ACTION CHIMIQUE ET CHALEUR DANS LA PILE
diminuent en raison simple de la quantité d'électricité et l'action thermique en raison doublée de cette même quantité, il s'ensuit que la chaleur dégagée doit être moindre que le travail effectué.
I/électricité étant un mode de mouvement, comme la chaleur et la lumière, elle se modifie diversement selon la nature du travail produit. Mais que le courant produise du mouvement, de la lumière ou de la chaleur, la force vive ne pouvant ni se perdre ni se créer, la même quantité de travail sera mise enjeu dans toutes ces transformations; celui qui essayerait de contrôler expérimentalement ces inductions théoriques rencontrerait des difficultés nombreuses, car il lui faudrait reconnaître les divers genres de travail, et évaluer numériquement chacun d'eux d'après les principes de la mécanique. Nous rencontrerons des écarts encore plus considérables en étudiant les phénomènes d'induction, lesquels représentent un travail d'une nouvelle espèce^ Mais, quelle que soit la diversité des métamorphoses, le principe général de la conservation de la force vive reste vrai. Parvenus à ce point de notre élude, ne devient-il pas évident que Télectricité n'est qu'une forme de mouvement dont les rapports avec la chaleur et l'action chimique sont des plus étroits; que ce n'est point un principe distinct des autres agents naturels comme le croyaient les premiers expérimentateurs, et que même elle se réduit à une modalité secondaire des forces de la nature. Cette conclusion deviendra encore plus évidente par la suite.
* Les questions que nous traitons actuellement sont d'un grand intérêt; elles ont occupé des physiciens distingués. Soret et Clausius (Archives des sciences naturel les, t. XI. VI, 1857. p. 120 et suivantes et p. 170); Favre (ibid., 1859, p. 359). Voy., dans la note de Clausius, comment il rattache le fait fondamental à la théorie de la chaleur. Â,u fond, tons ces auteurs admettent une augmentation de résistaDce, mais de résistance dynamique, (Voy. Leroux, loc, cit,^ p. 160.)
Dans ce sujet, règne encore sur plusieurs points une grande obscurité; il ne nous appartient pas de la faire disparaître, mais nous engagerons les observateurs à examiner ces problèmes, ils présentent un beau sujet de recherches, et leur solution fournira des données utiles sur la corrélation des divers mouvements.
Afin de rendre plus claires les vues exposées un peu plus haut sur le transport des éléments par le courant, il importe de faire la remarque suivante. Les physiciens discutent encore pour savoir si, oui ou non, les liquides peuvent conduire un courant sans éprouver une décomposition électrolytique. La question est fort délicate. Cependant considérant que les liquides appartiennent à la classe des corps diaphanes, considérant combien ils s'éloignent des métaux par leurs propriétés optiques, on est autorisé à croire que, de même que les métaux ne transmettent pas les mouvements transversaux, de leur côté les liquides sont dans les conditions semblables à Tégard des mouvements longitudinaux. Tout au moins ils ne se laissent pénétrer par les vibrations longitudinales que jusqu'à une petite profondeur, et cela suffit pour troubler leurs molécules, d*où il résulte une série de décompositions et de recombinaisons successives, par l'intermédiaire desquelles Téquilibre de tension du courant se trouve établi.
Aux premiers paragraphes de ce chapitre nous avons indiqué comment plusieurs substances étant précipitées voltaïquement , les poids des substances déposées dans un même temps sont proportionnels à leurs équivalents; nous pouvons condure de là que tous les corps présentent la même capacité électrique; en d'autres termes, la même quantité de mouvement électrique est toujours nécessaire pour décomposer un équivalent d'une substance quelconque. Telle est la seule façon exacte de comprendre l'expression capacité électrique. Nous retrouvons là une loi parfaitement homologue de celle qui a été posée en traitant
des effets calorifiques produits par les actions mécaniques. .Jusqu'ici nous ignorons complètement m Jes quantités d'éther qui forment les almosphères des atomes pondérables sont égales, quelle que soit la nature des particules matérielles ; cependant la chose n'est pas impossible, et dans ce cas les atmosphères pourraient difrérer entre elles par la densité et par la vitesse de rotation.
Voilà tout ce qu'il nous est permis de dire sur une matière aussi difficile; et sur laquelle nos connaissances sont très-insuffisantes malgré le nombre des expériences, faites à ce sujet. Voyons maintenant si, en renversant le problème et cYi cherchant les lois de l'électricité mise en mouvement par la chaleur, il est possible dé pénétrer plus avant dans cette question pleine de mystères.