NÉPHRITE ET SYPHILIS
(Suite et tin. — Voir le numéro du 25 mars.)
Ainsi donc, à côté de l’albuminurie et du zona, je trouve chez cet homme une éruption liée à la syphilis, syphilis dont je vois les phénomènes concomitants dans l’engorgement des ganglions et la porte d’entrée dans l’écoulement spécial qui a eu lieu par l’urèthre.
Mais il nous reste encore à déterminer à quelle éruption nous avons affaire, et à quel âge nous sommes de la syphilis.
Pour ce qui est d’abord de l’éruption, nous voyons qu’elle est constituée par des taches sans saillies, sans squames, je dirais presque par des macules, si g@s taches ne disparaissaient par la pression du doigt. Cette éruption, c’est la roséole.
La roséolé syphilitique, en effet, se présente sous quatre formes principales. La première espèce, appelée roséole vulgaire, est constituée par une multitude de petites taches rappelant celles de la rougeole, et qui donnent au corps une apparence marbrée.
Dans une seconde variété, les taches sont plus larges, plus étendues, de la dimension d’une pièce de 50 centimes à une pièce de 2 francs, en général arrondies, mais d’une façon irrégulière ; quelques-unes même sont triangulaires. Cette deuxième espèce à été décrite, et je l’ai surtout indiquée moi-même sous le nom de roséole en plaques.
Dans la troisième espèce , nous trouvons des taches légèrement saillantes, se recouvrant d’une très-légère desquamation, et formant pour ainsi dire la transition entre la roséole et la syphilis papuleuse. Cette variété, assez commune, a reçu le nom de roséole boutonneuse.
Enfin, la quatrième espèce, plus rare, est constituée par des cercles dont le centre est sain, plus ou moins étendus, ayant quelquefois 3, 4, 5 centimètres de diamètre. Dans cette catégorie, le cercle présente une tache exanthématique rouge sans saillie, disparaissant sous la pression du doigt. Telle est la roséole circu-
BEVUE D’ANTHROPOLOGIE
Publiée soüs la direction de M. Paul Broca, secrétaire général de la Société d’anthropologie de Paris, directeur du Laboratoire d’anthropologie à l’École des hautes études, professeur à la Faculté de médecine. — Septième année. — Deuxième série. — Paris, G. Masson, éditeur, libraire de l’Académie de médecine. * .
Au commencement de l’année dernière, la Revue d’anthropologie a inauguré Une seconde série. Nous avons, dans I’Union Médicale, rendu compte du premier cahier de cette série nouvelle. Nous avons essayé d’apprécier et de faire connaître à nos lecteurs les matériaux considérables que ce cahier nous offrait dans un nombre de pages relativement limité, matériaux d’un immense intérêt, au moins autant pour le vrai philosophe et le médecin que pour le naturaliste proprement dit. Cette seconde série suit son cours en se maintenant à la hauteur de la première. Tous les trois mois, elle produit un fascicule, où l’on trouve des éludes et des renseignements utiles sur les sujets les plus variés se rattachant à son titre. Nous avons sous les yeux les trois derniers cahiers de 1878 et le premier de 1879. Les sujets qui y sont traités sont nombreux, comme on peut en juger par l’énumération suivante, qui est loin d’être complète : Ethnographie,— Démographie, — Origine des peuples, — Linguistique, — Croyances populaires, — Histoire et découvertes, — Voyages, — Géographie, — Géologie, — Archéologie, •— Publications pré-historiques, — Paléontologie, — Mammifères tertiaires, — Matériaux pour l’anthropologie puisés dans toutes les parties du monde, — L’homme quaternaire et l’homme Tome XXVII. — Troisième série. Û8
laire, annulaire, circinnée. Celle éruption est très-rare; elle constitue ordinairement un phénomène tardif qui succède tantôt à la roséole en plaques, et tantôt survient d’emblée.
A laquelle de ces différentes roséoles avons-nous donc affaire? J’ai hâte de vous dire que nous sommes ici en présence de deux variétés. En effet, nous trouvons sur le ventre des taches très-petites, qui ne sont autres que celles de la roséole commune et, sur les cuisses et la région lombaire, d’autres beaucoup plus larges, de la largeur d’une pièce de 1 à 2 francs, qui me paraissent appartenir à la roséole en plaques.
Mainlenant, quel est l’âge de la syphilis ? Nous avons en effet, dans la syphilis trois périodes bien distinctes : Une période initiale, caractérisée par le chancreune seconde période, constituée par des phénomènes variables, mais se manifestant principalement par des engorgements ganglionnaires et par des affections superficielles de la peau ou des muqueuses; une troisième période, enfin, sé traduisant par des phénomènes plus profonds, plus circonscrits.
Or, nous avons, dans le cas actuel, une maladie diffuse, caractérisée, d’un côté, par des ganglions engorgés en différents points du corps; d’un autre, par des éruptions disséminées et superficielles. Comme c’est dans la deuxième période de la syphilis que nous rencontrons des éruptions ayant ces deux caractères de superficialité et de dissémination, nous avons là des éléments certains qui nous permettent d’affirmer que nous sommes en présence d’une syphilis arrivée à la seconde période.
