‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 65 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

RÉFLEXIONS SUR LES EFFETS lliCANIQUES BES RADUT10N8 LUmNEOSES. HYPOTUàSB SUR LA STRUCTURE IRTéBlEDRE DES COUPS DÉDUITE DE LA THÉORIE DE l'ÉTOER.

DaDS les chapitres précédents, nous avons réuni un grand nombre de faits relatifs à la chaleur et aux réactions chimiques et nous avons fait voir peu à peu qu'ils se réduisent à de simples phénomènes de mouvement; il convient maintenant d'envisager ces questions d un point de vue général.

La force vive des radiations solaires calorifiques et chimiques peut se communiquer à la matière pesante en produisant un travail intérieur; ce travail est double, il comprend un certain effet tiiermique et une action chimique.

D'abord la première impression des radiations solaires sur la matière pesante consiste dans l'élévation de la température, c'est-à-dire dans l'accroissement du calorique d'état. Le mouvement de l'éthcr étant convertible en mouvement des atomes matériels, réciproquement ceux-ci à leur tour peuvent communiquer leur agitation k l'éther. Or, d'ordinaire, un corps qui absorbe de la chaleur présente une température inférieure à celle de la source dont elle émane; il en résulte que les ondes solaires, de courtes, deviennent longues; mais celles-ci, ne pouvant pas traverser certains corps diaphanes (une couciie d'air épaisse, par exemple, ainsi que l'a montré Melloni), une grande partie du mouvement solaire reste acquise à la niasse pesante et à l'éther qu'elle renferme. Pour fixer les idées à ce sujet, nous rappellerons que sur la somme de radiations solaires arrivant aux limites supérieures de notre atmo-

sphère, un quart seulement pénètre jusqu'à nous, mais on peut regarder cette fraction comme absorbée et conservée par les corps terrestres et les couches inférieures de Tatmosphère.

A Teffet thermométrique succède un changement d'état; alors le travail absorbé est tout entier utilisé pour modifier Tarrangement moléculaire. Il est bon de rappeler ici. comment Fresnel s'exprimait à ce sujet longtemps avant que les théories thermo-dynamiques fussent en grande faveur. (( II est probable que dans ces différents cas (d'absorption) une partie de la lumière se trouve dénaturée et changée en vibrations calorifiques qui ne sont plus sensibles pour nos yeux, parce qu'elles ne peuvent plus en pénétrer la substance ou faire vibrer le nerf optique à leur unisson, en raison des modifications qu'elles ont éprouvées^. Hais la quantité totale de la force vive doit rester la même, à mou» que l'action de la lumière n'ait produit un effet chimique ou calorique assez puissant pour changer l'état d'équilibre des particules du corps, et avec lui l'intensité des forces auxquelles elles sont soumises, car on conçoit que si ces forces s'affaiblissaient tout à coup, il en résulterait une diminution subite dans l'énergie des oscillations des particules du corps chauffé, et par conséquent une absorption de chaleur, pour me servir de l'expression usitée. C'est peut-être ainsi que les choses se passent quand un corps solide se liquéfie ou quand un liquide se vaporise*. » Dans ce passage, Fresnel admet la transformation de la lumière en chaleur, et il indique, d'une façon un peu obscure, il est vrai, mais suffisante, comment, dans tout changement d'état, il se produit un travail qui absorbe une certaine quantité de la force vive des ondes lumineuses.

Les radiations solaires déterminent, avons-nous dit, de

' Celte opinion a été justiiiée par l'expérience, car on a reconnu que les milieux de l'œil étaient aussi alhermanes que l'eau. (Janssen.) * Fresnel, Suppl. à la Chimie de Thomsont p. 136, à la fln.

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