LE PRINTEMPS ET MA GQÇTTE
De retour sur notre terre ,
Le soleil resplendissant L’inonde de sa lumière ,
Et d’un rayon bienfaisant Ressuscitant la nature.
Force la naissante fleur A poindre sous la verdure ,
En frissonnant de bonheur.
Et moi, pendant ce temps, arrêté dans ma route ,
Tristement étendu sur mon lit de douleur ,
Je me dis, torturé par l’implacable goutte ,
Que l’aspect d’un beau jour ne fait pas le bonheur.
Le matin, de l’alouette J’entends les trilles joyeux ;
Le soir, j’entends la chouette Jeter son cri ténébreux.
a donc eu une évolution tuberculeuse dans les méninges du côté droit de l’encéphale, et qui a entraîné des symptômes inflammatoires du côté des enveloppes cérébrales; puis ces symptômes se sont calmés, et l’évolution tuberculeuse s’arrêtant, notre malade est momentanément guéri. Je reçois d’ailleurs de lui une lettre datée du 25 novembre, qui m’annonce que le médecin de Yignacourt, où il se trouve en ce moment, le docteur Bouzy, a constaté son bon état de santé.
Notre traitement a été pour peu de chose dans son rétablissement. Nous avons d’ailleurs employé le traitement classique, c’est-à-dire que nous lui avons donné le calomel à doses fractionnées; nous y avons joint du bromure de potassium; des vésicatoires ont été appliqués sur la partie antérieure de la poitrine, et de la glace a été mise sur sa tête.
Ce n’est pas le premier fait que j’observe de méningite tuberculeuse présentant une rémission dans sa marche. Lorsque j’étais médecin du Bureau de bienfaisance du VIIe arrondissement, il y a une douzaine d’années, je me rappelle avoir observé une petite fille de l’avenue de Ségur, qui présentait tous les symptômes de la méningite tuberculeuse; elle guérit cependant, et, pendant quelques années, j’ai pu la suivre ; elle n’a jamais présenté depuis de symptômes méningitiques.
D’ailleurs rien ne s’oppose à admettre que l’évolution tuberculeuse du côté des méninges suive la même marche que la tuberculose des autres organes, et de même que nous voyons à chaque instant cette tuberculose s’arrêter dans sa marche du côté du péritoine, du poumon ou de la plèvre, des ovaires et des testicules, de même aussi nous pouvons croire que la tuberculose méningée peut cesser à un moment donné son évolution ; je crois qu’un grand nombre de médecins ont observé des cas semblables, et si j’ai insisté si longtemps sur ce fait, c’est qu’il me paraît important, au point de vue clinique comme au point de vue thérapeutique, de montrer par des faits aussi rigoureusement observés que possible la curabilité de la méningite tuberculeuse.
L’oiseau cherche sa compagne ,
Et par ses tendres refrains L’appelle dans la campagne,
Dans les bois, dans les chemins.
Et moi, pendant ce temps, arrêté dans ma route, Tristement étendu sur mon lit de douleur,
Je me dis, torturé par l’implacable goutte,
Que les chants des oiseaux ne font pas le bonheur.
L’insecte sort de sa couche Qu’échauffe un soleil nouveau ;
J’entends bourdonner la mouche Qu’éveille le renouveau.
L’aragne file la toile Où la mouche se prendra,
Dans les replis de ce voile Elle guette son repas.
Et moi, pendant ce temps, arrêté dans ma route, Tristement étendu sur mon lit de douleur,
Je me dis, torturé par l’implacable goutte,
Qu’un repas, même bon, ne fait pas le bonheur.
Puis, lorsque vient la nuit sombre,
Soleil, insectes, oiseaux.
Doucement couchés dans l’ombre,
Jouissent de leur bon repos.
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
Étdde sür l’hématocèle péri-utérine survenant dans le cours de la fièvre typhoïde, par M. le docteur Marius Guyot. Paris, 1879.
