VAPORISATION DU ZÉRO ABSOLU DE TEMPÉRATURE
Dans les chapitres 6 et 7, nous avons exposé la manière de concevoir les différents étals des corps ; nous devons examiner à présent comment on peut expliquer dans cette théorie les phénomènes qui accompagnent le passage d'un corps d'un de ces états à un autre :
1* Le fait du calorique latent, c'est-à-dire du calorique absorbé ou dégagé lors d'un changement d'état (voy. ch. i, 4« loi) ;
^ La substance des nébuleuses est très-certainement gazeuse, car le spectre de ces corps lumineux présente un fort petit nombre de raies et s'il est une matière qui puisse être dite à l'état élémentaire c'est assurément celle-là.
2^ La variation de la capacité calorifique des substances pendant ces mêmes changements.
Indiquons rapidement les faits dont il nous faut donn^ l'explication.
Lorsqu'on soumet à Faction de la chaleur un corps liquide, une masse d'eau, par exemple : 1® il se produit un travail de dilatatian consistant en une augmentation de volume. Cette dilatation, pour se faire, exige que les résistances intérieures soient vaincues ; par conséquent, outre la chaleur nécessaire pour élever la température du corps, il en faut une certaine quantité pour suffire à ce travail intérieur. La dose de chaleur consommée pendant la dilatation est nommée calorique spécifique. Ce nombre est donc la somme de deux quantités de chaleur : Tune qui échauffe, l'autre qui travaille. 2<^ La chaleur continuant à agir, à partir d'un certain degré, la température de la substance chauffée cesse de s'accroître, et le volume d'augmenter; toute la chaleur fournie au liquide est employée à le transformer en vapeur, c'est-à-dire à surmonter les pressions intérieures dues à la cohésion des molécules liquides, et la pression extérieure, si la vapeur est libre de se dilater. Toute vaporisation comprend trois opérations : (a) il faut chauffer la masse à un degré voulu ; (h) vaincre la résistance moléculaire intérieure; (c) dilater le liquide et en écarter les molécules à un degré nécessaire pour le transformer eu vapeur.
D'après notre théorie, le mouvement des molécules du corps présentera donc trois phases bien distinctes :
(a) La vibration moléculaire acquiert une intensité déterminée; {h) les pressions intérieures (dites forces moléculaires) sont vaincues; [c] les molécules sont lancées avec une vitesse telle, qu'elles deviennent plus ou moins indépendantes.
Évidemment ce dernier travail absorbera à lui seul une force vive énorme; aussi, pour gazéifier une masse liquidei