‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 30 sur 111 · DE U VAPORISATION · texte numérisé non relu

DE U VAPORISATION

il faut une quantité de chaleur supérieure de beaucoup à celle qui en produit la simple dilatation; celte quantité est nommée calorique de vaporisation,

La masse liquide étant réduite à Tétat de vapeur, si on lui fournit une nouvelle quantité de chaleur, elle sera tout entière employée à dilater la vapeur produite et à en élever la température, nous supposons, bien entendu, les molécules libres de toute influence moléculaire, comme cela se présente dans les gaz parfaits. Mais évidemment, pour échauffer le corps pris à Tétat aériforme, il ne faudra pas la même quantité de travail que s'il était liquide; les molécules n'étant plus gênées par leurs voisines, le calorique nécessaire à la dilatation diminuera. Donc, pour élever une masse égale d'une substance donnée, il ne faudra pas le même nombre de calories suivant son état liquide ou gazeux.

Lorsqu'un corps passe de Tétat de fluide élastique à celui de liquide, le même cycle des opérations s'accomplit en sens inverse.

Considérons un gaz très-rapproché de son point de liquéfaction, une vapeur, je suppose; ce corps, abandonnant l'état gazeux, ses molécules doivent perdre leur vitesse de libre translation, afln d'accomplir leur mouvement dans les orbites étroites qui, nous l'avons dit, sont les trajectoires des atomes liquides. Pour se réaliser, un semblable effet exige la soustraction d'une certaine quantité de la force vive de projection renfermée dans la masse, afin que les molécules restent exclusivement animées du mouvement vibratoire. Dans la réalité, cette déperdition se produit peu à peu, et seulement un certain nombre de molécules à la fois abandonnent leur vitesse de projection. De la force devenue ainsi disponible, une partie échauffe les corps environnants, une autre est employé par la portion du gaz encore libre pour résister à la liquéfaction ; de sorte que ces deux quantités dynamiques ra-

niment le mouvement vibratoire de la masse ambiante. affaibli par les influences extérieures. Soit le cas particulier de la condensation de la vapeur aqueuse au sein d*un liquide froid, le mouvement perdu par le corps gazeux se communique à un certain poids de liquide et réchauffe ; on a même fondé là-dessus un mode de chauffage utilisé par l'industrie ; au contraire, le mouvement peut se répandre lentement dans les corps voisins, dont il élève la température ou tout au moins il en empêche le refroidissement.

De même une certaine quantité de vapeur d'eau répandue dans Tatmosphére vient-elle à se condenser en gouttelettes, elle forme un nuage et dégage de la chaleur; une partie de sa force vive est employée à échauffer Tair sous-jacent, et une autre à maintenir sous forme de gaz la masse de vapeur restante. En un mot, nous avons dans ces circonstances transformation d'un libre mouvement de translation d'une partie du corps en mouvement vibratoire de l'autre.

Les groupes moléculaires de la substance ayant perdu leur vitesse de translation et se trouvant réduits à vibrer suivant des courbes trés-resserrées , évidemment, pour obtenir de leur part le même choc sur les molécules voisines, il faudra leur communiquer une force vive supérieure à celle qui auparavant était suffisante, car la même force vive ne produira plus une vibration d'une aussi grande intensité, et, de plus , la dépense de force variera dans des limites assez étendues , car la distance parcourue par les molécules et le nombre des chocs qu'elles exercent contre leurs voisines changent avec la nature et Tétat des corps. 11 y aura donc nécessairement des différences dans les effets produits par une même quantité de mouvement extérieur communiquée à une masse de matière selon l'étal physique sous lequel elle se présentera.

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