‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 42 sur 111 · CORPS COMPOSÉS · texte numérisé non relu

CORPS COMPOSÉS

Nitrate de soude. . . . 158,6

Phosphate de soude. . . 97,0

Glace 72,7*

Cire d'abeilles 30,5

Ces exemples peu nombreux (car nous avons Hroité nos citations) suffisent cependant pour mettre en pleine évidence la relation signalée entre la cohésion d'un corps et la quantité de calorique nécessaire pour détruire cette force et amener le corps à l'état liquide. Nous voyons, en effet, les nombres de calories être proportionnels à la ténacité que présentent les diverses substances à une température peu élevée.

Cependant ces rapports ne sont pas aussi simples et aussi saillants qu'on pourrait le désirer; car lors de la rupture d'un solide, il faut tenir compte d'un grand nombre d'éléments qui tous prennent part au travail passif de la séparation et de la désagrégation des molécules. Les éléments du problème varient d'une substance à l'autre. Dans certains corps, en effet, il faut faire la part delà dureté, dans d'autres de la ténacité ; pour ceux-ci de l'élasticité, pour ceuxlà de la flexibilité. Or un grand nombre de ces propriétés sont jusqu'à présent mal connues, et il serait impossible d'en fixer la véritable mesure et le coefficient. L'influence de la forme cristalline se fait sentir dans presque tous les corps, et à tel point que la même substance absorbe pour fondre une quantité de chaleur différente suivant qu'elle est amorphe ou cristallisée. De plus, il faut encore tenir compte de la variation de volume qui se produit subitement pendant la liquéfaction, et constitue un nouveau tra-

• On trouve 70,2 en prenant le poids pour unité*

vail. On peut considérer ces actions moléculaires conuue autant de pressions intérieures s'opposant à )a séparation des molécules, et il doit arriver, pour elles, ce que Ton observe relativement aux pressions extérieures, lesquelles changent le point de fusion ou de solidification des corps. Ainsi, à l'aide d'une pression suffisante on peut abaisser le point de solidification de l'eau au-dessous de zéro, et on a pu la maintenir liquide jusqu'à — i8° eu la comprimant à i 000 atmosphères (Mousson) . Or, comme au-dessous de zéro l'eau continue à se dilater, et comme cette dilatation augmente encore lors de sa cristallisation, on comprend pour-, quoi, renfermée dans un vase assez résistant pour ne point céder à cet effort expansif, l'eau refroidie à une très-basse température reste toujours liquide, ainsi que Rumford Ta expérimenté. 11 est bon de savoir que l'abaissement du point de solidification de l'eau par l'influence de la pression a élé indiqué a priori comme une conséquence de la théorie mécanique de la chaleur S et cette même théorie nous a appris que la réciproque devait être vraie; c'est-à-dire que l'on pouvait élever le point de solidification des substances qui se contractent au moment où elles reprennent l'état solide. L'expérience a confirmé cette nouvelle déduction. En effet, le soufre qui, éprouve une contraction lors de sa solidification, fond à lO?"", sous une pression de 1 atmosphère et à 140^ sous une pression de 808 atmosphères.

On peut suivre un second procédé pour transformer un solide en liquide ; il consiste à en opérer la dissolution dans un liquide. Dans ces conditions, il se produit également une absorption de chaleur, et il nous faut déterminer toutes les circonstances qui peuvent exercer une certaine influence sur le phénomène. Parmi celles-ci, outre la désagrégation du corps solide, on doit compter le travail nécessaire pour disséminer le solide dans le dissolvant, et le changement

* \V. Thomson, on the Dynamitai thcory of hcal. Traus. U. Soc. Ldiinlj., 1852, p. 271.

de volume survenu dans le mélange. L'expérience prouve que Tabsorption de chaleur est plus grande lorsque le mélange est fait avec une grande quantité de liquide, et lorsqu'il y a augmentation de volume K Au moment du mélange de certains corps solides, il peut survenir une liquéfaction. Le phénomène est alors assez complexe, car d'une part l'action chimique n'étant pas étrangère au phénomène, la chaleur qu'elle dégage favorise la fusion des solides, et d'une autre le changement d'état détermine un refroidissement. Tel est le cas des mélanges réfrigérants que Ton forme soit avec la glace et le sel, soit avec d'autres substances. Dans les divers cas de la pratique, il sera toujours possible de reconnaître quel est le résultat final produit par la force vive calorifique ïourme aux substances; mais il sera difficile d'évaluer exactement quelle espèce de travail elle aura accompli. Les considérations précédentes relatives aux phénomènes accompagnant la fusion des solides considérés sous le rapport de l'excursion moléculaire, et la nécessité de calculer leurs éléments numériques en les rapportant aux volumes, peuvent s'appliquer également à la vaporisation. Si, comme cela se pratique habituellement, on évalue par rapport aux poids les calories de vaporisation (le calorique dit latent), on ne trouve aucune relation entre ces quantités et les propriétés physiques des corps, tandis que faisant les calculs sur des volumes égaux, la relation est évidente. Voici des exemples :

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