L’histoire de l’hématocèle péri-utérine, malgré les nombreux travaux français et étrangers publiés sur ce sujet, n’était point, paraît-il, complètement achevée. La thèse dont nous donnons le titre plus haut, et que nous allons essayer d’analyser brièvement, vient d’y ajouter des documents nouveaux et très-importants, si les conclusions de l’auteur sont exactes.
Ce travail se divise en deux parties.
Dans la première se trouvent quatre observations de malades atteintes de fièvre typhoïde, chez lesquelles survinrent, dans la quatrième semaine, des hématocèles péri-utérines. M. Guyot voit, dans ce fait, plus qu’une simple coïncidence et, pour l’expliquer, invoque (théoriquement) l’altération hémorrhagipare du sang, les troubles des vaso-moteurs et l’état de profond affaiblissement qui est si fréquent chez les typhiques à cette période de la maladie. U montre en outre combien, dans les observations, les symptômes de l’hématocèle ont ressemblé à ceux de la perforation intestinale, et insiste sur le diagnostic différentiel de ces deux affections. Il est probable d’ailleurs que la confusion a dû être commise, puisque l’on ne trouve relatée aucune observation semblable à celles apportées par M. Guyot. Nous regrettons, à propos de ces quatre faits, l’absence de nécropsie, qui leur aurait donné une réelle et incontestable valeur.
C’est à démontrer la confusion qui a été faite par les auteurs entre la perforation intestinale et l’hématocèle péri-utérine survenant pendant le cours de la fièvre typhoïde, qu’est employée la deuxième partie. La possibilité de guérison de la perforation intestinale, dans la fièvre typhoïde, est admise par quelques auteurs, niée par d’autres. Sans accepter ni rejeter aucune opinion à ce sujet, le docteur Guyot a recherché les cas de perforations intestinales guéries, publiées depuis le commencement du siècle. Il en a recueilli l/i , dont l’étude et la comparaison lui ont fourni les résultats suivants : Sur ces 1 Ix observations, 11 se rapportent à des femmes âgées de 18 à ÛO ans, 3 à de jeunes enfants du sexe masculin. Mais jamais un homme n'a guéri. C’est cependant chez l’homme que se rencontre le plus fréquemment la perforation intestinale. En outre, en étudiant ces observations, on voit : 1° qu’une seule est parfaitement probante; 2* neuf ne prouvent rien, ou tout au moins ne sont que des observations de péritonite sans perforation; 3° quatre, enfin, paraissent être incontestablement des observations d’hématocèles péri-utérines méconnues. Ces quatre dernières sont reproduites in extenso dans la thèse.
Arrivant à la suite des observations publiées dans la première partie, cette dernière interprétation paraît sinon parfaitement vraie, du moins très-vraisemblable. C’est donc une voie nouvelle que le docteur Guyot a voulu ouvrir au diagnostic. Il l’a fait avec un talent sérieux
Côte à côte avec sa poule ,
Dans la nuit, le coq joyeux Chante, pendant que roucoule Le pigeon tout amoureux.
Et moi, pendant ce temps, arrêté dans ma route, Tristement étendu sur mon lit de douleur,
Je me dis, torturé par l’implacable goutte,
Qu’un bon lit et l’amour ne font pas le bonheur.
Le bonheur ! Il se trouve Même dans la douleur.
Bien vite je le prouve En écoutant mon cœur.
Je vois mon Octavie ,
Et son regard aimant A mon âme ravie Porte un calme charmant.
Elle, toujours souffrante,
M’instruit à bien souffrir,
M’apprend que c’est la rente Que, pour certain plaisir,
Il me faut, sur la terre,
d’observalion, se gardant bien de conclusions absolues et prématurées, quoique, dans son esprit, la conviction paraisse être faite. Ce qu’il a parfaitemént démontré, c’est la nécessité d’un diagnostic différentiel, qui s’imposera dans tous les cas d'accidents aigus abdominaux survenant dans le décours de la fièvre typhoïde, chez les femmes, et qui permettra, dans bien de3 occasions, de porter un pronostic moins sévère, *-* D.
ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 17 mars 1879, — Présidence de M. Dadbkée.
