XVIII PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Vidée de Dieu et en démasque les dernières métamorphoses, mais il n aboutit fatalement qu!h une négation : Y individu et régoïsme. Stirner libéral sape au nom de Vindividu les fondements de V Etat ^ mais ^ ce dernier détruit^ il n aboutit qu^à ufu nouvelle négation : anarchie ne pouvant signifier pour lui que désordre, si VEtat, régulateur de la concurrence, vient à disparaître^ à celle-ci ne peut succéder que la guerre de tous contre tous.
Cette conception toute formelle de Vindividunous expliue le caractère purement négatif de ce quon pourrait appeer la « doctrine » de Stirner, c'est-à-dire delà partie logiquement critique de son œuvre ; c^est ce rationalisme et ce libéralisme conséquents, c est-à-dire radicalement destructeurs, qui me permettaient tantôt de nier la possibilité de donner à V Unique le « complément positif » dont Lange regrette V absence. Mais ce serait, je crois, mutilât la pensée de son auteur et méconnaître l'importance de /*Unique et sa Propriété den^y voir que V œuvre dulogicien nihiliste. « Stirner, dit-il lui-même ^ ne présente son livre que comme Vexpression souvent maladroite et incomplète de ce quil voulut ; ce livre est Vœuvre laborieuse des meilleures années de sa vie et il convient cependant que ce nest quun à peu près. Tant il eut à lutter contre une langue que les philosophes ont corrompue, que tous les dévots de VEtat^ de V Eglise, etc. ont faussée,, et qui est devenue susceptible de confusions dHdées sans fin. »
D'autres ont mis en lumière l'importance formidable qu ont prise dans VEtat /^^ facteurs régulateurs sociaux aux dépens des jacteurs actifs et producteurs. En démontant la « machine de VEtat » rouage par rouage et en montrant dans cette police sociale qui s étend du roi jusqu'au gardechampêtre et au juge de village un instrument de guerre au service des vainqueurs contre les vaincus, sans autre rôle que de défendre Vétat de choses existant, c'est-à-dire
(i) Die philosophischen Reactîonaere, Kl. Schrîftetif éd, Mackay, p, iSj.