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DES LOIS DE PROPAGATION DE LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE

agissant de la même manière, avec la différence cependant que, dans le cas des courants électriques, la résistance est proportionnelle à toute la section, tandis que pour les liquides cette résistance varie avec un terme dépendant du périmètre de la section ; différence qui s'explique facilement par la raison que le torrent clcclrique envahissant non-seulement la surface du (onducteur, mais répaisseur entière de la masse, éprouve une résistance de la part de loutes les moIécule^^ 2° La résistance n'est pas spécifiquement la même pour les diverses substances, e^une diflerence de section dans l'une est souvent compensée dans une autre par un pouvoir conducteur plus grand ; ainsi un fil de platine résiste onze fois plus, et un fil de fer sept fois plus qu'un fil de cuivre. Cette conductibilité plus ou moins grande permet d'obtenir des effets d'égale intensité avec des fils de diamètres inégaux; ainsi un courant capable de porter à l'incandescence un fil de cuivre très-fin mettra en ignition un fil de platine beaucoup plus gros, et tel courant qui échauffera faiblement un fil de cuivre ou d'argent fondra au contraire un fil de platine.

La chaleur engendrée dans les conducteurs par le courant serait donc le résultat du frottement et de Tagitation déterminés par le flux électrique faisant irruption au milieu des molécules, auquel cas il est indifférent que le courant soit un flux de matière pondérable très-raréfiée ou un flux d'éther. La somme des oscillations accomplies par les molécules est lellement petite que Ton peut considérer la vitesse communiquée comme simplement proportionnelle à la vitesse du courant, dès lors la température qui est le travail effectué sera proportionnelle au carré de cette même vitesse, conclusion conforme aux rcsnllats obtenus par M. Marié Davy*.

' On peut acquérir des notions très-utiles sur la natuie du flux électrique, en étudiant les phénomènes lumineux qui se produisent lors de la disjonction des conducteurs interpolaires d'un appareil électrique. Ces phénomènes étant extrêmement variés, essayons de les ramener à quelques types principaux.

V Quand une large interruption est établie dans un arc métal-

* Voyez Recherches théoriqueSt de, Marié Dnvy. Pnrii», 1862, et Thomson, phih' soph. Iransact.y 1850, page 050, note.

Résistance spcciliquc.

Origine (le la clialeiir dans les comlM'-.fciii's.

tludd de réiiticelle.

Cuuses do

rincanilcs-'

cuiice.

Nécanisme de la dccliarf^e.

298 DE L*Ér.ECniCITÉ.

iique dont les extrémités sont en relation d'une part avec les coussins et.de Tautre avec les conducteurs d'une machine électrique, on obtient la forme la plus connue de la décharge lumineuse; Textrémité positive présente une aigrette brillante et l'extrémité négative un point lumineux figurant une étoile. Ces lueurs, examinées par réflexion sur un miroir tournant, ne se montrent pas continues, mais formées d'étincelles très-petites. Dans un milieu extrêmement rare, tel que celui du récipient d'une bonne machine pneumatique ou des tubes de Geissler, la décharge est stratifiée, qu'elle soit produite par un courant volta-électrique ou par un courant d'induction. Enfin, de même avec une bouteille de Leyde la décharge, au lieu d'être simple, est composée d'une série de décharges partielles se succédant sans interruption, de telle sorte que Ton pourrait croire à un mouvement ondulatoire discontinu.

L'incandescence des molécules durant ces phénomènes est causée par l'agitation considérable de la matière, agitation que l'on observe constamment lorsqu'un flux se produit par flots successifs ; exemple, la fumée sortant d'une cheminée par bouffées successives; Teau elle-même lorsque, soumise à de très-fortes pressions, elle se meut par ondes successives comme l'ont montré les observations faites sur les tubes de la conduite d'Alatri, dans lesquels Teau coule sous une pression de 155 mètres. Or, de même que le courant succède toujours à la tension électrique, ainsi dans un fluide, une veine liquide succède à une pression hydrostatique : les conditions sont donc parfaitement comparables.

Pendant longtemps on ne comprit rien à la façon dont s'accomplissait la décharge. Elle semblait à première vue une explosion éclatant à la fois sur les deux extrémités des rhéophores, et on la supposait produite par deux fluides en mouvement : le positif et le négatif. Ces déductions étaient erronées, car en réalité l'étude de l'étincelle ne prouve rien autre chose, si ce n'est que la condensation et l'ébranlement de la matière pesante acquiert une plus grande violence dans les parties voisines des extrémités entre lesquelles la décharge jaillit. On peut voir sur les figures de Feddersen^ que

^ Gassiot, Proceedings /?. Soc., London, vol. XU, p. 358. Fedderscn, Ann. chim. et jyhysifjnc, octobre 1863.