Si, en effet, nous nous en rapportons à la date probable du début de la maladie, nous sommes tout à fait dans la règle. Cet engorgement ganglionnaire, cette roséole, sont des phénomènes qui apparaissent ordinairement du deuxième au sixième ou huitième mois qui suivent le chancre. Or, si nous nous rappelons que c’est au mois d’août que cet homme a vu survenir son écoulement uréthral, ce fait se rapporte parfaitement à ce que je viens de vous dire de l’histoire de la syphilis.
Voilà donc le diagnostic bien éclairci chez ce malade. Mais pouvons-nous aller plus loin encore et dire que cet homme est albuminurique parce qu’il a la syphilis ? Vous n’ignorez pas, en effet, qu’on a décrit dans la syphilis des lésions rénales, développées sous l’influence du virus spécifique. Pouvons-nous invoquer ici quelque chose de semblable ? .
Je n’hésite pas, Messieurs, à répondre par la négative. Les affections du rein qu’on
tertiaire, avec des remarques de M. de Morlillet, — Anatomie et physiologie du cerveau, — Recherches crâniologiques, — Pathologie comparée des races humaines, •— Hygiène, etc., etc. Les titres seuls de tous les articles de ces quatre livraisons rempliraient plusieurs de nos
Dans ce nombre, nous avons remarqué plus particulièrement :
Nomenclature cérébrale, dénomination des divisions et subdivisions des hémisphères et des anfractuosités de leur surface ; par le docteur Paul Broca.
Anatomie comparée des circonvolutions cérébrales. — Le grand lobe limbique et la scissure limbique dans la série des mammifères; par le^nême.
Recherches anatomiques et mathématiques sur les lois des variations du volume du cerveau , et sur leurs relations avec l'intelligence; par le docteur Gustave Le Bon.
Nouvelles recherches sur le crâne savoyard; par A. Hovelacque.
Les crânes noirs de l’Inde (tribu des Maravars) ; par E. Callamand.
Essai de classification des races humaines actuelles; par le docteur Paul Topinard. (Classer, c’est croire que l’on sait. — Pensée aussi modeste de la part de l’auteur que profonde en ellemême. — L’auteur fait intervenir les caractères des cheveux comme moyen de classification.)
De Chomotypie des membres thoraciques et abdominaux; par Alexis Julien. (L’humérus n’est pas un fémur retourné.)
Congrès international des sciences anthropologiques. — I. Discours d’ouverture, par P. Broca. — II. Rapport sur les Sociétés d’anthropologie et l’enseignement de l'anthropologie, par lerd?AtaUMThUné‘a.“.iIL RaPP°rt sur l’anthropologie anatomique, biologique et pathologique, Il de iWHmS Topinard- ~ IV-.RaPP°rt sur l’ethnologie de l’Europe, de l’Asie occidentale et de Amérique, par Girard de Rialle. — V. Rapport sur l’ethnologie de l’Asie orientale, de
voit apparaître sous l’influence de la diathèse syphilitique sont des accidents tertiaires et quaternaires qui ne surviennent qu’à la période ultime de la maladie. Or, ici, nous avons affaire à un syphilitique jeune, chez lequel la syphilis n’a pas encore eu le temps de produire de tels ravages. Il ne saurait donc y avoir aucun lien entre les deux faits que je viens de vous citer. Il y a peut-être cette circonstance, qu’un individu syphilitique est moins fort, moins résistant, est dans un état de disposition morbide et d’anémie qui le rend plus apte que tout autre à subir l’action des influences pathologiques, et qu’ici par conséquent la syphilis a pu jouer le rôle de cause prédisposante; mais quant à établir un lien de morbidité entre la néphrite dont cet homme a été atteint et la syphilis, il faut bien s’en garder.
l’aborde maintenant la question de pronostic. Quel est-il? Pour ce qui est de la néphrite, je crois que cet homme va guérir. Les accidents sont récents, il n’y a chez lui qu’un œdème léger, l’albumine n’existe plus dans les urines qu’en quantité peu considérable ; tous ces phénomènes me paraissent indiquer que le rein est peu touché et que la néphrite est peu profonde. D’autre part, la marche de la maladie, la disparition croissante de l’albumine viennent encore à l’appui de cette opinion. Mais cet homme ne sera-t-il pas sujet à des rechutes, à des récidives qui, répétées, pourront amener à la longue une néphrite chronique, une véritable maladie de Bright? Il est impossible de le dire. Cependant, comme il est affaibli par la syphilis, comme il travaille dans un endroit humide, et en raison enfin de ce fait que, excepté pour un petit nombre d’affections, tout individu qui a été atteint d’une maladie est prédisposé à en subir une nouvelle atteinte, il pourra se faire que, après être sorti de l’hôpital guéri, il retombe de nouveau, et qu’après un, deux ou trois accès aigus, il finisse par avoir une véritable maladie de Bright. Ici donc, et dans ce sens, le pronostic doit être réservé.
