DE* LOIS DE PROPAGATION DE LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE
le son, il présente une plus grande intensité dans la direction de l'explosion. Toujours est-il qu'on observe quelquefois un transport dans le sens négatif, soit dans les décompositions chimiques, soit dans les expériences irincandcscence, mais ces phénomènes peuvent être rapportés à une volatilisation de la substance opérée par le courant positif lui-même.
Il ne faut pas oublier de signaler parmi les phénomènes propres Vcino. à nous éclairer sur la nature du flux électrique l'observation suivante : les particules transportées couFervent la forme des corps dont elles ont été détachées, et en elles dessinent les contours sur la surface des conducteurs qu^elles traversent. Semblable chose arrive aux veines fluides lancées avec une grande vitesse. Enfin chacun connaît les empreinics laissées par la foudre. Fusinieri, qui a étudié tous ces faits avec grand soin, croyait avoir démontré le transport de la matière pondérable à des distances sensibles suivant des lignes obliques, même à travers les mélaux, d'où il avait conclu que l'étincelle n'est pas exclusivement formée par Téther en vibration, mais que la substance des extrémités polaires amenée à une véritable incandescence en fait aussi partie constituante, et la spectroscopie lui a rendu raison.
4*" La décharge de la pi'e n*est pas rigoureusement continue. Dans les tubes de Geissier la lumière est stratifiée. Gassiot, avec une pile à eau de 5,000 couples, a obtenu une lu^mière sensiblement continue lorsqu'il n'y avait aucune résistance intercalée dans le circuit; mais en interposant une couche d'eau, aussitôt les stratifications apparaissaient. Ajoutons que, même dans les cas où l'élincelle électrique nous parait continue h la simple vue, on peut cependant s'assurer du contraire h l'aide d'un miroir tournant. Feddersen a constaté sur les batteries de Lcyde que si la résistance diminue, le trait lumineux devient continu, du moins en apparence, parce qu'alors les lignes de décharge se multiplient de telle sorte que la discontinuité des explosions partielles succes>ive5 se compensant mutuellement, l'ensemble paraît continu ; la même observation ^'applique également aux piles. D'après ce physicien, au comn.encement Je la décharge jaillit une étincelle très-étroite qui élab-it la continuité du circuit, ensuite apparaissent les pulsations. Ces phénomènes se modifient beaucc up dans
DE I/ÉLECTIUGITE.
Lo rouranl procède par onilul:ilioiis.
Ilësumc.
Pa»!>nge par le vide.
le cas des courants induits, comme nous le verrons plus tard. Tous les faits précédents prouvent que le courant procède par ondulations analogues à celles qui se forment dans toutes les veines fluides lancées avec force ou dans les courants liquides lorsque, rencontrant un obstacle, ils produisent pour le vaincre des poussées qui se superposent. De cette façon l'explication du bruit de la décharge devient facile ; ainsi examinons l'arc voltaïque : à mesure que les charbons interpolaires se rapprochent, ils font entendre un sifflement plus aigu, et en même temps la lumière devient plus riche en ondes courtes et fluorescentes, preuves évidentes d'une certaine discontinuité non-seulement dans l'air dont la vibration produit le son, mais aussi dans les pulsations qui donnent naissance à la lumière.
Dans les milieux raréfiés, en expérimentant à l'aide des courants d'induction, on voit le pôle négatif s'échauffer plus fortement que le pôle positif, bien qu'il reste obscure Mais ces phénomènes ne sont pas constants, et comme il se surajoute des phénomènes d'induction, ils appartiennent à des cas plus complexes.
En résumé, du pôle positif s'échappent les particules entraînées par le courant, et c'est lui qui présente l'éclat le plus intense et la plus grande longueur de jet lumineux; au pôle négatif, on constate toujours une moindre intensité et une diffusion latérale très-marquée. Ces conclusions sont seulement valables pour le cas des courants volta-électriques, en dehors de tout phénomène d'induction. Donc le courant électrique est un flux qui réellement se dirige du pôle positif au pôle négatif.
Revenons un instant sur un fait déjà signalé au premier chapitre. Gassiot a constaté, avons -nous dit, qu'il est impossible de faire passer la décharge électrique à travers le vide absolu. Mais pour obtenir ce vide complet, les précautions les plus délicates sont nécessaires ; non-seulement il ne faut laisser dans les récipients la moindre trace de substances gazeuses, il faut également renoncer aux mastics ordinaires. Plusieurs fois de suite on remplit des tubes en verre avec de i'acide carbonique; puis, après avoir épuisé ce gaz, autant que possible à l'aide de la machine pneumatique, on absorbe les dernières quantités restantes avec la
* De la Rive, Mondes^ 1803, p. tî75.