M. le secrétaire perpétuel mentionne, avec une satisfaction visible, une note de M. Riban sur la faculté que possède le protochlorure de cuivre de se combiner avec l’hydrogène phosphoré. C’est là, paraît-il, un fait très-nouveau, très-inattendu et qui aura une influence considérable sur la philosophie chimique.
M. le professeur Marcanio a examiné au microscope, avec un grossissement de 500 diamètres, les poussières qui, le 24 février dernier, furent apportées par un violent sirocco à Naples, à Palerme et à Termini, sirocco qui fit monter la température à 33° au-dessus de zéro. Dans ces poussières existaient de très-nombreux grains nojrs, absolument semblables au fer météorique, aux sphérules magnétiques qui ont été signalés par MM. Stanislas Meunier et Gaston Tissandier.
M. Dumas présente, de la part des auteurs, trois volumes qui ont paru récemment et qui tous les trois sont relatifs aux travaux de l’Académie des sciences ; ce sont : Y Année scientifique et industrielle (t. XXII), par M. Louis Figuier ; la Revue scientifique, recueil des articles publiés dans le journal la République française par M. Paul Bert, et les Causeries scientifiques de M. Henri de Parville. M. le secrétaire perpétuel fait remarquer que ces différents volumes, bien que traitant des mêmes matières, ont cependant chacun leur physionomie propre et s’adressent à des catégories distinctes de lecteurs, ou mieux, se complètent les uns les autres, et peuvent être lus, sans faire triple ni double emploi, par les mêmes lecteurs. M. Louis Figuier s’attache principalement à donner le tableau entier des découvertes ou des nouveautés qui ont surgi durant l’année 1878. C’est le catalogue complet du mouvement scientifique et industriel des douze mois écoulés. La partie biographique y est traitée avec un soin tout particulier.
A celte occasion, je signalerai à M, Louis Figuier une erreur qu’il a commise dans la notice nécrologique qu’il consacre à Cl. Bernard : Ce n’est pas le 10 juin 1878 que l’illustre physiologiste est mort, c’est le 10 février. Mon savant confrère me permettra-t-il de lui
Payer avec bonheur ;
Que ce devoir austère Se fait non sans douceur ;
Qu’enfin c’est peu de chose,
Même que ce n’est rien ,
A mon mal si j’oppose Tes maux, ô Christ divin !
Ne vous irritez pas trop de cette dernière strophe, ô mes confrères libres penseurs ! C’est un cri de consolation et d’espérance ; je n’ai pas eu la çruauté de le supprimer au malheureux souffrant. D* Simplice.
Prix. — La Société contre l’abus du tabac met au concours, pour 1879, trois prix de 100 fr., deux prix de 200 fr., un prix de 300 fr. Ces prix seront décernés aux auteurs des meilleurs mémoires envoyés en réponse aux questions spéciales qui ont été proposées. En outre, des récompenses en médailles, livres ou mentions honorables seront offertes, en séance solennelle, aux personnes qui, par leurs travaux, leurs efforts de propagande, ou tous autres services rendus à l’œuvre, auront contribué à son influence et à son développement. Le programme détaillé du concours sera adressé à tous ceux qui en feront la demande, 5, rue Saint-Benoît, à Paris.
exprimer l'étonnement que m’a causé le ton général de cette notice ? Personne n’a publié la discussion assez vive, mais à coup sûr fort honorable, qui a été soulevée, il y a longtemps déjà, par M. L. Figuier à propos de la fonction glycogénique du foie, On ne l’a pas oubliée, et on la croyait jugée. M. Figuier ayant gardé le silence pendant de longues années, on en concluait qu’il s’était rangé à l’avis de son adversaire et qu’il avait été, comme tout le monde, convaincu par les expériences entreprises pour répondre à ses propres objections, Je suis donc, pour mon compte, tout surpris de voir qu’au « lendemain de la mort » de Cl, Bernard, M. Louis Figuier reprend son ancienne thèse et oppose à la découverte de la glycogénie hépatique, les mêmes objections que par le passé. Mais ce n’est ni le lieu ni le moment d’approfondir cette question, et je reviens à la présentation de M. Dumas.
