voies digestives, la maladie atteint surtout l’estomac et l’intestin. A l’estomac, l’ataxie peut revêtir deux formes : l’inertie fonctionnelle et la douleur.

La forme dyspeptique, peu connue, se compose souvent de trois symptômes successifs : l’inappétence, la paresse de l’estomac se trahissant après les repas par le gonflement et la sensation de poids épigastrique, et les vomissements. On peut observer également la formation plus ou moins considérable de gaz dans l’estomac et l’intestin.

La forme gastralgique signalée par Charcot est bien connue. 11 faut noter encore les douleurs rectales signalées dans un assez grand nombre d’observations.

2° Du côté des voies circulatoires, le cœur peut éprouver des troubles fonctionnels et des altérations matérielles. On observe l’accélération des battements du cœur sans fièvre; trèsrarement des irrégularités cardiaques (t’ataxie cardiaque est excessivement rare) ; des palpitations qui, suivant M. Teissier, de Lyon, peuvent masquer l’ataxie au début. Teissier a même noté des douleurs semblables à l’angine de poitrine. Parfois, ces troubles fonctionnels peuvent s’accompagner d’altérations matérielles qui ne portent pas sur les orifices, mais sur la paroi musculaire; dilatation cardiaque avec insuffisance relative de la mitrale. Le pouls est souvent dicrole. Il peut y avoir aussi des troubles de circulation capillaire : stase sanguine, avec rougeur et chaleur sensible à la paume des mains; refroidissement des extrémités (dans un cas, ataxie ayant abouti à l’algidité et à la gangrène symétrique des extrémités) ; taches purpuriques sur les membres et sueurs locales. L’auteur signale aussi, avec Finkelburg, Clemens et Rosenthal, comme conséquences des troubles de la circulation centrale, certaines modifications de température générale du corps qui peuvent devenir de vrais mouvements fébriles annoncés par un petit frisson, une élévation de température d’un degré, de la céphalalgie, de la soif, de l’inappétence, UDe légère fréquence du pouls.

3° Parmi les troubles respiratoires , l’ataxie peut être laryngée ou bronchique. L 'ataxie laryngée peut occuper la muqueuse (quintes de toux signalées par Féréol, toux férine, suffocante) ou les muscles (phénomènes de cornage, parésie d’une corde vocale, affaiblissement de la voix, sanglot bizarre).

L 'ataxie bronchique rappelle les crises d’asthme avec moins de dyspnée, avec des râles plus gros, plus rares, qui paraissent se produire plutôt dans les gros que dans les petits tuyaux bronchiques. Teissier (de Lyon) a signalé des bronchites chez les ataxiques.

Enfin, l 'ataxie pulmonaire est un simple trouble vaso-moteur avec congestion, avec ou sans mouvement fébrile, caractérisée par des râles sous-crépitants, de la diminution du murmure vésiculaire.

lx° Le système génito-urinaire paye un tribut important à la maladie : incontinence d’urine,

douleurs vésicales, néphrétiques, oligurie, spermatorrhée, excitation génésique, impuissant Chez la femme, le docteur Fabre a noté des mélrorrhagtes liées à l’ataxie. ( Marseille médical'

FORMULAIRE

Traitement de l’atonie vésicale par les injections d’ergotine. — Langenbeck

Dans trois cas d’atonie vésicale observés sur des vieillards, le professeur Langenbeck a obtenu les meilleurs résultats des injections hypodermiques d’ergotine. Immédiatement anrès l’injection, le pouvoir contractile de la vessie fut augmenté, et les malades urinèrent plus abondamment. Au bout de quelques jours, la vessie se vida presque entièrement. — Chez un vieillard de 62 ans, qui, trois ou quatre fois par jour, expulsait environ 30 grammes d’urine alors que sa vessie en renfermait plus d’un demi-litre, le jour même où l’on pratiqua une injection hypodermique de 12 centigrammes d’ergotine Bonjean, la miction s’accomplit dans de meilleures conditions. Bientôt la prostate diminua de volume, et après quatre injections la guérison fut complète. — N. G.

Ephémérides médicales. — 28 Juin 17%.

Jean-Baptiste Ruffat, médecin, âgé de ùO ans, né. et domicilié à Toulouse, est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire de Paris, « comme chef de la faction fédéraliste du département de la Hauté-Garonne ». — A. Ch.

COURRIER

Association de la Presse scientifique et artistique. — Lundi 30 juin, à sept heures précises, aura lieu le dîner de l’Association, au n° 1, quai d’Orsay.

Les poissons du lac Lobnor. — Un rapport publié dans le Bulletin de ed l’Académie Saint-Pétersbourg donne des détails intéressants sur les poissons que le voyageur Prjevalski a trouvés dans le lac Lobnor, au cœur de l’Asie centrale, et principalement dans le Tarim. Il y en a dix espèces, qui appartiennent à deux des familles d’eau douce : les cyprinoïdes, poissons du genre des carpes, et les cobitides, ou genre de loches; ces deux sortes de poissons abondent dans les eaux douces de l’Europe, ainsi que dans certaines parties de l’Asie.

L’expédition anglaise du Kadhgar et du Yarkand, dans laquelle Stolicka trouva la mort, observa dans les affluents du Tarim le même nombre d’espèces appartenant aux mêmes familles. Elles vivent exclusivement dans l’eau douce, et il est remarquable que dans le Lobnor et le Tarim il y ait absence complète de toutes les espèces qui appartiennent principalement à la mer, mais qui ont quelques représentants dans l’eau douce, comme la morue et le hareng, et absence non moins complète des poissons qui émigrent de la mer à l’eau douce, comme le saumon, l’anguille, l’esturgeon, et de toutes les espèces de poissons spéciales aux régions les plus chaudes de l’Asie.

On trouve des poissons du genre des saumons dans les lacs Baïkal et Dzaisan et leurs affluents, ainsi que dans l’Oxus. Ces lacs et la mer d’Aral jouent ici, jusqu’à un certain point, le rôle de la mer avec laquelle le lac Baïkal a quelques analogies, ce qui rend plus remarquable encore ce fait qu’il n’y ait dans le Lobnor que des poissons exclusivement d’eau douce. Cela paraît démontrer qu’il n’a jamais pu y avoir de communication entre ce lac et l’Océan, mais qu’il s’est formé dans une partie de l’intérieur entièrement close.

On a fait remarquer que le même phénomène s’observe dans l’Amérique du Nord, où se trouve une région fermée, sans communication avec l’Océan, l’Utab, avec son Lac Salé, entouré d’un pays d’où lui arrivent des affluents des direction* les plus diverses ; on y a observé vingt- trois espèces de poissons, dont trois familles seulement appartiennent aux poissons d’eau douce.

Fin du Tome XXVII (Troisième série).

Le gérant, RichelOT.

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