PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-STATIQUES
dans les phénomènes électro-statiques, la quantité est toujours faible, mais l'énergie est grande, car, à cause de la séparation brusque, la masse n'a pas le temps de s'équilibrer.
Les corps ainsi chargés soit en excès, soit en défaut, agissent sur le milieu environnant, résultat qu'on ne peut mettre en doute. Or : 1* ce milieu peut être rempli de matière pondérable ou non ; s'il est rempli de matière pondérable, celle-ci peut être 2° isolante, o** conductrice. Si la masse intermédiaire est isolante, nous savons que cette matière transmet l'actibn électrique avec une vitesse très-faible (Blaserna), et qu'elle la transmet non par déplacement général , mais seulement de couche en couche, de sorte que, à l'intérieur du corps isolant se forme une espèce de polarisation. Ainsi Cantoni, en coupant un prisme de spermaccli en deux, a trouvé les deux faces nouvellement séparées chargées d'une électricité contraire et selon les lois de polarité, comme lorsqu'on brise un aimant. Les substances les plus isolantes permettent même un déplacement mesurable, comme le montrent les figures Licthtemberg tracées sur les mastics isolants avec une pointe aiguë. La pression du corps chargé agit ainsi sur le milieu isolant à peu près comme un poids sur une suite de couches compressibles (par exemple de bois tendre) c'est-à-dire que l'effet va diminuant avec la distance.
Si 2** le corps est conducteur, nous savons que cette action de pression se transmet avec une vitesse qui peut bien se comparera celle de la lumière ou même être supérieure (Quinke). Et nous avons déjà exposé la manière d'agir de ces corps diamétralement opposée pour les deux espèces de mouvement longitudinal et transversal.
Si enfin 3** l'espace est vide de matière pondérable, il reste tou- v»do «ï»»!» jours une modification du milieu capable de transmettre cette action. En vérité nous connaissons très-peu les phénomènes élastiques dans le vide : mais nous pouvons discuter leur nature. L'optique démontre (|ue Téther du vide transmet le mouvement transversal qui constitue la lumière, mais, par là, elle ne démontre pas que l'éther pur soit incapable de transmettre toute espèce de mouvement longitudinal. Seulement on peut dire que ce mouvement, s'il est transmis, ne constitue pas la lumière, mais
Milieu conducteur.
Mouvements longiiudi- . naiix dans l'ctlier.
peut constituer quelque autre chose. Si, comme nous avons indi* que ailleurs, la lumière est constituée par la simple oscillation des atomes éthérés autour de leur centre de gravité, on peut bien admettre que dans des circonstances particulières un déplacement de ces atomes mêmes soit possible, et que de là surgissent des variations de densité dans Tespacemêmej desquelles pourraient bien résulter les phénomènes de déplacement des corps chargés que nous nommons attractions et répulsions.
Mais sans nous - départir dô la théorie connue de la lumière, c'est-à-dire des vibrations transversales, des atomes, si on admet dans Téther libre la possibilité d'un déplacement longitudinal, 11 n'y a plus difGculté à comprendre une modication de l'espace environnant capable de condensation et dilatation éthcrée, et par là d'une différence d'équilibre d'où pourront bien dériver les mouvements en question.
L'existence d'un mouvement longitudinal dans l'éther a été trouvée par tous les analystes et mathématiciens qui se sont occupés de ce problème, et il n'en a pas manqué parmi eux qui ont attribué à ces mouvements longitudinaux des effets autres que la lumière, comme par exemple la gravité. Nous ne demandons pas tant; ce que nous demandons, comme postulatum, est ceci : toutes les fois que la secousse engendrée dans l'éther excède les limites de son élasticité, on peut admettre dans ce milieu un déplacement moléculaire autre que la vibration transversale. C'est en raison de ce déplacement que reste modifié le milieu environnant, c'est-à-dire condensé ou raréfié graduellement à distance par la pression exercée sur lui par les corps matériels à la surface desquels cet éther se trouve lui-même condensé ou raréfié. conriuKionff. Résumant donc nos idées sur la nature de l'électricité statique, nous dirons : lorsque par l'action mécanique du frottement, deux surfaces ont leurs molécules inégalement ébranlées, la couche d'éther interposée ne peut plus rester en équilibre, et, soit à cause des vibrations exagérées qui animent certaines de ces molécules, soit à cause de leurs divers degrés de mobilité, l'éther se distribue de façon à être d'un côté en quantité plus grande que de l'autre. Une fois les deux surfaces séparées, le corps qui reste avec un excès d'éther, en vertu de sa
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charge plus grande et du mouvement vibratoire plus intense qui ranime exercera une pression sur la couche contiguê du milieu isolant ambiant. Cette couche, a cause de la faible mobilité des atomes dans le sens longitudinal, éprouve un très-léger déplacement en comprimant la tranche suivante, plus celle-ci réagit sur celle qui vient après, et ainsi de suite : la compression des couches du milieu isolant se transmet donc de proche en proche, en diminuant peu à peu d'intensité. De cette façon, Téthcr prend une densité décroissant avec la distance.