La Revue scientifique de M. Paul Bert et les Causeries scientifiques, de M, de Parville Pût un caractère plus personnel quel ' Année scientifique. Si M. Louis Figuier se propose surtout d’être un rapporteur fidèle, ses deux émules se laissent aller davantage à leurs impressions, et donnent une plus large place à leurs appréciations, Chacun d’eux suit d’ailleurs la peple de ses études habituelles. M, de Parville, qui est ingénieur, donne plus d’importance aûx sujets de l’ordre mécanique; M. Paul Bert traite avec prédilection les questions physiologiques.
M, Du Moncei met sous les yeux de ses confrères un nouveau téléphone d’une construction extrêmement simple, Il consiste en une planchette à laquelle est fixée une spirale de fil de fer. Lorsque cet appareil rudimentaire est mis en communication avec un courant, il peut transmettre la voix à une grande distance. Les sons, à la vérité, sont faibles. On |es renforce dans une proportion considérable en soudant une masse métallique au fil de fer, Le mécanisme du renforcement est, jusqu’à présent, inexpliqué.
M. Jamiu explique, au tableau, que l’arc électrique lumineux qui se produit entre deux charbons se comporte à la manière d’un courant, et peut être, à volonté, déplacé, fixé, et, par conséquent, utilisé mieux qu’il ne l’a été jusqu’ici. Il expose, en outre, que la lumière électrique employée pour l’éclairage public est une lumière violette, et que la plus grande partie, dirigée vers le ciel, est perdue quant à l’objet qu’on se propose. A l’aide de la chaux, disposée d’une façon qu’il indique, la lumière deviendra blanche et pourra être réfléchie tout entière sur ce que l’on voudra éclairer.
M. Dumas rappelle, à ce sujet, que lorsque Davy annonça que, dans le vide, on peut écarter les charbons sans que la flamme cesse, Arago, qui n’avait alors à sa disposition aucune pile assez puissante pour produire ces phénomènes lumineux, écrivit à Pavy et le pria de vérifier si la flamme ne se comportait pas comme un courant, c’est-à-dire si elle oe pouvait être modifiée, infléchie, changée de direction par l’infiuenqe d’un autre courant» selon le? lois d’ Ampère. L’expérience faite par Davy confirma les vues d’ Arago.
M. Bouillaud dépose sur le bureau le Traité de percussion, et d’auscultation, par M, le docteur Woillez. L’illustre professeur entre dans les détails du plus haut intérêt sur la découverte de Laënnec, qui date de 1819 et à laquelle on n’a, depuis cette époque, rien ajouté, H voudrait que les inventeurs de téléphones et de microphones trouvassent un instrument assez sensible pour nous faire entendre les bruits du passage du sang dans les cavités du cœur à l’état physiologique. Cela serait curieux et intéressant, on n’en peut douter, mais la clinique, heureusement, ne souffre aucun dommage du retard de cette découverte.
M. Vulpian présente, au nom de M. Charles Rouget, professeur de physiologie à la Faculté de Montpellier, un mémoire sur l’évolution des glandes sexuelles chez les mammifères; — au nom de M. Couty, professeur de physiologie au Brésil, un travail sur la non-excitabilité de l’écorce grise du cerveau ; — et, au nom de M. Bitot, de Bordeaux, une note sur les expansions pédiculaires du cerveau, avec des planches photographiques. — M. L.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du 13 décembre 1878. — Présidence de M. Labric.
(Suite et tti). — Voir le numéro du 11 mars.)
M. Düjardin-Beaumetz lit une note relative au traitement et à la guérison de la méningite tuberculeuse. (Voyez plus haut.)
