X PRÉFACE DU TRADUCTEUR
porte que vous fondie^i ma moralité et mon droit et que vous réglie:(^ mes relations avec le monde des choses et des hommes sur une volonté' divine révéla ou sur V essence de r homme; toujours vous me courbe^i sous le joug étranger d'une puissance supérieure, vous humilie:!^ ma volonté aux pieds d'aune sainteté quelconque, vous me propose:i^ comme un devoir, une vocation, un idéal sacrés cet esprit, cette raison et cette vérité qui ne sont en réalité que mes instruments. c< L'au-delà extérieur est balayé, mais V audelà intérieur reste et nous appelle à de nouveaux combats. » La prétendue « immanence » n'est qu'une forme déguisée de V ancienne « transcendance ». Le libéralisme politique qui me soumet à l'Etaty le socialisme qui me subordonne à la Société, et l'hunianisme de Br. Bauer, de FetLerbach et de Ruge qui me réduit à n'être plus qu^un rouage de rhumanité ne sont que les dernières incarnations du vieux sentiment chrétien qui toujours soumet l'individu à une généralité abstraite ; ce sont les dernières formes de la domination de V esprit, de la Hiérarchie. « Les plus récentes révoltes contre Dieu ne sont que des insurrections théologiques. »
En face de ce rationalisme chrétien dont il a exposé la genèse et l'épanouissement dans la première partie de son livre, Stirner, dans la seconde, dresse V'individu, le moi corporel et unique de qui tout ce dont on avait fait l'apanage de Dieu et de V Homme redevient la propriété.
Le Dieu, avait dit Feuerbach, n'est autre chose que l'Homme. — Mais l'Homme lui-mêfne, répond Stirner, est un fantôme, qui n^a de réalité qu'en Moi et par Moi ; l'humain nest qu^un des éléments constitutifs de' mon individualité et est le mien, de même que l'Esprit est mon esprit et que ma chair est ma chair. Je suis le centre du monde, et le monde (jnonde des choses, des hommes et des idàs), n'est que ma propriété , dont mon égoïsme souverain use selon son bon plaisir et selon ses forces.
Ma propriété est ce qui est en mon pouvoir ; mon droit, s't/n^esfpas une permission que ni! accorde un être exté-