Quant à la syphilis, elle est actuellement légère; elle l’est à un tel point même, que le malade ne s’en est pas aperçu. Cependant, il ne faut pas traiter légèrement la syphilis ; c’est une affection dont on rit volontiers, plus cependant quand elle atteint les autres que soi-même. Il faut bien savoir que c’est une affection sérieuse qui déteint souvent sur l’existence tout entière et qui peut amener, cinq, six, quinze ou vingt ans après, les accidents primitifs ou secondaires, alors qu’on la croyait guérie, des affections viscérales ou osseuses profondes, qui compromettent souvent la vie du malade.
l’Afrique et de l’Océanie, par le docteur Bordier. — VI. Rapport sur la paléoethnologie ; temps géologiques, par G. de Morlillet. — VII. Rapport sur la paléoethnologie ; période néolithique ou de la pierre polie, par Emile Cartaillac. — VIII. Rapport sur la paléoethnologie ; période du bronze et premier âge du fer, par E. Chantre. — IX. Rapport sur la démographie dans ses rapports avec l’anthropologie, par le docteur Chervin.
M. Broca, dans son premier mémoire indiqué plus haut, a mis en lumière la nécessité d’une nomenclature fixe pour la désignation des nombreuses parties de l’encéphale. En effet, sans une nomenclature fixe et généralement adoptée, comment éviter une confusion déplorable et constituer définitivement la science? Une nomenclature complète a été rendue possible par les dernières recherches sur les centres nerveux, et principalement par les travaux de M, Broca lui-même. Celle que propose ce professeur, principalement au point de vue du manteau, simple, logique et claire , ne peut manquer d’être acceptée par tous les savants. — Dans son second mémoire, M. Broca a examiné comparativement le cerveau dans la série des mammifères, en insistant, entre autres considérations intéressantes, sur l’importance du lobe olfactif. Après cet examen : « Nous possédons maintenant, a-t-il dit, tous les éléments nécessaires pour déterminer les caractères distinctifs du cerveau des primates . Ces caractères
sont les suivants : 1“ Développement énorme du lobe frontal, d’où résultent le recul et le changement de direction de la scissure de Rolando; — 2* subdivision du lobe pariétal en trois lobes qui sont le lobe occipital, le lobe temporal et le lobe pariétal proprement dit; — 3° constitution du lobe occipital, par suite de la formation de la scissure occipitale; agrandissement du sillon calcarin, qui devient la scissure calcarine; — Zt° constitution du lobe temporal, par suite de l’allongement du lobule temporal et de la disparition partielle de l’arc inférieur de la scissure limbique; — 5° constitution du lobe pariétal proprement dit, par suite de la formation des deux lobes précédents; — 6* constitution particulière
Qüdl est lé traitement que nous allons faire suivre à cet homme? Au premier abord, il semble qu’il soit assez facile de le formuler. Il n’en est rien cependant.
Si, en effet, nous devons venir aisément à bout de l’albuminurie, en maintenant le malade au chaud, en lui donnant du lait, du tannin qui, sans que nous sachions exactement pourquoi, réussit assez bien dans cette ihaladie ; si, enfin, il nous suffira d’appliquer quelques ventouses sèches sur la région rénale, et de prescrire quelques légers diurétiques dans le but d’augmenter les urines; si, dis-je, il nous suffira de ces moyens pour amener la guérison de la néphrite, je suis bien plus embarrassé contre la syphilis. Si nous avions affaire à Un individu bien portant, nous devrions, en présence d’une syphilis secondaire, ne pas hésiter à donner du mercure. Mais il ne faut pas oublier que cet homme a une néphrite, et que cette maladie survient, quelquefois, sous la seule influence de certains médicaments, parmi lesquels se trouvent l’arsenic et le mercure. Aussi ai-je peur, si je donné le mercure trop tôt, de vôir survenir une recrudescence de l’affection rénale.
four toutes ces raisons, je préfère donc m’abstenir actuellement du traitement mercuriel. Vous savez d’ailleurs que les accidents secondaires de la syphilis, abandonnés à eux-mêmes, peuvent disparaître spontanément , moins rapidement il est vrai, que lorsqu’un traitement spécifique est institué. On s’eSt même emparé de ce fait, et c’est une grave erreur, pour dire que toute médication mercurielle était inutile. Il n’y a donc aucun inconvénient ici à attendre avant de prescrire un traitement spécial. Nous chercherons d’abord, quand nous verrons cet homme guéri de sa iésion rénale, à améliorer son état général, à le tonifier; nous lui donnerons du quinquina, nous le soumettrons à une bonne alimentation, et, quand nous nous aérons assuré que rien n’est plus à redouter du côté du rein, quand nous l’aurons ainsi remis dans un état général satisfaisant, si l’éruption n’a pas disparu, nous passerons alors à l’administration du mercure, mais avec prudence et en ayant Soin d’interrompre le traitement de temps en temps. De cette manière, nous assurerons la disparition de l’éruption et des accidents syphilitiques secondaires, et nous n’aurons pas à redouter une aggravation des accidents rénaux.
du lobe de l’insuia dans la fosse de Sylvlus; — 76 développement considérable; de la scissure sous-frontale; — 8° effacement presque complet de la scissure sous-pariétale. » Ces huit points de vue ont donné lieu à des développements étendus, qu’on ne peut analyser, mais qu’il faut lire et méditer. « Ces caractères, dit l’auteur dans ses conclusions, sont nombreux et trèsfrappants, mais, lorsqu’on èn étudié l’évolution, on voit qu’ils se rattachent tous directement OU indirectement à un fait fondamental, peut-être même initial : la prédominance du lobe frontal. >> Les travaux de M. Broca sur le cerveau sont le préliminaire indispensable de toute étude Sérieuse, philosophique, ayant pôür objet l’intelligence humaine.