M. Vallin ; La communication de M. Dujardin-Beaumetz me fournit l’occasion de produire deux observations, recueillies en ces dix dernières années, et qui ont fortement frappé mon esprit ;à plusieurs reprises j’ai voulu les soumettre à la Société comme des cas de guérison, temporaire au moins, de tuberculisation cérébrale ; je craignais un peu trop qu’on ne me dit : Une méningite tuberculeuse qui a guéri n’est ni une méningite ni du tubercule. Voici cependant la première observation ; il s’agirait ici de tuberculisation méningée plutôt que de méningite t
M..., matelot de l’État, âgé de 21 ans; constitution délicate, mais santé assez bonne jusqu’ici. Il a passé quatre ans en rade de Civitta-Vecchia, de 1864 à 1869; n’a eu que de rares accès de fièvre. Arrive à Rochefort en mai 1869. Une toux rebelle et quelques accès de fièvre intermittente le font entrer à deux reprises à l’hôpital. Le 15 août, il est envoyé en convalescence à Paris, dans sa famille, pour anémie. Il n’a jamais eu ni maladie vénérienne ni syphilis. Du 20 au 30 août, malaise général, anorexie ; céphalalgie occipitale insupportable qui nécessite l’application à la nuque de deux vésicatoires pansés avec la morphine. Le 1er août, anorexie complète, sensation de faiblesse, marche difficile, tendance au vertige; la langue s’embarrasse, la parole est hésitante; vomissements trois à quatre fois chaque jour, constipation; un peu de chaleur le soir, agitation et rêvasseries pendant la nuit. Le 6 septembre, le malade entre dans mon service au Val-de-Gràce.
Le 7 septembre, au matin, je constate l’état suivant : amaigrissement très-grand, faciès exprimant la terreur,, sourcils froncés, anxiété du regard. Peau fraîche, température axillaire 37,8; pouls à 64; le malade répond avec lucidité, mais avec mauvaise humeur, à nos questions. Constipation depuis trois jours; vomissements quatre ou cinq fois par jour; anorexie complète; ventre déprimé; rate un peu volumineuse, non douloureuse; diminution du bruit respiratoire sous la clavicule droite; sonorité normale; état normal de la plèvre, du cœur, de l’urine. Actuellement, céphalalgie moindre; un peu de photophobie; pas de strabisme ni de diplopie; pupilles contractiles. Le soir, température 38,4 ; pendant la nuit, rêvasseries bruyantes qui gênent ses voisins.
Les dix jours suivants, continuation des vomissements (huit ou dix fois par jour), de l’hébétude, de la somnolence, de l’anxiété et de l’embarras de la parole. La photophobie augmente, le malade se cache la tête sous sa couverture, il répond par monosyllabes et avec mauvaise humeur. Anorexie absolue; la constipation n’a cédé qu’au troisième purgatif (calomel et jalap). Le matin, apyrexie complète; délire la nuit; le soir, température 38,0 à 38,4. Deux vésicatoires à la nuque ; iodure de potassium, 2, puis 4 grammes par jour.
Le 17 septembre, un peu de Strabisme ; le malade accuse spontanément de la diplopie pour la vue des objets éloignés ; les objets rapprochés sont vus simples ; sommeil tranquille.
Du 17 au 25, les vomissements ne reviennent plus que trois fois par jour; anxiété un peu moindre; le malade commence à avoir de l’appétit. Constipation rebelle. L’articulation des mots devient meilleure, l’hésitation dans la parole est moindre. La diplopie et le strabisme persistent. A partir du 30 septembre, l’amélioration se dessine davantage; les vomissements ont cessé; la marche est moins pénible, mais s’accompagne de vertige; le malade traverse seul la salle pour la première fois le 1er novembre; ce vertige, cette hésitation, ainsi que la diplopie persistent jusqu’au milieu de novembre.
Le malade quitte l’hôpital le 24 décembre, en bonne santé et ne présentant plus trace de cette affection pour laquelle j’avais porté, par exclusion, le diagnostic : tuberculisation méningo-encéphaliqu'e.
Je me demande, en effet, à quelle affection autre que des tubercules des méninges ou du cerveau, on aurait pu attribuer les symptômes graves que je viens d’énumérer. Je le répète, ce jeune homme de 21 ans n’avait jamais eu la syphilis, il n’en avait aucune trace, il n’avait même jamais eu de maladie vénérienne. La tuberculose primitive de l’encéphale, pour ainsi dire inconnue chez l’adulte, n’est pas très-rare chez le soldat; on en voit un ou deux cas chaque année sur la table d’autopsie, et aujourd’hui encore, devant les mêmes symptômes, je ne vois pas quel autre diagnostic j’oserais porter ; je reconnais toutefois que le diagnostic est incertain, et qu’il faut des faits plus rigoureux pour établir la curabilité relative des tubercules encéphaliques.
