IDÉE GÉNÉRALE DES DIVERS ÉTATS DES CORPS
pulsive ou d'une eipansibilité en vciiu de laquelle elles choquent fortement les corps qui leur font obstacle. Par suite, on doit admettre que dans ces chocs elles perdent une partie de leur force en la communiquant aux corps qui, libres de céder à leur pression, se mettent en mouvement; d'où abaissement' de température et diminution do la force expansive d'un gaz lorsqu'il produit un travail quelconque. Hais comment peut-on concevoir cette force expansive dans les gaz? comment leur est-elle communiquée? Ceci est une autre question. Nous sommes en présence d'un problème pour la solution duquel nos sens nous faisant défaut, il est nécessaire d'y suppléer par le raisonnement en nous appuyant toujours sur l'observation des faits.
Dans tout ce qui précède, nous avons suivi la méthode spéciale à la physique, c'est-à-dire que, puisant aux sources les plus diverses, notre but a été de réunir les connaissances suffisantes pour connaître la nature du calorique. Le parallélisme que nous avons cherché à établir entre les phénomènes de la lumière, de la chaleur et ceux du son, ne contribuera pas peu à rendre notre étude plus facile; mais nous y reviendrons avec détails dans le livre suivant.
Les mécaniciens et les géomètres qui se sont occupés de la question présente l'ont traitée à un point de vue purement industriel ou mathématique, sans se demander quels étaient la nature de la chaleur et son mode d'action, lis ont envisagé le calorique comme un^ force, et, basant leur raisonnement sur le principe de l'équivalence «ntre un travail déterminé et une quantité de chaleur donnée, ils ont élabli quelques propositions fondamentales suffisantes pour calculer les effets des machines à feu, mais ils ne se sont pas préoccupés de savoir comment le calorique agit daiis riiitérieur des corps.
Cette façon de traiter un problème n'est pas celle du
physicien ; il doit pénétrer plus avant dans les secrets de
la nature» et pour parvenir à une solution plus complèle, il met à profit les recherches des mathématiciens. Indiquons donc les principes fondamentaux sur lesquels sont fondés les calculs analytiques, nous bornant pour le moment à un rapide aperçu,
La chaleur qui pénètre dans un corps quelconque est employée à produire trois effets ou travaux bien distincts :
1° Elle réchauffe;
2° Elle surmonte les résistances intérieures;
3° Elle produit un travail extérieur s'il y a lieu.
La quantité de chaleur employée au premier travail se détermine d'après la quantité nécessaire pour élever la masse unité du corps à 1° de température. Soit K cette quantité, que Ton nomme capacité absolue; si le corps passe de t^ à t^, supposant fi> ^o» "ous aurons la quantité de chaleur absorbée q représentée par :
Celle valeur, étant une quantité absolue, "doit resler constante pour un même corps, quel que soit son étal, car elle dépend seulement de Tinerlie des molécules et de raccroissement de force vive qu'elles acquièrent, laquelle est rigoureusement proportionnelle à la température, en faisant abstraction de toutes les autres réactions.
La seconde partie de la chaleur employée est occupée h surmonter les résistances intérieures, et elle accomplit des travaux de plusieurs genres : (a) elle triomphe de la cohésion en dilatant les corps et (b) en les amenant quelquefois à Tétat liquide, et même (e) à Tétat gazeux. Ainsi les dilatations et les changements d*é(at sont des travaux accomplis par cette autre portion de la chaleur interne. Posons R= les résistances intérieures, et d\ les augmentations de volume. La somme de tous ces travaux
.'ra / RrfV. Or, chaque résistance intérieure est assimi-