‹ L'Union médicaleChapitre 52 sur 176 · CLERMONT-FERRAND. — M. FREDET · texte numérisé non relu

CLERMONT-FERRAND. — M. FREDET

(Population civile.)

« Nous devons signaler d’abord l’absence de fièvres éruptives, pendant ce dernier trimestre, tant à l’Hôtel-Dieu qu’à l’Hôpital-Général. La note dominante, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, est donnée par les affections rhumatismales et bronchiques, et la fièvre typhoïde. Les adultes seuls, dans les deux hôpitaux, ont été atteints par la fièvre typhoïde; les enfants en ont été exempts, mais il n’en a pas été de même en ville, ou on a dû, pour empêcher l’épidémie de s’étendre, licencier plusieurs pensionnats. A l’hôpital, elle a présenté une certaine gravité pour 6 malades (3 hommes et 3 femmes). La courbe de cette maladie, qui avait haussé à l’entrée de l’automne, comme on l’observe annuellement, a baissé d’une manière très-sensible depuis que la température s’est refroidie et que la pression barométrique s’est élevée.

20 cas de fièvre typhoïde ont été traités, dans ce dernier trimestre, à l’Hôtel-Dieu (11 chez les hommes, 9 chez les femmes). L’âge des sujets variait de 15 à 40 ans. U y a eu 6 décès sur ces 20 cas.

Il est à noter que le sexe féminin fournit plus à l’élément névralgie que le sexe masculin. Un nombre de femmes proportionnellement plus considérable a élé, en effet, atteint de névralgies diverses : névralgie faciale, et gastralgie principalement. En outre, quelques cas d’érysipèle se sont montrés dans les salles de femmes, ce qui n’a pas eu lieu chez les hommes.

Enfin, il convient de signaler l’apparition en ville de quelques cas de scarlatine. »

CLERMONT-FERRAND. — M. BARBERET.

(Population militaire : 13e corps d’armée.)

« Les salles militaires de l’Hôtel-Dieu de Clermont ont reçu, pendant le quatrième trimestre ^(i) Suite et fin. — Voir les numéros des 4, 8, 13, I S et 20 février.

« De 22 à 2 4 ans, les hommes célibataires se marient dans la proportion de 46 pour 1,000 vivants, et par an. Mais ceux qui deviennent veufs dès cet âge se précipitent vers un nouveau mariage dans la proportion de 213 pour 1,000, c’est-à-dire près de cinq fois plus.

« Aux âges où le mariage est le plus recherché par tous les hommes, c’est-à-dire entre 25 et 35 ans, les garçons y convolent dans la proportion de 110 et 112 pour 1,000. Mais, pour les veufs, le mariage semble un besoin absolument impérieux : 327 et 356 pour 1,000 se marient chaque année.

« Aux âges suivants, l’ardeur au mariage décline pour les uns comme pour les autres, mais toujours, à tous les âges et sans aucune exception, la nuptialité des veufs reste trois et quatre fois plus grande que celle des célibataires du même âge.

« Et les divorcés? A priori , la réponse paraît aisée : il semble qu’ils ne doivent se remarier que par exception... Si plausibles que soient ces raisonnements, l’expérience leur donne tort. Jusqu’à 25 ans, à vrai dire, la nuptialité des divorcés est un peu moindre que celle des célibataires ; mais, à partir de cet âge, ils prennent leur revanche. De 30 à 35 ans, leur nuptialité l’emporte de moitié sur celle des célibataires, et elle continue à augmenter trèsrapidement jusqu’à 45 ans, époque à laquelle elle vaut six fois celle des célibataires et dépasse même celle des veufs. »

Ces résultats s’appliquent au sexe mâle, et vous voudriez bien savoir s’il en est de même pour le sexe féminin, si les veuves et les divorcées mettent le même empressement à contracter de nouveaux liens? Eh bien, cher lecteur, lisez le curieux mémoire de M. Jacques Bertillon, et vous serez édifié à cet égard, Ce jeune homme marche avec distinction sur les

qui vient de s’écouler, 188 malades, dont 126 fiévreux, qui, ajoutés à 40 restant du trimestre précédent, forment un total de 166 malades, représentant pour 1,000 hommes d’effectif : en octobre, 4,7; en novembre, 17,1 ; en décembre, 9,7. Le nombre des décès a été de 10 pour la fièvre typhoïde, 2 affections du cœur, 1 pneumonie.

L’état sanitaire du mois d’octobre a été très-bon, mais il est devenu subitement mauvais au mois de novembre par l’apparition d’une courte, mais grave épidémie de fièvre typhoïde, suivie de 18 cas de variole au mois de décembre. En octobre, l’effectif des troupes de Clermont était très-faible par suite du départ de la classe, et les influences climatériques n’avaient rien d’exces if; ces conditions ne furent pas les mêmes dans les deux mois suivants, exceptionnellement rigoureux, et l’effectif s’est élevé à plus du double à l’arrivée des recrues.