Le second cas est est celui d’un enfant de 2 ans que j’eus l’occasion d’observer à Batna, en Algérie, dans une localité non palustre et pendant l’hiver de 1872. Cet enfant avait beaucoup maigri depuis un mois, il était devenu triste et plaintif; l’appétit était très-irrégulier, Tentant vomissait presque chaque jour; il se réveillait en sursaut pendant la nuit et gémissait ou criait pendant plusieurs heures. On voyait se succéder rapidement, parfois à plusieurs reprises dans la même journée, des alternatives de pâleur et de froid, puis des rougeurs de la face, avec élévation de la température anale jusqu’à 39°. D’ailleurs le sulfate de quinine, donné à dose relativement forte, en lavements et en injections hypodermiques, ne produisit aucun effet. Iodure de potassium, 30 puis 60 centig. par jour.
Ces accidents, après avoir duré quinze jours, s’apaisèrent et l’enfant semblait entrer en naenèrp80!61106*' Mai?’ dix iours Plus tttrd» k fièvre, les vomissements reparurent et s’accom- Fnmha ïois de convulsions qui se renouvelèrent cinq fois en trois jours. L’enfant
au réveil i'IÎS.-SSfî®00? d,°nt il ne sortait <ïDe Pour Poussei' des cris incessants. Un malin, , ] constatai un strabisme interne très-prononcé de l’œil droit, qui n’existait pas la
L’UJNIOiN MEDICALE.
veille. Cependant, à ma grande surprise, les symptômes s’apaisèrent une deuxième fois ; l’appétit et le calme reparurent; la convalescence devint réelle, et deux mois après le début, la santé était assez bonne, malgré la persistance du strabisme. Six mois plus tard, dans un voyage à Biskra, je revis l’enfant, qui habitait alors cette ville; la mère me raconta que deux mois avant il avait encore eu une crise très-forte, le médecin avait déclaré que l’enfant avait une méningite, et cependant les accidents s’étaient heureusement dissipés. L’année suivante, plus de quinze mois après la première crise, je revis encore cet enfant, qui était dans un bon état de développement; le strabisme était persistant, et la mère me demandait des conseils pour une surdité incomplète, mais évidente, qu’elle avait constatée chez son enfant, alors âgé de 4 ans.
Ces deux faits me paraissent pouvoir être rapprochés de celui que vient de nous exposer M. Beaumetz. Je ne crois pas qu’il s’agisse ici de guérison définitive, mais bien de guérison temporaire. Pourquoi ne se ferait-il pas dans les méninges des poussées comme dans le poumon et d’autres organes, où nous trouvons quelquefois des tubercules comme oubliés et assez bien tolérés ? Ce qui me semble rendre cette hypothèse probable, c'est que nous rencontrons parfois à l’autopsie, à côté des granulations récentes des méninges qui ont amené la mort, des noyaux tuberculeux plus ou moins volumineux dans le parenchyme. J’ai déjà cité le cas d’un homme de 28 ans, d’apparence athlétique, de santé parfaite, cavalier à l’escadron des cent-gardes, et qui mourut dans mon service après huit jours au plus de maladie. Je trouvai des granulations miliaires extraordinairement fines, à peine visibles, remplissant le poumon ; des granulations méningées avec liquide lactescent dans les mailles de la pie-mère; mais à côté de cette éruption suraiguè qui avait amené la mort, je ne fus pas peu surpris de trouver dans la protubérance un noyau tuberculeux de la grosseur au moins d’une noisette, et dont la présence ne s’était révélée par aucun trouble appréciable de la santé en ces dernières années. Nous rencontrons quelquefois des cas analogues. Il serait désirable de rechercher, par des renseignements pris auprès des parents, si les sujets ont, dans ces cas, présenté longtemps auparavant des accidents cérébraux graves qui ont guéri contre toute attente. Il n’est pas invraisemblable que ces cas de guérison apparente correspondent à des poussées se terminant par le dépôt dans les tissus d’une masse tuberculeuse qui y est tolérée, parfois sans aucun trouble fonctionnel, et dont l’existence ne se révèle que lorsqu’une nouvelle manifestation de la diathèse fait succomber le malade.
