‹ L'Union médicaleChapitre 33 sur 176 · IV. — Diphthérie · texte numérisé non relu

IV. — Diphthérie

1° Diphthérie dans la ville. — L’épidémie permanente de diphthérie a atteint, on ne peut l’avoir oublié, pendant l’année 1877, le point le plus élevé auquel elle ait jamais été observée à Paris; depuis le commencement de l’année 1878, elle a subi, ainsi que je l’ai précédemment indiqué, un mouvement de 'déclinaison lent, mais continu, qui permet d’espérer une décroissance véritable et, au moins, le retour à l’état antérieur dans un délai de quelques années.

(1) Suite. — Voir le numéro du 4 février.

nous pouvions compter au besoin. Car M. Paul Andral n’aurait jamais pu oublier que, quoi qu’il fût jeune encore, mais en raison du nom de son illustre père, notre confrérie lui offrît une magnifique occasion de faire montre de' son beau talent d’avocat en lui confiant la défense de I’Union Médicale, dans le célèbre procès que lui avait intenté une prétendue Société homœopathique. Son plaidoyer est un chef-d’œuvre et lui valut une grande notoriété.

M. Paul Andral se retire de la vie publique avec honneur et dignité. Le meilleur souhait que ses amis puissent lui offrir, c’est de n’y jamais rentrer et de n’avoir jamais à endosser d’autre costume officiel que cette simple et modeste robe d’avocat, tant illustrée par Berryer, son maître et son ami.

Saluons avec respect cette bienfaisante et charitable institution de l’hospitalité de nuit qui fonctionne à Paris, rue Tocqueville. Je n’ai pas à la décrire, ni à expliquer son but, sa nature, son fonctionnement, ses ressources. Tout cela a été longuement exposé dans la grande Presse. C’est un simple souvenir qui me revient. C’était pendant une de ces terribles nuits dernières. Le thermomètre marquait 5* — 0, une brise glaciale soufflait, depuis vingt-quatre heures la neige était tombée, et dans ce moment le grésil, frappant sur mes carreaux, m’avait réveillé. — Mon Dieu, me disais-je, est-il possible qu’à cette heure et par ce froid sibérien, quelque créature humaine se trouve sans asile, exposée à ces rigueurs, peut-être et sans doute sans vêtements suffisants... Alors je me pris à bénir les fondateurs de la rue Tocqueville en pensant aux malheureux qu’ils abritaient pendant cette nuit terrible, et à la volupté que ces pauvres gêns devaient éprouver de se trouver couchés dans un lit aux chaudes couvertures. Mais je me promis aussi d’appeler sur cette œuvre éminemment sociale et morale tout l’intérêt de mes lecteurs. Je serais heureux que ceux qui le pourront allassent visiter l’éta-

Dans l’état actuel de la population de la ville, on peut estimer à 1,000 décès par an le tribut payé à la diphthérie; depuis plusieurs années, ce triste impôt prélevé sur toutes les catégories sociales s’accroît régulièrement : 1 ,008 en 1874 ; 1 ,328

en 1875; — 1,571 en 1876; — 2,393 en 1877.

L’année 1878, bien que cruellement chargée encore, ne compte que 1,995 décès par diphthérie; on pourrait craindre que ce ne soit là qu’une diminution momentanée, un de ces affaissements passagers que présentent les courbes épidémiques, alors même qu’on les observe dans leur phase ascendante ; je ne suis pas disposé à le penser, pour cette raison que je crois positive, à savoir : que la recrudescence saisonnière, habituelle au commencement de l’hiver, est restée relativement latente, puisque la mortalité par diphthérie du IV« trimestre est demeurée sensiblement égale à celle du trimestre précédent, ce qui serait une exception à la règle que nous considérons comme invariable.

Année 1898

DIPHTHÉRIE A PARIS

par arrondissements, par mois

et par trimestres

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Hôtel-de-Ville. | ||

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