Des deux mémoires de M. Broca, on peut rapprocher celui de M. le docteur Gustave Le Bon, qui, dans ses recherches consciencieuses, est arrivé à des résultats très-importants* U est bien admis aujourd’hui, malgré l’autorité d’Aristote, que généralement l’intelligence est en raison du développement crânien ou cérébral. Les chiffres groupés par l’auteur démontrent que les individus qui exercent le plus leur cerveau ; savants et lettrés, sont ceux qui possèdent également le plus de têtes volumineuses, alors que les personnes qui l’exercent le moins : domestiques et paysans, présentent au contraire le plus grand nombre de petites têtes. Le volume crânién des sujets appartenant à la plus ancienne noblesse est inférieur à celui de la bourgeoisie parisienne. On comprend cette différence. Les têtes de bourgeois ont été prises •dans lé quartier le plus riche de Paris et par conséquent appartiennent aux classes les plus éclairées, à celles qui sont le plus élevées par leur travail, et qui représentent, en réalité, après lés savants et les lettrés, l’élite de la population française. Les débris de notre ancienne noblesse, dédaignant les professions et les travaux qui pourraient développer leur intelligence, se sont laissé dépasser. Leur rôle, du reste, est aujourd’hui bien effacé. — c’est une chose a un grand intérêt dé voir les crânes des Parisiens du kii® siècle notablement inférieurs à
L’UNïON médicale.
OPHTHALiVIOLOGIE
NOTE SCR LE DIAGNOSTIC DES CHANCRES OCULAIRES. — OBSERVATION DE CHANCRE INFECTANT DU REPLI SEMI-LUNAIRE DE LA CONJONCTIVE.
Lecture faite â la Société de médecine de Paris, dans sa séance du 14 décembre 1878,
Par le docteur Boucheron, ancien interne des hôpitaux de Paris, . ,
Messieurs,
Je m’étais proposé de vous présenter une jeune fille atteinte d q chancre du repli semi-lunaire de la conjonctive , pour vous montrer un exemple curieux de ce chancre insolite, et pour vous faire apprécier combien la physionomie de cette lésion est différente, parfois, de celle qu’on est tenté de lui attribuer à priori. L’intérêt véritable de ma communication était de vous faire voir cette malade au moment où l’beil ri’ayait pas encore perdu son aspect , caractéristique, et où' l’écloài'ôn des accidents syphilitiques secondâmes ne laissait plus de doute sur la nature du mal. Mais, à mon grand regret, la malade m’a échappé au dernier moment, et je suis obligé de ne vous donner que la relation de cette observation,
La malade est une jeune fille de 18 ans, lymphatique, mais cependant forte, bien portante, et n’ayant jamais eu; d?engorgement ganglionnaire. .... i
Elle s’est présentée à ma clinique, il y a deux mois, pour une rougeur de l’œil datant de quinze jours. D’après son récit, le mal est survenu rapidement en deux ou trois jours ; l’œil est devenu rouge, à peu près au degré où il est resté pendant deux mois, et, en même temps, des glandes assez volumineuses se sont montrées du même côté du cou, en arrière et au-dessous de la mâchoire inférieure.