M. Chauffard : Ne peut-on pas contester la nature tuberculeuse d’une affection, quand il n’existe qu’une seule granulation de la choroïde, granulation dont la nature même n’est pas absolument déterminée?
M. Féréol rapproche du cas de M. Beaumetz celui de Barth, publié dernièrement et dans lequel, après une guérison apparente, la mort survint à la suite d’une seconde attaque de méningite tuberculeuse. M. Cadet de Gassicourt en a observé de son côté, et le fait avait été déjà signalé par M. Barthez.
Par suite de la retraite de MM. Fauvel et Noël Gueneau de Mussy, médecins de l’Hôtel- Dieu, et par suite de la création de quatre services de médecine à l’hôpital Temporaire, le mouvement suivant a lieu dans le service médical des hôpitaux. (Voir I’Union Médicale du 17 décembre 1878.)
— La séance est levée à cinq heures.
Le secrétaire, Duguet.
Éphémérides Médicales. — 22 Mars 1775.
Mort, à l’âge de 64 ans, de Jean-Georges Model, conseiller de la Cour, premier apothicaire de l’impératrice de Russie, chef des pharmacies russes, assesseur du Collège de médecine, membre de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. — A. Ch.
FORMULAIRE
Traitement de la conjonctivite granuleuse. — Pierd’houy.
On plonge un pinceau à pointe mousse, légèrement humecté, dans de l’acétate neutre de plomb porphyrisé, et on le promène sur toutes les granulations, après que la muqueuse a été soigneusement essuyée. On répète la même opération, tous les 4 ou 5 jours, jusqu’à ce que les granulations soient atrophiées. — L’auteur affirme que ce traitement est plus court
et moins douloureux que quand ou cautérise avec lé sulfate dé cuivre ou le mitrate d'argent qü’il y a moins à craindre les cicatrices, et qu’il n'y a point à redouter les incrustations de la cornée par le plomb, même dans le cas d’ülceres. — N. G.
COURRIER
Présentation de canImdats a LA chaire d'histoire toE LA médecine et de médecine légale. — Hier, jeudi, la Faculté s’est réunie dans ce but. La séance, dit-on, a éta iheldentée et passablement orageuse.
Il a fallu trois tours de scrutin pour la présentation du candidat en première ligne pour la chaire d’histoire, MM. Laboulbène et Ollivier ayant obtenu chacun 15 voix aux deux premiers tours.
Au troisième tour* M. Laboulbène ayant conservé ses 15 voix, et M. Ollivier n'en ayant plus obtehu que 14, sera présenté en première ligne.
M. Ollivier sera présenté en deuxième ligne, et M. Chereau en troisième ligne.
A la suite de ce scrutin, la Faculté a décidé qu’elle emploiera son influence pour faire imprimer, par l’État, YHistoirè de la Faculté de médecine de Parisi par M. Ai Ghereau,
Pour la chaire de médecine légale, les Choses ont été plus faciles. M. Brouardel, qui n’avait pàS dé concurrents, a été présenté en première ligne, à l’unanimitéi
Faculté de médecine dé Paris. — Voici la liste des prix pour l’année 187? à 18?8, décernés par la Faculté de médecine de Paris ï
Pria; Barbier : 2,000 fr. — M. Martin, à Lyon, pour Un héz artificiel.
Pris Châteauvillard : 3,000 fr. — M. le docteur Proust, agrégé de la Faculté de Paris, pour son Traité d’hygi'ene.
Pris Gohvisart : 400 fr. — Ex æquo : M. Brun du Boisnoir et M. Augé, externe à la Charité,
Prix Môniyon : 700 fr. — M. le docteur Liégeois, pour son travail sur la scarlatine.
