‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 89 sur 111 · ACTION CHIMIQUE ET CHALEIR DANS LA PILE · texte numérisé non relu

ACTION CHIMIQUE ET CHALEIR DANS LA PILE

dans un vase rempli d*eau. Au confimencement il n'y a aucune décomposition chimique ; mais, au contraire, on observe de petites décharges lumineuses, et la surface des fils est revrtue d'une sorte de voile ou de gaîne lumineuse qui donne au fil le même aspect que s*il était incandescent, quoiqu'il ne le soit pas. Les fils font entendre un léger sifflement dû très-probablement au dégagement de la vapeur; enfin Teau s'échauffe rapidement et, en quelques instants, arrive à l'ébullition, sous Tinfluence de la chaleur qui, par l'intermédiaire de deux pointes de charbon, se serait manifestée sous la forme d'une brillante gerbe de lumière. Mais si l'on enfonce les électrodes dans l'eau, lorsqu'ils atteignent une certaine profondeur, immédiatement l'action chimique commence, la température du liquide diminue et tout retombe dans le cas d'une électrolysation ordinaire avec légère élévation de température. Dans cette belle expérience, il y a évidemment substitution d'une action chimique à une action calorifique. Le dégagement de chaleur observé dans la première phase du phénomène nous paraît devoir s'expliquer ainsi : l'action calorifique du courant, étant condensée sur une faible surface, échauffe fortement le fil de platine; cependant le fil ne peut atteindre l'incandescence, car il y a soustraction incessante de chaleur de la part du liquide qui l'environne, mais il atteint une température supérieure à celle de l'ébullition de Peau, par suite celle-ci passe à l'état sphéroïdal autour de la surface des électrodes et dès lors ne les mouille en aucun point. Le contact immédiat de l'eau et de l'électrode n'existant pas, la décomposition chimique n'a point lieu. Mais si le fil conducteur pénètre de plus en plus dans la masse fluide, la surface en rapport avec l'eau augmente de môme, et à partir d'une certaine longueur immergée la déperdition de chaleur est telle que le fil ne peut conserver une tempéra-

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ture suffisamment élevée pour maintenir l'eau à Tètat sphéroidal ; alors le contact s*établissant entre Teau et le platine, la décomposition chimique commence ^ On obtient des effets analogues avec les courants extrêmement courts des batteries de Leyde. En faisant passer la décharge dans un fil métallique, on les volatilise sur une longueur assez considérable ; mais en dirigeant la décharge à travers Feau, tout se réduit à une décomposition peu marquée.

Il est donc évident que tout travail chimique déterminé qui s'accomplit entre les pôles d'une pile peut être remplacé en totalité ou eir partie par un travail 8oitthe^ mique soit mécanique. Thompson dit avec une grande justesse que supposant trois piles égales dont l'une décompose un liquide, la seconde échauffe un fil et la àernière exécute un travail mécanique, ces piles étant par hypothèse exemptes de toutes résistances passives intérieures, on obtient pour un même poids de zinc dissous' une quantité constante de travail, laquelle transformée en action mécanique ordinaire représente l'équivalent mécanique de la chaleur. Mais nous avons vu dans le premier livre quelle énorme quantité de chaleur devient latente par le fait de la dissociation élémentaire qu'exige la moindre décomposition chimique; aussi, dans l'exemple cité, l'effet chimique doit paraître de beaucoup inférieur aux deux autres, et il en est réellement ainsi.

Actuellement plusieurs questions importantes se présentent à nous. Demandons-nous premièrement : à quel genre d'action physique se réduisent les décompositions chimiques? pourquoi, si l'on veut obtenir un même effet avec

* Voy. notre mémoire sur la lumière électrique, p. 74, Nuavo Civutnto, vol. lY. Cette expérience, que nous croyions nouveUe, avait déjà été faite par Quet et ensuite par Despretz avec une pile de IW éléments de Bunsen, aussi ce dernier a-t-il pu obtenir sur les liquiite des phénomènes extraordinaires de dilatation.

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