A un examen rapide, on trouve la conjonctive rouge dans son ensemble, aussi bien dans Sa partie palpébrale que dans sa partie oculaire; l’injection vasculaire est même très-dévcloppée autour de la cornée. Le repli semi-lunaire est très-gonflé et très-rouge. : '
Les opinions émises par les élèves, qui virent ce jour-là la malade à ma clinique, furent trèsdivergentes. Pour les uns, c’était une conjonctivite ; pour les autres, une iritis ; pour d’autres, des granulations conjonctivales; ou enfin dés accidents causés par la présence d'yn corps étranger. Effectivement, l’aspect de l’œil fournissait quelques éléments à ces diverses appréciations. Il y avait la rougeur générale d’une conjonctivite assez intense, l’injection périkératique d’une iritis, l’hypertrophie du repli semi-lunaire qui se trouve dans certains cas de
ceux des Parisiens modernes. — Dans toutes les races humaines, le crâné de la femme est moins volumineux que celui dè l'homme, mais le degré d’infériorité varie considérablement d^une race à l’autre; et chose curieuse, les races où les crânes masculins occupent le haut de l’éclielle sont précisément çeljes où les crânes féminins eh occupent les derniers échelons, Ainsi, entré les diverses races, les Parisiens occupent le premier rang par le volume de leur crâne. Eh bien, le crâne des Parisiennes se range après celui des crânes féminins des races inférieures où, forcée de partagér les travaux de l’homme, la femme est obligée d’exercer fréquemment ses aptitudes. — M. G. Bouchet a recommandé la méditation de ce fait aux partisans d’une égalité de droits entre l’homme èt la femme. M. Gustave Le Bon adresse cette recommandation surtout aux hommes qui dirigent l’éducation de la femme. — Sur cette question qui s’impose si impérieusement aux hommes dont la mission est de travailler au progrès social, notre auteur a émis des considérations très-élevées que je voudrais pouvoir reproduire ici. Je ne résisterai pas toutefois au; plaisir de citer une page éloquente, où il soutient d’une manière remarquable une doctrine que j’ai soutenue moi-même, il y a quelques années, dans ce journal : « Invoquer, dit notre confrère, en faveur du développement intellectuel de la femme le rôle considérable qu’elle joue dans la marche des affaires humaines et le fait qu’elie nous mène souvent à son gré, ce serait oublier que l’homme est bien plus conduit par le sentiment que par la raison, et que c’est précisément parce qu’elle agit exclusivement sur nos sentiments, qui sont du domaine de l’instinct inconscient, qu’elle a souvent tant d’empire sur nous. En dehors des motifs tirés de Battrait sexuel, qui constitue en réalité son unique force, l’homme se laisse souyent tyranniser par elle par un sentiment de même ordre que celui qui le fait obéir aux volontés de petits enfants ou de jeunes mammifères, comme les chiens pu les chats, quand ils Sont caressants et gracieux. Ceux qui ont proposé de donner aux femmes une
granulations, et, enfin, les manifestations symptomatiques d’un corps étranger enfoncé dans l’angle interne de l’œil, ne sont pas très-différentes de celles que nous avions sous les yeux.
L ^engorgement ganglionnaire était mis sur le compte de l’état général lymphatique.
Mais ces hypothèses diagnostiques ne purent résister à l’examen attentif et détaillé de la région malade.
Voici ce que nous avons constaté :
La conjonctive est rouge dans toute son étendue, sur les paupières, sur le bulbe et même autour de la cornée.
Le repli semi-lunaire, rouge et hypertrophié, se montre sous la forme d’un fuseau, dont les pointes effilées se recourbent pour se perdre dans les culs-de-sac de la conjonctive. Mais sur le ventre du fuseau existe une rainure verticale, légèrement sinueuse, d’une teinte grisjaunâtre, qui tranche sur le fond rouge cerise de la masse du repli. Cette rainure paraît être une petite ulcération h bords grisâtres. Un stylet promené le long de la rainure pénètre à peine de 1 ou 2 millimètres, et, malgré une exploration minutieuse, il n’est point constaté de corps dur, de corps étranger inclus dans cette région. Ce qui élimine d’emblée l’une des hypothèses.
Comme il n’y a ni douleur oculaire ou péri-orbitaire, ni photophobie, ni altération de la vision ; qu’il n’y a pas trace de synéchies ; que l’iris sain se meut avec facilité sous l’influence des variations de l’éclairage, il faut repousser l’idée d’une iritis.
Il n’y a pas non plus de sensation de graviers, ni sécrétion muco-purulente ; il existe seulement un peu de larmoiement, mais avec des voies lacrymales libres. Par conséquent, la rougeur conjonctivale n’est qu’une congestion de voisinage, et non la manifestation d’un catarrhe de la conjonctive.
Les granulations conjonctivales, quand elles occupent le repli semi-lunaire, forment de petites saillies agminées ; tandis qu’ici le repli semi-lunaire se développe en une masse compacte. C’est bien d’ailleurs dans ce repli semi-lunaire que paraît être le siège du mal.
Enfin, l’examen du côté gauche de la face fait découvrir une chaîne ganglionnaire indolente, débutant par le ganglion pré-auriculaire, resté assez petit, et se terminant, au-dessous et en arriéré de la mâchoire inférieure, sur la région latérale du cou, par une réunion de trois au quatre ganglions saillants sous la peau ; autour d’eux s’est développé un peu de gonflement du tissu cellulaire sous-cutané.
