NOTIONS ET LOIS GÉKÉRALES
bilité ; enfin, dans les solides, les molécules sont réanies par les forces dites, à cause de cela, de cohésion. Aussi ont-ils une forme propre dépendante des liaisons déterminées par les forces altraclives. En général, à ces trois états correspondent des volumes différents et une mobilité différente des molécules; celle-ci est maximum dans les gaz et minimum dans les solides. Remarquons en terminant que nous ignorons complètement ce que sont les forces attractives, nous les acceptons comme un fait, et nous les désignons avec un terme convenu. Plus tard, nous nous entendrons sur le vérilable sens de cette expression.
QoÀTRièiiE LOI. — Dans tout changement d* état d'un corps ^ une certaine quantité de calorique devient^ comme on le dit, làtekte, si le corps passe d'un état physique dans lequel les moléades sont moins libres à un autre état dans lequel elles le sont plus ; réciproquement, il se développe du calo* rique lors du changement inverse. Cette loi a une importance capitale, et elle est fondée sur les faits les plus certains et les plus vulgaires*. Si, par exemple, on mêle 1 kilogramme de glace à 0® avec une égale quantité d'eau à 79«, le mélange se trouve être à 0<» lorsque toute la glace est fondue; donc ce corps solide, pour se liquéfier, a absorbé tout le calorique contenu dans Teau, et il était de 79*; ce calorique, n'ayant produit aucun effet sensible sur le thermomètre, est appelé latent; mais évidemment il a produit un autre effet ; il a détruit les liens qui tenaient réunies les molécules de Teau solide, et leur a rendu la mobilité propre aux liquides.
De même, mjssi, lorsqu'un corps passe de l'état liquide à l'état de gaz^ une certaine quantité de chaleur devient latentCy celte quantité est de 606,5 calories pour l'eau.
* Rigoureusement parlant, la capacité de l'eau pour la chaleur n'est pas la même à toutes les températures ; elle croît avec ces dernières; et la même chose se présente pour tous les auti:es corps, mais ici nous faisons abstraction de ces petites différences.
Réciproquement, en condensant la vapeur h Téfat liquide, on rendra libres les 606,5 calories absorbées dans le phénomène inverse, de même dans la solidification de l'eau les 79 calories absorbées par la fusion de la glace se dégagent. Donc, en réalité, la quantité absolue de calorique n*est pas égale dans un corps sous ses divers états, la tempérai ure étant toujours la même; celte chaleur peut donc recevoir le nom de chaleur latenle. Les dénominations précédentes, et beaucoup d'autres, furent suggérées par certaines idées théoriques très-anciennement acceptées sur la nature du calorique; nous en verrons la véritable signification physique, pour le moment, nous les accepterons comme termes de convention renfermant l'énoncé des faits.
Cependant, pour s'affranchir de ces vieilles idées, les modernes commencent à employer les expressions de calories de température ^ de fusion^ d*e'vaporation, de dilatation.
Cinquième loi. — La dilatation des corps varie suivant la nature de la substance et de leur état physique. Pour les gaz on peut admettre comme approximative cette loi, que les dilatatioiis sont proportionnelles atix températures^ et que les densités varient en raison directe des pressions. La première partie de cette loi établie par Gay-Lussac (aussi en porte-t-elle le nom), était regardée comme vraie pour tous les gaz et les vapeurs ; mais il a été démontré par M. Regnault qu'elle est d'autant plus éloignée de la vérité que le corps aériforme est plus. voisin de son point de liquéfaction. Pareille observation s'applique à la deuxième partie de l'énoncé précédent, connue sous le nom de loi de Boyle ou de Mariette. Elle n'est vraie que pour les gaz dits parfaits^ c'est-à-dire très-éloignés de leur point de liquéfaction. Ces lois sont des lois /imites auxquelles satisfont les substances, à la condition d'être soustraites à toutes les influences perturbalrices des forces nommées moléoilaires qui exercent
EXPOSÉ DE U TBÉORIB IIÊCAIIIQUE. 7
toute leur action quand le corps approche d'un changement d*état. De même pour les astres, le mouvement elliptique est une loi limite convenant au cas d'un corps central unique et d'un astre unique circulant autour de lui; mais comme il existe plusieurs planètes, ce mouvement n'a lieu qu*approximativement. La force expansive que les corps, et spécialement les gaz, reçoivent du calorique, est celle qui est utilisée comme puissance motrice dans toutes . les machines à feu, et c'est en vertu de cette force expansive que la machine fait un travail, comme nous le verrons mieux dans la suite.
liC calorique est dit un impondérable^ car les corps» pour être chauds, n'en sont pas plus lourds que lorsqu'ils sont très-froids ; on en admet l'existence dans tous les corps, parce que, quelque refroidis qu'ils soient, on peut toujours les supposer soumis à un refroidissement encore plus grand. Nous citerons les autres lois à mesure que le besoin s'en fera sentir. Examinons actuellement quelle est la nature du calorique.