CONSÉQUENCES DES FAITS PRÉCÉDENTS
brations moléculaires peuvent servir à évaluer la force mécanique qui les produit et réciproquement. En effet la dilatation thermométrique mesure évidemment l'intensité des ^brations moléculaires; et celles-ci sont reliées à la force mécanique» de telle façon que non-seulement le rapport entre ces deux éléments est constant, mais encore la destruction de la vibration entraine la production de la force; en un mot on peut admettre une véritable transformation. Cette transformation réciproque est aujourd'hui une connaissance vulgaire, et Ton en tire parti pour expliquer un grand nombre de phénomènes naturels : tant il est vrai qu'au point de vue historique, comme au point de vue logique, le problème de la nature du calorique a pris naissance dans la théorie de la chaleur rayonnante et dans les analogies des ondulations lumineuses et calorifiques avec celles du son ; privée de cet appui, la seule notion de l'équivalent mécanique n'aurait pas suffi pour donuerune idée claire du phénomène que Ton nomme la chaleur des corps. Toutefois cette comparaison établie entre le son et le calorique, considérés tous deux comme des mouvements vibratoires, a été poussée trop loin par quelques physiciens ; lorsqu'ils ont envisagé les sons produits par certains corps chauds, dans des circonstances particulières, comme un effet de vibrations calorifiques*. On dépasse les limites d'une induction légitime si dans ce cas on admet un effet direct, car les sons dont nous parlons sont tellement graves, qu'ils supposent des vibrations immensément plus lentes que celles animant les molécules dans les vibrations calorifiques. U faut regarder ces sons comme des effets secondaires résultant soit de la dilatation de Tair
^ Les expériences de ce genre sont assez simples : une médaille en cuivre chauffée avec une lampe à alcool, puis placée sur une enclume ou une autre masse d'un métal élastique produit un son. Ou réussit aussi avec des corps d'une autre forme, et l'expérience est aujourd'hui parfaitement connue.
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interposé, soit de mouvements inégaux dans les corps mis en contact; Fun d*eux se dilatant pendant que l'autre se contracte, ces alternatives produisent un sautillement et par suite une vibration sonore. Quelle que soit l'eiplica- |ij0fi adoptée, les sons ainsi produits prouvent que les moléfeules des corps sont dans une grande agitation; à la vérité, ce mouvement moléculaire n'a jamais été mis en doute, [)as même pair les physiciens qui admettaient le feu pénétrant dans les corps sous forme de corpuscules, et parmi ceux-là je citerai Galilée et Huygens ^ -
Vax résumé, l'examen combiné des phénomènes du calorique rayonnant et de l'équivalent mécanique de la chaleur nous montre manifestement le calorique comme un simple mouvement vibratoire des molécules. La mesure de Tintcnsité de ces vibrations se déduit de la dilatation produite, en d'aulres termes, du travail accompli par elles; pur suite, on considère la température comme variant en raison de la force vive du système. Cette vibration moleculaire quelquefois n'est pas vraiment oscillatoire, mais devient un violent mouvement de projection : tel est le cas des gaz« Dims toutes les théories, les molécules gazeuses sont regardées comme animées d'une force ré-
* tialil<^(>, Scinïte nouvelle, dialogue I, p. 15, édit. de Bologne, l(i5r>. — lliiy^N'us, De hum. loc. cit. plus haut.
Les vibrations acoustiques sont comprises entre 30 et 50000 par «(•cotKlo, loH vibrations lumineuses commencent à 63 triUions pour iinir & UiO irillions par seconde. Un intervalle inunense semble donc 8é|iarcr l^s deux ^a>nres de mouvement ; mais, en réalité, il n'en est rieiK Kn eflct, en dehors des sons compris dans l'échelle harmonique, certain!» ondes envoyées par les corps vibrants, quoique frappant l'oreille par successions régulières, sont impuissantes à exciter la sensation d'un son musical. Nous entendons alors des bruits de diverse nature, des bruissenienUs, des crépitations; à ces vibrations succèdent les oscillations calorifiques obscures dont il est très-difficile d'apprécier la vitesse, et finalement l'agitation moléculaire s'exallant louyours, la rapidité du mouvement devient telle que les ondes engendrées impressionnent la rétine; à ce moment apparaissent les radiatioDS lumineuses.