DES LOIS DE PftOPAGATlON DE U bECllAHGE ÉLECIRIQUE. ÎIOO

Tétincelle est compacte à ses deux extrémités et plus large, par suite moins brillante en son milieu. La formation de l'étoile lumineuse au pôle négatif s'explique sans qu'il soit nécessaire de supposer l'écoulement d'un fluide spécial par cette extrémité, la lumière et la chaleur qui s'y produisent peuvent en effet provenir de l'agitation suscitée par le flux électrique positif entrant dans lo conducteur par l'extrémité négative.

Cependant, afin de prouver qu*un fluide sortait à la fois des Espéneurcs deux pôles, on citait Texpérience suivante : une décharge électri- pouricfluido (|ue étant lancée à travers plusieurs feuilles de papier, on voit les. "•^«a'ï^ bords du papier renversés les uns vers le pôle positif, les autres vers le pôle négatif. Ces résultats ne prouvent rien en faveur de l'existence d'un fluide négatif, car ils sont dus à Texpansion de l'air ou des substances vaporisées qui se sont dilatées dans tous les sens. On a observé qu'une plaque de matière molle, percée par un boulet, présente des bords renversés dans le sens opposé à la direction suivie par le boulet en pénétrant dans la masse. Nous avons vu souvent dans l'expérience du crève-vessie, les bords de la membrane renversés en sens inverse du mouvement de l'air qui rentre dans le manchon de verre; et nous avons encore pu constater des phénomènes de ce genre sur les tubes de cuivre d'une machine hydraulique aspirante qui furent brisés par l'effet de la pression atmosphérique. Ainsi le renversement symétrique qu'on observe dans les feuilles traversées par l'étincelle ne prouve pas nécessairement l'existence du fluide négatif.

2^ Avec les courants électriques on produit des effets sem- Déeiiar«:e blables à ceux des décharges de la bouteille de Leyde, seule- ,'iu courant. ment il y a des différences dans l'intensité et la continuité. Aussitôt que dans un circuit on établit une solution de continuité, les deux extrémités du fil manifestent une tension électroscopique, mais il n'y a pas élévation de température. Cette tension est si faible qu'elle ne peut vaincre la résistance d*une mince couche d'air interposée ; toutefois Gassiot employant des piles de 6,000 à 5,000 couples, l'étincelle jaillit spontanément malgré un écartement très-appréciable des fils conjonctifs. Lorsqu'on opère sur les piles ordinaires, on peut suppléer à la trop faible tension initiale par divers moyens;

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ainsi on obtient l'étincelle sans amener les rhéophores en contact, en les faisant traverser préalablement par la décharge d'un condensateur ordinaire, ou bien encore en plaçant à une dislance convenable l'une d(3 Tautrc les pointes terminales du fil conducteur au milieu d'une flamme. Une fois que le flux électrique a franchi rintervalle des deux pointes, il continue à passer, paice que le milieu interpolaire est rendu conducteur par la dilatation graduelle que lui fait éprouver l'élévation de température résultant du pas- CondticiUiiiiié sagc du couraut. Il est reconnu en effet que les milieux lrcs<dilaciiatifrés. tés laissent passer facilement les décharges, alors même que la distance des extrémités polaires est assez considérable, et, pour ne citer qu*un seul exemple, dans les expériences sur la lumière électrique, on*s*est assuré que la résistance de l'espace compris entre les charbons égalait environ la moitié de la résistance du circuit tout entier, valeur de beaucoup inférieure à celle d'une égale couche d'air dans les conditions ordinaires. En outre, l'arc lumineux se modifie incessamment, car il suit les mutations du courant, à la façon d'un rhéostat véritable réglant le mouvement de la pile, de façon à ce que la même quantité d'électricité traverse constamment les charbons, mais en produisant une moindre lumière et un arc voltaïque plus court lorsque l'intensité de la source électrique diminue*.

Tr.insports 5» Pendant la décharge obscure et silencieuse à travers des lipoics quides séparés par ties diaphragmes poreux, il s'accomplit un I.U couran transport des liquides du pôle positif au pôle négatif; de même dans la décharge lumineuse il y a constamment transport de matière d'un pôle à l'autre, mais avec une prédominance marquée en faveur du mouvement positif. En soumettant l'étincelle voltaïque à l'analyse spectroscopique, on trouve qu'elle fourni^ toujours les mêmes résultats, quelle que soit la nature du métal employé comme pôle négatif, tandis qu'il n'en est pas de même lorsque le pôle positif vient à changer; donc le transport et la volatilisation des substances s'efTectuent sut tout au pôle positif. A ce pôle, non-seulement la lumière e>t plus intense, mais le maximum d'éclat se produit dans la direction du courant; semblable chose arrive pour

' Voyez d::is liî ^uovo Cinieuto, vol. IV, noire Mémoire sur la lumière électrique page 40.

élciiriquc.

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