‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 64 sur 111 · EFFETS MÉCANIQUES DE L\ LUMIÈRE · texte numérisé non relu

EFFETS MÉCANIQUES DE L\ LUMIÈRE

dont nous nous occupons sont causés par une vibration particulière; mais sur les détails ils sont loin de s*entendre. Les uns» considérant que dans la fluorescence, par exemple, les ondes réfléchies sont moins réfrangibles que les ondes incidentes, comparent reffet produit à celui connu en acoustique sous le nom de battements. On sait que si deux sons séparés par un faible intervalle résonnent simultanément, un troisième son ne tarde pas à se faire entendre plusgrave que les premiers. Or, suivant Topi- -nioB-de ces physiciens, les vibrations moléculaires peuvent donner lieu à de semblables compositions de mouvement. Pour d'autres savants, les ondes de la fluorescence se développent exclusivement dans Téther par une aclion de la matière pesante, de même que dans le phénomène de l'écho, des ondes parallèles à la surface réfléchissante, nommées encore ondes fixes^ prennent naissance et restent parfaitement distinctes de celles qui, renvoyées régulièrement, ont éprouvée une simple réflexion. (Âmgstroem.)

A notre tour, nous risquerons une explication. En regardant les vagues déferler sur la grève, nous avons fait cette remarque que lorsqu'elles approchent de la terre et que l'influence du fond se fait sentir, leur crête devient parallèle au rivage, puis elles se brisent et alors produisent des ondes réfléchies dont la longueur est toute différente de celle que présentait le flot venu de la haute mer. Or, qui nous empêche d'admettre que dans la fluorescence, les ondes de l'éther, en rencontrant certains corps, se brisent et donnent naissance à des ondes d'une réfrangibilité différente, puisque celles-ci sont difl'usées par la surface réfléchissante; je dis diffusées, car il en est réellement ainsi de la lumière renvoyée par les substances fluorescentes, puisque ces corps sont visibles dans toutes les directions?

De nouvelles recherches sur ce point délicat permettront de trouver la véritable théorie des phénomènes. Pour le moment, faisons remarquer simplement : 1® que la com-

binaison des ondes de Féther a^ec celles de la matière pesante peut donner naissance à des mouvements résultants différant de ceux auxquels ils sont dus; 2<* qu'une production de lumière n'est pas toujours un eflet d'une haute température, car pendant certaines réactions soit chimiques, soit moléculaires se développent quelquefois des onde^ assez courtes pour impressionner le sens de la vue. Nous citerons comme exemples les lueurs dégagées par quelques insectes et mollusques marins, celles qui accompagnent Toxydation lente du phosphore, la putrébction des poissons et plusieurs autres phénomènes de combustion lente.

Jusqu'à présent, on n'a pas constaté l'existence d'actions mécaniques dues à Tinfluence directe de la lumière, à moins de regarder commetels les faits observés par Poggioli sur les plantes semitives, qui, exposées aux rayons directs du soleil, se ferment aussi complètement que si on les avait touchées avec un corps étranger *.

Ajoutons que d'après les expériences de Becquerel, citées par Grove', que dans un grand nombre de cas une action mécanique suffit pour déterminer des réactions chimiques.

Mais si par leur action directe les radiations lumineuses ne sont point capables de produire des effets mécaniques, elles sont indirectement la cause de phénomènes de ce genre extrêmement nombreux, et nous devons dire quelques mots à ce sujet.

* Voy. Œuvres de Poggioli. Rome, 4862.

* Corrélat. des forces physiques.

Page 1