DE LA CHALEUR
Le calorique a été considéré jusqu'à ces dernières années, même par les plus célèbres physiciens, comme une substance sui generisy non soumise à la gravité, qui, en s'interposant entre les pores des substances, en augmente le volume. Cette théorie expliquait un grand nombre des faits les plus importants alors connus, tels que l'invariabilité des chaleurs spéciflques,' et de celles d'évaporation. On admettait, en effet, que le calorique pouvait se loger dans les pores des sub^^jh^ de façon à ne pas être sensible au
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thermomètre, et que les divers corps avaient une capacité calorifique différente. Celte théorie permit aux expérimentateurs et aux géomètres de soumettre les phénomènes à l'observation et au calcul; aussi fut-elle acceptée par des savants illustres, comme Laplace, Lavoisier, Garnot, Gay- Lussac, etc.
D'autres physiciens, à leur tour, étudièrent Tintime relation existant entre le mouvement et la chaleur, relation telle que toute variation thermique se traduit par une variation de volume laquelle ne peut se faire sans un mouvement, et que, réciproquement, tout mouvement engendre constamment de la chaleur. Ils conclurent de leurs recherches que le calorique est un mouvement se produisant dans l'intérieur des corps, en vertu duquel les distances intermoléculaires varient lorsque ces molécules entrent en collision sous l'influence des agents extérieurs, mécaniques ou chimiques. Newton dit sans hésitation.: la chaleur est un mouvement vibratoire dans les corps*. Rumford et Montgolfier développèrent celle théorie : le premier en s*appuyant sur les phénomènes les plus ordinaires du frottement; le second, en raisonnant sur la conservation de la force vive dans les chocs. Montgolfier fut conduit à méditer sur ce sujet par certaines considérations tirées de l'étude d'une machine de son invention nommée bélier hydraulique; mais il s'arrêta peu à ces idées, et cet homme remarquable est connu bien plutôt par la découverte des aérostats en papier que par des recherches sur la thermo-dynamique.
Par les progrès de l'optique, el spécialement à la suite des travaux de Fresnel, la généralité des savants fut entraînée à accepter le système des ondes pour eiLpliquer les phénomènes lumineux; on admit que la lumière con-
' Questions (V optique ^ t. V, p. 294 de rédition de Londres, i706.-:> « Ânnon... agit lumen in corpora ad ea cal|^denda scilicet motumque vibrantem in quo calor consistit in pdjj^lÉAxcitanduin? »
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