La nature manifestement strumeuse de la jeune fille, qui est grosse, bouffie et pâle, avec des lèvres volumineuses, ne laisse pas que d’embarrasser. La constitution de la malade suffirait, à la rigueur, à expliquer l’existence de cette hypertrophie des ganglions lymphatiques. Mais le récit du sujet est bien net; les glandes du cou ne sont apparues que quelques jours après la rougeur de l’œil. Jamais, jusque-là, elle n’avait eu la moindre glande visible, ni dans cette région, ni ailleurs. Nous constatons, en effet, qu’il n’en existe pas de l’autre côté du cou ni en arrière. Seulement, nous pensons que le lymphatisme de la patiente a dû imprimer son
éducation semblable à celle reçue par l’homme ont prouvé combien ils ignorent la nature de leur esprit. Il serait à désirer sans doute qu’on leur donnât une éducation tout autre que celle qu’elles reçoivent aujourd’hui, et qui augmente par trop la distance qui les éloigne de nous. Mais vouloir donner aux deux sexes, comme on commence à le faire en Amérique, la même éducation, et par suite leur proposer les mêmes buts, est une chimère dangereuse qui ne peut avoir pour résultat que de dépouiller fa femme de son rôle, l’obliger à entrer en concurrence avec l’homme, et lui ôter tout ce qui constitue sa valeur, son utilité et son charme. Le jour où, méprisant les occupations inférieures que la nature lui a données, la femme quittera son foyer et viendra prendre part à nos luttes, ce jour-là commencera une révolution sociale où disparaîtra tout ce qui constitue aujourd’hui les liens sacrés de la famille, et dont l’avenir dira qu’aucune n’a jamais été plus funeste. »
Mais, ainsi que nous l’avons vu plus haut, les matériaux de la Revue d'anthropologie présentent une immense variété, et il est impossible d’aborder tous ces sujets dans un court article de bibliographie. Essayons cependant quelques indications. Nous nous sentons généralement attirés vers les récits relatifs aux mœurs des peuplades que nous considérons comme inférieures à nous; nous y cherchons des traces du premier développement humain ; mais bien mieux, nous pouvons y trouver des leçons à suivre. Comparons, par exemple, les mœurs des Bahnars avec les nôtres. Chez nous, une femme séduite en dehors du mariage, qui devient mère, est lâchement abandonnée et vouée à la misère avec son enfant. Aucun pouvoir, dans notre triste civilisation, ne la protège. Il faut qu’elle se fasse justice elle-même, si elle peut. C’est ainsi qu’à Paris, récemment, une jeune fille, après son accouchemennt, sur le refus impitoyable de son séducteur, l’a tué d’un coup de pistolet tiré à bout portant. Le jury, en acquittant cette fille énergique, a fait un acte de justice, en môme temps qu’il a donné une
Supplément.
sceau, sur le retentissement ganglionnaire, en développant oulre mesure l’hypertrophie des glandes lymphatiques.
On sait que les affections inflammatoires du globe oculaire ne sont jamais accompagnées d’engorgement ganglionnaire, que les conjonctivites n’éveillent pas non plus la susceptibilité des ganglions (sauf les conjonctivites purulentes intenses et la conjonctivite diphthéritique).
Le fait . d’observer, avec une rougeur conjonctivale, avec un gonflement du repli semilunaire, une hypertrophie très-marquée, trop marquée même, du ganglion pré-auriculaire, et, plus bas, des ganglions du cou, doit immédiatement soulever l’idée d’une affection spécifique, d’un ulcère syphilitique primitif.
L’hypertrophie ganglionnaire se montre, à la vérité, toutes les fois que la peau de la paupière est atteinte d’une inflammation phlegmoneuse ou autre, dans l’orgelet par exemple (inflammation des glandes sébacées des cils), dans les plaies suppurantes des paupières; quelquefois dans l’eczéma des paupières, dans l’érysipèle des paupières, etc. Mais, dans notre cas, les paupières étaient absolument indemnes de toute espèce de lésions.
Les néoplasmes delà caroncule, de la paupière, du repli semi-lunaire, surtout quand ils sont ulcérés, s’accompagnent aussi d’hypertrophie du ganglion pré-auriculaire. Rien, chez notre jeune fille, ne pouvait faire supposer l’apparition en dix ou quinze jours d’un néoplasme épithéliomateux, sarcomateux, etc.
Ainsi, nous nous trouvions en face d’une jeune fille atteinte depuis quinze jours d’une affection monoculaire, caractérisée par une rougeur générale de l’œil, portant sur la conjonctive palpébrale, la conjonctive bulbaire, et même sur le pourtour delà cornée; — par un gonflement du repli semi-lunaire creusé superficiellement petite rainure verticale sinueuse, bordée d’un liseré blanc jaunâtre; — par une chaîne de ganglions indolents , hypertrophiés , partant du gangliou pré-auriculaire, moyennement saillant, et se terminant sur la face externe du cou par trois ou quatre ganglions de la grosseur d’une olive, d’une cerise.
Cette affection monoculaire n’est pas causée par la présence d’un corps étranger, que l’exploration aurait révélée.
Cette affection monoculaire datant de quinze jours n’est pas une iritis, malgré la rougeur péri-kératique, car if n’y a ni douleurs oculaire et péri-orbitaire, ni photophobie, ni synéchies ; — la pupille est libre et mobile.
Ce n’est pas une conjonctivite lacrymale , malgré le larmoiement, car ies voies lacrymales sont libres; ni une conjonctivite catarrhale, car il n’y a pas de sensation de graviers, pas de sécrétion muco-purulente, pas de gêne de la vision à
leçon qui pourra être salutaire. Voilà comment les choses se passent chez nous civilisés. Comment se passent-elles chez les Bahnars, que nous appelons des sauvages? « Les naissances en dehors du mariage sont excessivement rares et considérées comme honteuses. Habituellement on oblige les coupables à se marier, ou l’homme est forcé de payer une grosse amende à la femme! » N’est-ce pas plutôt nous qui sommes des sauvages?
