‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 110 sur 162 · DU COURANT · texte numérisé non relu

DU COURANT

pitre précédent nous prouvent que la ligne affectée par la fm*ce électrique^ est le siège d'une action particulière sur la matière, et nous fournit des nouvelles données sur le mode d'action de cette force, et nous permettra d'éclairer les phénomènes de tension. Pour la brièveté de langage nous appellerons avec les physiciens — courant électrique — cette même ligne affectée par la force électrique^ sans cependant pour le moment supposer qu'aucun fluide véritable soit en circulation.

Les effets que nous venons de rappeler succinctement sont décrits tout au long dans les cours élémentaires de physique; nous ne nous arrêterons donc pas à leur exposition; il nous suffit de faire remarquer que ceux obtenus lorsqu'on ferme le circuit d'une pile diffèrent seulement par l'intensité de ceux que Ton obtiendrait en réunissant, à l'aide d'un fil métallique, les coussins de la machine électrique ordinaire avec ses conducteurs; Cependant la pile nous offrant une plus grande facilité pour répéter les diverses expériences, elle est employée de préférence dans les démonstrations. Fidèle à la marche suivie dans les chapitres précédents, nous exposerons d'abord les faits, puis nous chercherons à les interpréter.

Commençons par les propriétés fondamentales du courant. Une des particularités caractéristiques du courant, c'est d'avoir une direction déterminée, si bien qu'il produit deux séries de phénomènes inverses, en allant du zinc au cuivre et en circulant du cuivre au zinc. On admet que le courant circule du pôle positif au pôle négatif, dans les conducteurs, c'est-à-dire, que l'on nomme sens du courant celui du dégagement de l'hydrogène, lors de la décomposition électrolytique de Teau. D'où il résulte que le sens du courant, dans un fil réunissant le pôle zinc au pôle cuivre, sera la direction prise en allant du dernier zinc au premier cuivre.

Cette propriété du courant d'avoir une direction est encore rendue très-manifeste par les découvertes d'Œrsted. Avant ce physicien, dans toutes les expériences relatives aux attractions et aux répulsions produites par la pile, on avait toujours maintenu séparés les pôles ; aussi obtenait-on simplement les attractions et les répulsions ordinaires propres aux corps électrisés par tension. Œrsted employant dans ses expériences une aiguille aimantée.

Courants de la macliinc électrique.

Direction du courant.

Expérience d'Œrsted.

Influence sur Kaiguilk magnétique.

Polarité ti'ansv('rs;ile

(les toncliiclouri'.

Recli«rrbes d'Ampère.

Insuffisance

de la théorie

d'Œntted.

280 DE L^LEGBIGITÉ.

comme moyen électroscopique, eut le bonheur de voir l'aiguille, qui se mouvait à peine lorsque les pôles étaient séparés, se dévier, au contraire, très-fortement lorsque le circuit conducteur était fermé.

Même en regardant l'observation dont nous venons de parler comme due à un heureux hasard, nous ne saurions trop admirer toute la sagacité déployée par le physicien danois dans Tétude des lois du nouveau phénomène, dont il varia les conditions de toutes les façons imaginables. Aussi fit-il connaître la série complète des lésultats que l'on peut obtenir en faisant agir sur une aiguille aimantée un conducteur traversé par la force électrique. La règle suivante résume tous les cas. Supposons une aiguille aimantée, en équilibre, et un fil traversé par le courant placé au-dessus d'elle parallèlement à sa longueur, la pointe nord de l'aiguille dévie vers l'ouest ou vers l'est, suivant que le couranl s'avance vers le nord ou vers le sud ; le contraire se produit si le fil est au-dessous de l'aimant.

Œrsted essaya de donner une théorie de ces faits, il les rapportait à une polarité transversale communiquée au fil par le couranl électrique. D'après ses idées, un fil traversé par le courant pouvait être assimilé à un assemblage d'aimants très-petits, perpendicu- Inire à sa longueur, il n'était donc pas étonnant de voir l'aiguille se mettre en croix avec sa direction, car ainsi elle devenait parallèle aux aimants moléculaires. A l'exception des phénomènes qui lui ont donné naissance, aucun fait nouveau ne vient appuyer cette théorie, aussi doit-elle être considérée comme une façon particulière d'exposer les résultats obtenus, ingénieuse il est vrai, mais ne reposant sur aucune démonstration solide.

Ces découvertes furent connues en France quelques mois après leur publication, cl aussitôt elles attirèrent l'attention d'Ampère. Il aborda cette question avec la supériorité que seule peut donner une connaissance approfondie des mathématiques; en quelques semaines, une science nouvelle était créée; et c'est à juste titre qu'Ampère a été nommé le Newton de Vélectro- dynamique,

La théorie d'Œrsted fut promptement abandonnée, car on reconnut qu'elle péchait par deux points capitaux : 1° elle explique l'inconnu par l'inconnu. En cifet, qu'est-ce que la polarité, et,

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