Prix Lacàzé i 10,00 fr. ^ M. le docteur Léon Colin, professeur au Val-de-Grâce, pour ses travaux sur la fièvre typhoïde, ainsi que nous l’avons annoncé dans notre dernier numéro.
Médecins dfs Bureaux de bienfaisance. — Liste des candidats pour l’élection médicale du dimanche 23 mars 1879:
Dans le sixième arrondissement , MM. les médecins sortants du Bureau de bienfaisance de cet arrondissement : Le Coin, Foucart, Panien, Monceaux, Venet, Gaye, Moreau, Tranchant, Bermont.
Dans le septième arrondissement, MM. les médecins sortants du Bureau de bienfaisance de cet arrondissement : Sàfrêt, Fodéré, Bàder, Cottiti, Passant, Méîié, Roux, Loiséaü.
Hôpital Saint-Louis. — Maladies de la peau. — M. le docteur Ë. Guibout reprendra ses conférences cliniques sur les maladies de la peau, à l’hôpital Saint-Louis, le samedi 29 mars 1879, à huit heures 1/2 du matin, et les continuera les lundis et samedis suivants, à la même heure. Les lundis seront consacrés aux maladies des femmes.
Hospice de la Salpêtrière. — M. le docteur Auguste Voisin reprendra Ses conférences cliniques sur les maladies mentales, le dimanche 23 mars, à 9 heures 1/2.
Boîte aux Lettres
M. D..., rue de la TouNd’ Auvergne. — Je n’ai reçu de vous aucune communication.
M. A..., île de la Réunion. — La brochure annoncée ne m’est pas encore parvenue.
M. G..., à Toulouse, — Sera tiréé à part, sous forme de brochure.
Etat sanitaire de la ville de Parts.— Population (recensement dè 1876} : 1,688,806 habitants.— Pendant la semaine finissant te 13 mars 1879, on a constaté 1,093 décès, savoir i Var[°.le» T8. — Rougeole, 20. — Scarlatine, 2. — Fièvre typhoïde, 40. — Érysipèle, 4. — Bronchite aiguë, 53. — Pneumonie, 70. — Dysenterie, 0. — Diarrhée cholériforme des enîants, 2. — Angine COuenneuse, 22. — Croup, 25. — Affections puerpérales, 8. — Autres accidtl0niS îrf U23 252, ~ Affections chroniques, 508. — Affections chirurgicales, 50. — Causes
Le gérant, Righelot.
Paris. — Typographie Félix Mlltestb et 0e, me des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
.No 5ü
L’UNION MÉDICALE Mardi 25 Mars 1879
Association Générale
DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS MUTUELS DES MÉDECINS DE FRANCE Vingtième Assemblée générale, tenue à Paris, les *© et îl Avril
M. le Président de l’Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de France vient d’adresser la circulaire suivante à MM. les Présidents et Délégués des Sociétés locales :
Paris, le 20 mars 1879.
Monsieur et très-honoré confrère ,
J’ai l’honneur de vous inviter à vouloir bien assister à l’Assemblée générale de l’Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de France, qui aura lieu le dimanche et le lundi 20 et 21 avril prochain, dans le grand amphithéâtre de l’Assistance publique, avenue .Victoria.
Je vous prie instamment, en m’accusant réception dë cette invitation, de m’indiquer si vous assisterez vous-même à cette Assemblée, et dans le cas où vous seriez empêché, de me faire connaître le ou les Délégués que vous auriez choisis, conformément aux statuts.
J’espère. bien que, vu l’importance des décisions que cette Assemblée générale aura à prendre, nous ne serons pas privés de votre présence, ou tout au moins de celle de vos Délégués. i
Veuillez agréer, Monsieur et très-honoré confrère, l’expression de mes sentiments dévoués.
Pour expédition :
Le Président , Henri Roger.
Le Secrétaire général^ Amédée Latour.
Par suite d’une décision prise dans la dernière Assemblée générale, :iMM, les Présidents et Délégués des Sociétés locales sont prévenus que le local de l’Association générale, 7, rue d'Aumale , sera mis à leur disposition le lundi matin, 21 avril, à partir de neuf heures.
FEUILLETON