‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 40 sur 111 · DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

DE LA CHALEUR

Nous avons vu jusqu'ici que généralement les changements d'état s'accompagnaient d'une absorption ou d'un dégagement de chaleur, fait 'dont on se rend compte facilement, car, suivant les cas, le travail effectué est positif

* Alors même que l'esprit serait conduit un jour à abandonner l'idée de forces diverses, à regarder tous les modes de force comme des manifestations différentes d'une seule et même force, ou à les résoudi^e définitivement en mouvements, il nous serait permis néanmoins d'employer cerlains termes conventionnels pour exprimer les différents modes d'action de cette force unique qui envahirait tout. (Grove, Corrélat. des forces pkynques, p. 329. Paris, 1856.)

OU négatif. Hais dans ces circonstances, on observe souvent quelques particularités utiles à analyser avec attention sinon elles pourraient devenir un sujet de difBcultés.

En considérant un changement dans Tétat d'agrégation d'un corps comme résultat d'un travail, la quantité de force vive absorbée doit être proportionnelle au travtti produit ; or, la grandeur de ce dernier variant avec les différents corps suivant leur disposition moléculaire et leur cohésion spéciale, de même les quantités de chaleur nécessaires à la fusion ou à Tévaporation des diverses substances ne doivent pas être égales entre elles. Ainsi la cohésion de la glace étant notablement moindre que celle du fer, la chaleur absorbée doit être moindre pendant la fusion de la première substance que pendant celle de la seconde. De plus, tout corps solide, avant d'entrer en fusion, exige une certaine élévation de température, lequel degré thermométrique dépend évidemment des obstacles plus ou moins grands opposés à Faction de force qui sépare les molécules.

Or, si on détermine les quantités dont nous avons parlé par rapport à des masses constantes, et en partant du zéro ordinaire correspondant à la glace fondante, ob trouve qu'elles ne sont point en rapport avec les propriétés procédant des attractions moléculaires ; de sorte que Ton pourrait tirer de là une sérieuse objection contre la théorie exposée précédemment. Mais en examinant les choses de près, on voit facilement qu*il ne faut pas s'étonner si la relation indiquée par la nouvelle théorie ne se vérifie pas; car le défaut de concordance provient des principes qui ont présidé à la détermination des termes du rapport. En effet, nous l'avons dit très-souvent déjà, 1° il n'existe aucun rapport entre le zéro conventionnel de notre thermomètre et les quantités absolues de chaleur contenues dans un corps; au contraire, tout indique que si l'on voulait obtenir des résultats cuin-

DE QUELQUES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES CORPS. iOO

parables, il faudrait prendre comme point de dépari ce zéro absolu fixé par nous à — 273®. 2* Lorsqu'on étudie les phénomènes régis par Tamplilude des oscillations moléculaires, par exemple la variation de volume d'un corps sous Tinfluence de la température, il est fort peu rationnel de rapporter les valeurs aux poids et non aux volumes. Eu effet, dans la théorie mécanique, toutes ces questions se réduisent à des calculs de volumes ^ Par suite, une loi peut ne pas se manifester si Ton adopte le zéro ordinaire, et la considération des poids, au contraire, devenir évidente si Ton prend comme bases le zéro absolu et Tobservation des volumes. Semblable chose se présente lorsqu'on cherche à établir les lois de la dilatation, on doit déterminer la variation des volumes bien plutôt que celle des poids. Du reste dans ce cas, l'expérience elle-même a conduit les physiciens à opérer ainsi.

Suivons donc ces préceptes (a) pour calculer les calories de fusibilité, c*est-à-dire les quantités de chaleur nécessaires pour porter de — 275° à la température de la fusion un volume égal de toutes les substances. Nous voyons alors les corps les plus tenaces et les plus résistants être précisément ceux qui absorbent le plus de chaleur, (b) La conclusion est la même si, opérant non pas sur des poids égaux de substances, mais sur des volumes égaux, nous cherchons les ca/ones de fusion, c'est-à-dire les quantités de chaleur qui, suivant Tancienne expression, deviennent latentes pendant la fusion, (c) Et enfin la même proportion s'observe relativement à la dilatabilité des corps.

M. Cantoni', dans le travail déjà cité, ayant fait ces calculs et ces comparaisons, a dressé la table suivante pour les caloriques de fusibilité.

^ Voyez à la fin de ce cliapitre les formules élahiies |)ar les lliéori cieiis.

* Voyez plus haut, p. 60, et l'opuscule déjà cité, p. 47,

lu»

Dt] CALORIQUE.

MÉTADX.

Calories de

fusibilité

à Tol. égaux.

Fer 1576

Cobalt 1527

Platine 1428

Or 1211

Cuivre 1170

Argent 770

Aluminium 606

Zinc 469

Cadmium 205

Antimoiue 240

Plomb 218

Étam 212

Bismuth 164

1I<TABX.

Calories de fusibilité à toi. égaux.

Mercure^ 106

Sodium 83

Potassium 46

métalloïdes.

Sélénium. .

Soufre. . .

Phosphore. .

Iode. . . .

Brome . . .

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