‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 39 sur 111 · DE LA DÉCOMPOSITION CHIIIIQUB · texte numérisé non relu

DE LA DÉCOMPOSITION CHIIIIQUB

dans la nature, et combien sont faibles les agents mécaniques dont nous disposons, lorsqu'on les compare aux forces moléculaires. Nous trouverons encore, chemin faisant, d'autres faits du même genre, et alors ne soyons pas surpris s'il nous faut admettre emmaganisées dans les atomes des gaz une force vive, par suite une vitesse et une quantité de travail véritablement prodigieuses.

Pendant une combinaison chimique, ces vitesses s'éteignant partiellement dans Tune ou dans l'autre des substances en réaction, se communiquent au composé formé et aux corps environnants en produisant les effets mécaniques, tels que explosions et autres phénomènes semblables. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet pour Tinstant, remarquons seulement que dans un corps composé la plus grande partie du mouvement de translation qui appartenait aux molécules de ses éléments constitutifs doit y rester à l'état de rotation, car pendant la combinaison le choc des atomes a certainement communiqué un mouvement de rotation aux molécules ; et cela est nécessaire pour que dans le composé obtenu solide ou liquide les molécules se comportent à la façon des corps élastiques, précisément en vertu de la rotation qui les anime.

Ces décompositions chimiques, opérées par la chaleur, viennent à l'appui d'une hypothèse déjà énoncée, d'après laquelle, par une série des décompositions successives, il ne serait pas impossible d'arriver à extraire des corps réputés simples aujourd'hui, les vrais atomes simples ou éléments constitutifs de la matière. Alors on obtiendrait une matière très-raréfiée, d'une constitution physique, entièrement différente de celle que nous pouvons imaginer, d'après l'étude des corps ordinaires, lesquels présentent tous une structure extrêmement compliquée. Depuis Galilée et Newton jusqu'à nos jours, la croyance à la possibilité d'une telle décomposition est restée dans la science. En effet, quelle hypothèse plus simple permet de fournir

106 DU CALORIQUB.

le dernier terme à la progression des phènomtaes naturels dont les premiers ëlèoDents ont été découverts successivement? A cet état la matière a été tour à tour nommée infiniment petits dynamiques, molécules u, igniculi, corpuscules ; nous rappellerons simplement matière raréfiée.

Rien d'impossible à ce que cette même matière soit celle qui forme le milieu universel, serrant à la propagation de la lumière et nommé éther, et même il serait difficile de trouver une meilleure hypothèse pour mettre d'accord les faits observés avec les opinions des philosophes. Ainsi, pour nous, Téther sera constitué par les atomes primitifs de la matière ordinaire. La simplicité de constitution que nous attribuons au corps simple le plus léger connu, c'est-à-dire à l'hydrogène, est certainement (rès-éloignèe de la simplicité atomique de l'éther; toutefois il est bon de remarquer que les corps simples formant une série dont les termes ont une constitution de moins en moins complexe, cette série doit avoir une fin : le terme extrême est l'éther; mais il est peu probable que nous disposions un jour de moyens capables de réduire la matière à un semblable état. La matière raréfiée doit se trouver partout et les atomes composés de la matière ordinaire dans leur mouvement doivent nécessairement la choquer, Tentraîner avec eux dans leur rotation et la disposer autour de leur surface sous forme de tourbillon ; dans l'étude de la formation des corps, il faut donc tenir compte de Tinfluence de ces touriiiillons et des pressions que peut exercer ce miUeu universel. Dès lors, la théorie admise jusqu'ici est imparfaite, et nous devrons reprendre la question lorsque nous aurons établi sur des preuves suffisantes Texistence d'un milieu universel. En effet, deux molécules en rotation réunies par leur seule inertie, à la manière de deux corps durs, pour être séparés, exigeront un effort bien différent de celui qu'il faudrait employer pour les désunir si elles étaient rendues adhérentes par Teftet d une pression extérieure

comme le sont les deux hémisphères de Magdebourgy par exemple.

Mais avant de donner à ce sujet un plus grand développement, il faut poursuivre l'exposition des faits et Tétude des rapports existant entre les propriétés physiques des corps et leurs propriétés thermiques, nous acquerrons ainsi de précieuses indications sur l'origine mécanique de la chaleur.

Souvent, pour éviter les périphrases inutiles, nous continuerons à employer les expressions anciennes, peu en rapport cependant avec la nouvelle théorie dynamique ; en cela nous suivrons le conseil donné par Grove et nous nous servirons -de ces termes comme d'expressions purement conventionnelles, destinées à représenter les différents élats et modes d'action d'une seule et même cause, le mouvement. Les astronomes ne font pas autrement, en conservant une grande quantité de locutions basées sur le mouvement apparent, qui cependant n'existe pas ^

Page 1