Il est quelquefois intéressant d’étudier les cultes des peuples inférieurs. Dans le district d’Akem, sur la côte ouest d’Afrique, il y a des petits et des grands fétiches. Les prêtres de ces derniers forment une classe à part, dans laquelle le sacerdoce est héréditaire. Ils sont consacrés, par un prêtre âgé, en présence -de tous les autres membres de la congrégation. Un sacrifice est alors offert au grand fétiche, que l’on invoque par son nom en ces termes : « Grand fétiche bienfaisant de là terre, je vous offre en ce moment mon fils pour qu’il soit votre servant ; donnez-lui une nombreuse famille et la richesse. Protégez -le, lui et les siens, contre le mal et le danger. Accordez votre protection à, ses amis et à ceux qui lui veulent du bien, punissez ses ennemis et ceux qui lui souhaitent du mal. Qu’il soit éloquent lorsqu’il vous prie ou vous offre des sacrifices. » Ges lignes renferment la quintessence de l’idée religieuse, le fond et la raison d’être de toutes les religions. Sous ce rapport, les agglomérations humaines les plus fières de leur civilisation ne sont pas plus avancées que les habitants du district d’Akem.
Je m’arrête à regret. On ne m’accorde pas la place qui me permettrait de m’étendre davantage. Mais je puis dire au moins que la lecture de la Revue d’anthropologie est aussi attachante qu’instructive. C’est un recueil précieux, ou l’on peut, sans efforts, acquérir les connaissances les plus variées,
G. RiCHEt.û'r pèré.
L’UNION MÉpiÇfcLE.
la lumière; et d’ai}lears,u^ conjpA^t|yite, catarrhale commune se serait, probablement après quinze jours, montrée aussi dans l’autre œil.
Pas de granulations conjonctivales.
Un néoplasme (q pithélioma, sarcome,. etc.) ne se serait' pas développé- si rapide^ ment et n’aurait pas si vite retenti sur les ganglions.
Comme il n’y a sur la paupière ni furoncle, ni orgelet, ni d’autre lésion capable de provoquer l’hypertrophie ganglionnaire, il faut clore cette série d’hypothès’és p;âr la .seule possible. - ,
Notre diagnostic est chancre du repli semi-lunaire de la conjonctive.
\: ulcération de ce Chancre est peu étendue. ÊÜe est à peine reconnaissable ;,cW la rainure verticale, sinueuse, bordée d’un liseré jaunâtre signalé plus haut.
Vinduration n’existe pas, elle est du moins inappréciable au doigt par lapaU pation au travers des paupières. Mais le gonflement du repli seitti-lunàirë, la tumeur syphilitique est, bien nette. La lésion est tout à fait superficielle, localisée dans la conjonctive. L’œil lui-même n’est atteint ni dans ses fonctions ni dans ses mouvements. L 'adénopathie caractéristique est plus marquée qu’elle n‘est d’ordinaire, elle tient son excès de développement à la constitution strumeuse de là malade.
! L’apparitiort Ultérieure des acàidents syphilitiques secondaires ' devait venir confirmer ou infirmer l’opinion émise après cet examen.
L’énoncé de ce diagnostic de chancre oculaire provoqua l’étonnement et l’incrédulité de la plupart des assistants. Je dois dire cependant que mon excellent ami, lé docteur Berruyër, qui m’avait àdrëssé la malade, avait, avec beaucoup de sagacité, découvert la nature dU mal, sans avoir jamais eu i’occasion d’observer de chancre de la conjonctive. 11 avait été justement frappé de l’appârition rapide de V adénopathie qui a coïncidé avec l’ évolution' de cette singulière affection.
C'est bien lâ, eh eftèt, le sïg'nè capital, constant, indispensable du chancre oculaire; le siège, l’aspect, la forme, la consistance de l’ulcëratipn chançrèuse sont variables à l’infini; seule, Y adénopathie né.pëütmanquër, ët elle apporte une preuve d’autant jjlüSforte que TadénOpatljie est plus exceptionnelle, plus insolite dans les affections oculaires.
Le tableau- symptomatique du chancre oculaire petit se résumer en ces deux termes :
1° Affection oculaire, conjonctivale ou palpébrale dont un des éléments est généralement une tumeur récente plus ou moins ulcérée ;
2° Adénopathie indolente préaùriculàiréet sous-mdxitldirè concomitante,
La suite de notre observation est bien simple : Pendant cinq semaines, nous avons assisté à l’état stationnaire du gonflement, de la rougeur et de l’ ulcération du repli semi-lunaire. Cette ulcératton diminua la première, et disparut vers la sixième semaine, tandis que la tuméfaction, la rougeur de la conjonctive, tout en diminuant légèrement, se maintenaient à un degré très-notable, plus de deux mois après le début.
Si, à cette époque de la maladie, Vous aviez pu voir la malade le jour où je désirais vous la présenter, vous auriez pu vous rendre compte que l’aspect de cette malade n’évëillait1 gtière, à première Vue, l’idée d’un chancre oculaire, et cependant, en examinant là poitrine, une éruption confluente de taches de roséole ne vous eût laissé aucun doute, sur le diagnostic. ,
L’examen des organes génitaux a, démontré l’absence de toute ulcération suspecte et même la conservation de l’hymen.