C’est à partir du 4 novembre que se montrèrent les premiers cas de fièvre typhoïde. On n’en vit p*us dans la seconde quinzaine de décembre. Cette courte épidémie a eu un début bru que et n’a pas été précédée, comme nous l’avons observé d’autres fois, par des affections prémonitoires (embarras gastriques, etc.) ; elle a été, du reste, toute locale , et a sévi presque exclusivement sur le 16e régiment d’artillerie. Les 7 lyphoïques envoyés par le 36e d’artillerie étaient en subsistance au 16* d’artillerie, ou venaient d’y faire le service. Le 19' dragons, qui en a présenté 8 cas, est logé dans le même quartier que le 16e d’artillerie.

En même temps s’observaient en ville, et avant même le début de l’épidémie militaire, un certain nombre de cas de fièvre typhoïde dans des familles, et particulièrement dans des établissements d’éducation ; les cas ne se sont produits que dans la partie sud de Clermont, où se trouve situé le quartier du 16e d'artillerie.

Les causes de cette apparition anormale de la fièvre typhoïde, qui habituellement sévit pendant le troisième trimestre à Clermont, nous semble surtout provenir de l’abaissement brusque de la nappe d’eau souterraine coïncidant avec une température assez élevée au mois d’octobre. D’autres causes météorologiques et d’autres conditions typhoïgènes spéciales à la ville de Clermont ont certainement pris une part activé dans cette épidémie, mais il serait trop long de les énumérer dans cette note; nous en avons, du reste, fait ailleurs l’objet d’une étude spéciale.

Pendant ce même trimestre, nous avons observé, comme l’année dernière, un certain nombre de cas de variole immédiatement après l’épidémie de fièvre typhoïde. Ces cas ne se sont manifestés jusqu’ici que dans la population militaire, où, du reste, nous avons pu remonter parfaitement à l’origine de la contagion et en suivre les progrès.

La variole a été apportée dans la garnison par un soldat nouvellement arrivé au corps , et venant d’un village du département de la Haute-Loire, décimé par une épidémie de variole. Cet homme est entré à l’hôpital trois jours après son arrivée ; 8 cas de varioloïde se sont ensuite produits dans les salles de l’Hôtel-Dieu et 9 cas nouveaux ont été envoyés par les divers corps de la garnison.

On peut donc dire, au point de vue de la contagion, que le milieu variolique n’existe pas

pas de son laborieux et savant père. Voilà de la bonne et utile statistique, car en même temps qu’elle peut éclairer l’économiste et le législateur, elle détruit des préjugés répandus par des moralistes chagrins ou des romanciers mal instruits.

Dr Simplice.

École de médecine de Besançon. — M. Coutenot, professeur de clinique interne à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Besançon, est autorisé à se faire suppléer, pendant le premier semestre de l’année scolaire 1878-79, par M. Gauderon, suppléant des chaires de clinique et de pathologie internes à ladite École.

Nécrologie. — On annonce la mort d’un savant allemand éminent, le docteur Benedict Stilling, qui est décédé il y a quelques jours à Cassel, où il avait présidé avec éclat, il y a quelques mois, la réunion générale des médecins et naturalistes allemands. Praticien éminent, travailleur infatigable, des recherches anatomiques et physiologiques persévérantes et minutieuses lui avaient valu une solide réputation qui a franchi les frontières de son pays. Claude Bernard faisait le plus grand cas de ses travaux ; l’Académie des sciences en a couronné plusieurs. En 1857, il obtint le prix Montyon de 1,200 fr. pour des publications importantessur la structure de la moelle allongée, du pont de Varole, etc. ; en 1861, le prix Montyon de physiologie expérimentale pour son ouvrage sur la moelle épinière ; en 1870, le prix Barbier pour ses études sur 1 ovariotomie. Stilling venait de terminer un fort volume sur l’anatomie du cervelet lorsque la mort l’a frappé, il était ami de la France, où il comptait de nombreuses relations. ( Journal des connaissances médicales .)

à Clermont, puisque la population n’en est nullement atteinte, que nous sachions. Reste à savoir si ce milieu surviendra ultérieurement, car l’épidémie continue à sévir pendant le mois de janvier. Nous ferons, comme l’an dernier, tous nos efforts pour isoler nos malades, mais nous craignons que ces mesures soient insuffisantes.

En général, l’état sanitaire des garnisons du 13e corps d’armée a été bon, si on le compare à celui du même trimestre des années précédendes. La mortalité de tout le corps d’armée a été de 16 sur 464 malades entrés aux hôpitaux, dont 334 étaient fiévreux. La proportion de ces derniers, pour 1,000 hommes d’effectif, a été de 37,3. »

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