‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 72 sur 111 · DE LA LUMIÈRE DANS LES MILIEUX SOLIDES · texte numérisé non relu

DE LA LUMIÈRE DANS LES MILIEUX SOLIDES

dans toutes les directions. Le fer oligiste, la carthamine, présentent Topacité métallique pour certains rayons et sont parOadtement transparents pour d'autres , preuve évidente que l'absorption de la lumière par un corps ne dépend pas ÔB sa nature chimique, mais de sa structure moléculaire. Ajoutons encore que par réflexion les métaux polarisent la lumière en ellipses assez larges et les corps transparents en dlipses très-étroites.

En rièsumé, nous voyons que les vibrations transversales peuvent s'éteindre en traversant un milieu parfaitement perméable aux mouvements d'une autre nature, et que ees différences sont dues à la disposition moléculaire. Tel mode d'agrégation des atomes produit une substance diaphane, et tel autre la rend opaque : la première sera isolante, la seconde conductrice.

Deux questions se présentent naturellement ici : 1^ en qael genre de mouvement se transforme la vibration lorsqu'elle est absorbée? se transforme-t-elle en chaleur, c'està-dire en mouvement de la matière pondérable, ou bien en une autre espèce de vibration? La réponse n'est pas difficile : d'abord il est hors de doute que le mouvement ne s'anéantit pas, Tobservation journalière nous le prouve; un métal exposé au soleil ne s'échaufTe-t-il pas fortement ; par contre, dans les mêmes conditions, la température des corps transparents varie à peine. De plus, dans les métaux, il se produit un autre genre de mouvement intérieur, le mouvement électrique, sur lequel nous insisterons plus tard. 2® Pourquoi les propriétés des métaux sont-elles si opposées à celles appartenant aux corps diaphanes? Sur ce point, les conjectures seules sont possibles. Qu'il nous soit donc permis de soumettre à l'appréciation du lecteur les quelques aperçus suivants. En étudiant les formes cristallines des métaux , on les a trouvées toutes voisines du cube ; d'où l'on pourrait conclure que leurs atomes sont très-probablement sphériques, ou peu s'en

faut. D une manière plus générale, leurs moments d*inertie présentent une égalité parfaite ou très-sensiblement parfaite. Dés lors les molécules, dans rintèrieur des masses métalliques, seront d une grande mobilité et pourront facilement obéir aux moindres impulsions; par conséquent, en se déplaçant pour occuper de nouvelles positions pendant un temps plus ou moins long, elles absorberont la majeure partie de la force vive communiquée à ces masses. Inversement dans les corps diaphanes (qui, pour la plupart, sont des corps composés), les molécules primitives ayant leurs axes d'inertie assez inégaux, sont moins facilement écartées de leurs positions d*équilibre pendant la transmission d'un mouvement à travers leur substance. Donc, ces mouvements passeront facilement en contow^ nant les molécules ^ Ainsi voyons-nous les ondes développées à la surface de Teau s'éteindre au contact des corps mous et flexibles, et si par contre un corps dur se présente, ^lles le contournent et continuent leur progression. On peut donc ajouter aux causes d'absorption de la lumière l'imparfaite élasticité des substances métalliques qui empêche la propagation du mouvement dans leur intérieur.

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