L’inoculation paraît avoir été produite par un baiser sur l’œil.
Si nous jetons un coup d’œil sur les observations publiées jusqu’ici, nous trouvons une analogie remarquable entre tous ces faits. Le siège, la forme, l’aspect de la tumeur çhancrcu&e ulcérée varient seuls. Le plus souvent le chancre siégp sur le bord des paupières, près de l’angle interne, il s^tend soit vers la peau, soit vers la conjonctive. Quelquefois le chancre existe sur la conjonctive palpébrale, vers le fond
du cul-de-sac inférieur, bien plus rarement sdn la conjonctive bulbaire près de la cornée.
L 'adénopathie préauriculaire et sousMWaéfilIàilé est signalée dans tous les faits récents. : ;
Dans les faits anciens, elle n’est pas souvent notée, mais à la lecture des observation^ Oïï ! bsï teritê de croire à une confiisiçn entre les uléèrès primitifs et lés1 ulcérations tertiaires dés paupières,
Cp chancre oculaire est infectant dans, l’immense majorité des cas.
Souvent Je chancre guépit sans laisser de traces bien marquées, quand il occupe la conjonctive. S’il est placé sur la peau des paupières, la cicatrice est plus visible. Il g’ est cependant rencontré- quelques chancres phagédéniformes qui auraient notablement compromis les paupières ; mais je n? en ai pas trouvé d’observations réeentes. ’ 1 ; .
Les chancres à siège1 insolite, les Chanères oculaires par conséquent, passent pour donner, lieu à, une,, syphilis sérieuse, Cette opinion n’est pas, pour ce; qui regarde l’œil, basée sur dés faits publiés ; la plupart (jes pbéèrvateurs se plaignent de. n’avoir pu suivre assez longtemps leurs malades.
Les modes de contagion sont variés : pour les médecins et les sages-femmes, c’est souvent par un jet de salive imprégnée 'de pus contagieux, que l’œil est atteint, pendant l’examen de lagorge, ou aussi par le doigt maculé de pus virulent.
Tel est le cas (m’a-t*on rapporté) d’un professeur de la Faculté de Paris, mort récemment. M. X... aurait été inoculé au 'grand angle de l'œil, sur ■ le repli semilunaire également. Il aurait gùéri sans ttaces iôçalés. Mais, quelque temps aprês, il fut pris d’iritis; et de choiôïdite, dont la durée fut assez lorigue. Cette syphiiis tardjv,e,,en venant s’ajouter aux causes préexistantes d’affaiblissement, de, sénilité, ne fut peut-être pas étrangère à la ün prématurée de ce chirurgien. , a 11 y a quelques années, dit M. Ricord, M. Lustreman, professeur au Yal-rde- GMce, .conduisit chez moi un avocat portant ,une. tumeur de la paupière inférieure au grand; Ongle dhrlimil] tumeur dure; »rên^en*êl élastique ,,à surface ; rouge : granulée, eh voie de cicatrisation. La nature de cette tumeur avait été méconnue par.ptusieurs confrères. Poussant mon examen plus loin que mes -confrères, je trouvai les ganglions préauriculaires engorgés, indolents, réniiénts.
Déjà ICS ganglions cervicaux postérieurs étàreôt;'èux-mêmes tuméfiés. :La surface du corps, était couverte de taches . exanthématiques, se rattachant à la roséole syphilitique la mieux, caractérisée : tacha, Jenticujée,, rouge sombre,, laissant, dans quelques points, sous la pres.sjpn du doig, une tache, jaune. Absence de .fièvre.et de prurit Au grand étonnement de M. Lustreman^ mon; diagnostic fut celui-ci ; Chancre induré du grand angle de l’œil {engorgement- successif - des ganglions pèri-’mrüulaireSj parotidiens, et sous-maxillaires), adénofdtMe secondaire cervicale j roséole sgphilitiqiie, accidents secondaires précoces. ;
Au plus grand étonnement du malade, jc liii dis : « Il y a deifx ou trois rhois; Monsieur, Vous avez porté à votre œil la matière contagieuse qui vous a inoculé la syphilis. » Revenu de sa surprise, le malade médit g « Effectivement,' je me rappelle qu’étant couché avec uhé femme,, et après cerfanis attouchements, je fus. pris d’une vive démangeaison à l’œil, où je portai la main, et je le frottai .pendant uh temps assez long- C’est depuis ce moment, en -effet, que ma paupière est devenue malade. » (dm d', oculistique, ï. XXIV, p. 233; 1850.)
Un autre mode de contagion, c'est le baiser sur l’œil,1 par une personne atteinte de plaques muqueuses buccales ; ©lest probablement ce- qui est-arrivé -àmotre- jeune malade. ' ' . ,
« C’est un accident, a dit spirituellement Ricord, c’est un accident qui ne saute que rarement aux yeux; et ce nlest. pas, .dans tous les cas, celui qui rend le plus ordinairement V Amour aveuglé. » •
HYGIÈNE