‹ L'Union médicaleChapitre 40 sur 176 · VII. — Fièvré typhoïde · texte numérisé non relu

VII. — Fièvré typhoïde

La fièvre typhoïde, qui avait causé à Paris 3,158 décès en 1876, 2,215 en 1877, ne compte, en 1878, que 1,447 décès; comme fréquence et comme gravité,, elle est restée au-dessous de la moyenne calculée depuis 1867 ; sa marche saisonnière a été absolument normale, régulière, et de tous points conforme aux règles dont nous avons si souvent donné' la formule.

Nous n’ajoüterons qu’un seul mot, c’est que, selon nos prévisions formulées par avance, et malgré la réunion de toutes les conditions classiques du développement de la fièvre typhoïde : encombrement, acclimatement, etc. , réalisées à Paris dans le cours de cette année 1878, la marche de la maladie a été exclusivement réglée par les lois précises que lui imposent les conditions constantes de la saison et les CONDITIONS VARIABLES de l’ÉTAT Dü SOL.

1° Statistique de la ville.

IVe Ttimestre 1878

Fièvre typhoïde à Paris

par arrondissement et par mois.

CQ

Luxembourg. | o> |

Saint-Laurent. | g |

CO

’Sô

SS

Batrgnolles. | g |

Chaumont. 1 g |

Octobre .

Novembre . .

fi

Décembre. .......

Totaux par arrondissement.

ïo

2° Statistique des hôpitaux.

Fièvre typhoïde

dans les hôpitaux de Paris

STATISTIQUE COMPARÉE de Tannée 1878 et de neul années antérieures

Années 1867 , 68, 69 (1), 72,

Mouvement

Décès

Proportion

centésimale

Moy. ann.

Mouvement

Moyenne

dès décès 1

Moyenne ,

centésimale

Janvier .

Février .

Mars .

Avril . .

Mai . .

Juin . .

Juillet .

Août . . .

Septembre .

Octobre .

Novembre .

Décembre .

Totaux .

mi

(1) Les années 1870-1871, années de guerre étrangère et de guerre civile,, ont été omises à dessein.

Hôpital Cochin. — M. Bucquoy : « En général, dans ce dernier trimestre, je n’ai qu’à vous signaler exceptionnellement des cas de fièvre typhoïde. Cette fois, j’en ai eu constamment

trois ou quatce chaque mois. Elles ont été bénignes, conome, les fièvres qui répondent à une fin d’épidémie^ Deux ou trois fois j’ai noté des formes abortives, et pu à peine affirmer que ce fût bien de véritables fièvres typhoïdes plutôt que des synoques prolongées ou imputrides des auteurs anciens. »

Hôpital Lariboisière. — M. Féréol : « Le nombre des malades et la gravité de la maladie se sont accrus pendant ce quatrième trimestre ; les formes thoraciques ont prédominé. Un malade a succombé avec une complication de pneumonie lobaire (hépatisation grisé de tout le lobe inférieur gauche) survenue subitement dans le cours du deuxième septénaire. Un autre malade, entré avec une trachéite qui fit, pendant vingt-quatre heures et avant l’apparition des taches, hésiter le diagnostic du côté de la grippe, a succombé rapidement à une pneumonie lobaire de tout le lobe supérieur droit; ces deux malades ont présenté un abaissement de température (36 degrés) fort singulier (sans hémorrhagie intestinale) ; le premier, pendant quarante-huit heures, deux jours avant la mort ; le second pendant quelques heures seulement, et au moment de mourir. La complication de la pneumonie est assez rare dans la fièvre typhoïde pour qu’on ait reproché' aux bains froids de l’avoir fait naître. Les deux malades en question n’ont pas pris de bains froids; mais l’un d’eux a subi pendant quelques heures l’application d’un sac de glace sur l’abdomen pour combattre un météorisme considérable, qüi a cédé du reste à ce moyen. Et c’est deux jours après la suppression de la glace que les signes de la pneumonie ;ônt été constatés. i>

Hôpital Saint-Antoine. — M. Fernet : « La fièvre typhoïde a été représentée dans mon service par 7 cas, sur lesquels on compte 1 décès survenu au troisième jour de l’entrée à l’hôpital, 2 malades encore en traitement au let janvier, U guérisons. La plupart des cas étaient de moyenne intensité. Chez deux malades qui présentaient une fièvre vive et des accidents cérébraux commençants, j’ai administré l 'ergot de seigle pulvérisé à la dose de 60 à 80 centigrammes par jour en quatre prises, suivant les indications du docteur Duboué (de Pau) ; cette médication m’a paru absolument inoffensive; la fièvre a plutôt diminué et le délire n’a pas persisté; ces deux malades ont guéri. Chez un autre malade, la fièvre typhoïde a revêtu les apparences de la méningite cérébro-spinale et a simulé celte maladie, ainsi que j’en ai déjà observé plusieurs exemples que je compte publier prochainement. »

Page 1