‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 10 sur 111 · NOTIONS ET LOIS GÉNÉRALES. S · texte numérisé non relu

NOTIONS ET LOIS GÉNÉRALES. S

La sensation dont il vient d'être question est un phénomène purement vital d'un genre complètement différent de la dilatation des corps, et biSh qu*il se produise d*abord par une telle dilatation, cependant Tune n'a rien de commun avec Tautre; en effet, dans les très- violentes soustractions de calorique faites au corps de Thomme, telles qu'on peut les obtenir par le contact de corps très-froids, on a une sensation de brûlure semblable à celle que l'on éprouve en touchant un corps rouge de feu. Â cause de cela nos perceptions tactiles ne pourront jamais nous servir de guide pour mesurer l'intensité du calorique et encore moins pour connaître sa nature.

La mesure de la force calorifique est fondée sur les phénomènes de la dilatation ; elle s'effectue à l'aide des thermomètres f instruments dans lesquels une dilatation donnée peut être évaluée avec exactitude, et l'intensité de cette force constitue la température, nommée aussi tension calorifique.

Une longue expérience des propriétés des corps chauds a fourni quelques lois qui, étant indépendantes de toute vue théorique, doivent nous servir de point de départ.

Première loi. — Le calorique y dans tous les corps, tend à Vé([uilibre; autrement dit, il s*effeclue un échange continuel entre les corps chauds mis en contact ou placés à distance, jusqu'à ce que. tous soient à la même température ou tension calorifique, c*esl-à-direjusqu'à ce qu'unappareil thermométrique indique pour tous une égale dilatation. Cet échange s'effectue entre corps au contact, en vertu de la propriété nommée conductibilité , et entre corps placés à distance, par le moyen du rayonnement. De là la distinction du calorique statique ou de conductibilité et du calorique rayonnant. Dans ce livre nous étudierons les effets du premier genre, laissant les autres pour un chapitre suivant.

Hais deux corps à la même température renferment, le

plus souvent, des quantités de chaleur bien différentes, d'où une deuxième loi.

Deuxième loi. — Pour ëlever des poids égaux de substances diverses à la même température , les quantités de calorique nécessaires ne sont pas égales. Ainsi, la quantité de calorique, qui écliauffe de 1^ 1 kilogramme d'eau, échauffe de 9° 1 kilogramme de fer. De telle sorte qu'en mélangeant deux masses égales, l'une d'eau à dO**, et l'autre de fer à 0^ le mélange se trouve à Q**; donc l'eau, s'abaissant d'un seul degré, écliauffe le fer de 9**. Les quantités relatives de chaleur nécessaires pour élever le même poids de deux corps à une égale température, bont nommées chaleurs spécifiques. Ici il est évident que Ton ne mesure pas les quantités absolues, mais seulement les quantités relatives. Pour cela on est convenu de tout rapporter à l'eau et de prendre comme unité de mesure la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 0° cent, à 1® cent. 1 kilogramme d'eau distillée . L'unité, ainsi déterminée, est dite calorie. Ce procédé rappelle celui employé en mécanique dans l'évaluation des forces ou des masses ; on les rapporte toujours à une force ou à une masse unité, de celte façon, pour étudier les phénomènes et en calculer les rapports, il n'est pas nécessaire de savoir en quoi consiste la nature du calorique, disons même que, jusqu'à présent, il nous est impossible de mesurer une quantité de chaleur d'une façon absolue.

Troisième loi. — L état physique des corps, état solide, liquide^ aériforme ou gazeux, dépençL de la quantité du calorique, et tous les corps peuvent passer par ces trois états si on leur fournit une quantité de chaleur suffisante. La forme gazeuse ou aériforme est considérée comme celle dans laquelle les molécules des corps sont complètement libres et mobiles, et, de plus, douées d'une force expansive indéfinie. Dans les liquides, les molécules sont mobilessous la plus faible impulsion, mais ils n'ont pas Texpansi-

Page 1