CHAPITRE XII
SCITB DES THÉORIES ÉLECTRO-STATIQUES : INDUCTION : ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS.'
Ayant exposé comment nous concevons Torigine de la tension iiuiuction électrique et comment elle dérive d'une augmentation de densité, *'**'^"^d'énergie et dépression dans Téther qui enveloppe un corps, lorsqu'il est empêché de se mouvoir librement (chap. viii et x), il nous reste à examiner les effets qu'elle détermine dans le milieu ambiant, c'est-à-dire Tinduction ; puis nous essayerons d'expliquer les atiractions et les ré;^ulsions électriques.
Les précédentes notions une fois admises, la théorie de l'indue^ tion ne présente aucune difficulté sérieuse. Lorsqu'un corps est chargé d'électricité, il change l'équilibre de tout l'espace envircJnnant, en y déterminant un nouveau mode de distribution de l'éther ; cette modiûcation reconnaît pour cause effective la pression exercée par le corps éleclrisé et la réaction des corps circonvoisins. £n nous reportant aux principes exposés tout à l'heure, la couche électrique ayant une épaisseur physique, extrêmement petite il est vrai, mais cependant appréciable, sans abandonner la surface du corps, et, par sa seule force diffusive, cite peut agir sur la couche contiguê de Téther ambiant et par l'intermédiaire de ce dernier sur un corps placé à distance. Les effets d'une telle action diffèrent suivant que les corps sont mauvais ou bons conducteurs. Dans les premiers cas, la force diffnsive de la couche élec-
Vécani^me
de l'in^uctioD.
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triséc du corps agit sur la couche extérieure contiguë du milieu, et ainsi d'une couche à la suivante se propage une variation de densité» dont Tintensité décroit avec la distance. Lorsque le corps est parfaitement isolant, ce mouvement intérieur est excessivement petit, et la plus petite solution de continuité physiquement mesurable offre une résistance tellement grande au transport qu'elle
ne peut être vaincue sans la décharge proprement dite, mais cela n'empêche pas que la distribution de Téther du système soit complètement changée.
Considérons (fig. 53) un corps chargé électriquement A, placé en face d'un système de couches isolantes faciles à séparer les unes des autres; tel que serait par exemple un paquet de feuilles de mica bien sèches : Tobservation prouve que Tétat neutre de chacune des feuilles est modifié de telle sorte que la quantité naturelle d'éther devient moindre sur la face n, tournée vers l'inducteur, et augmente au contraire sur la face opposée p. On comprend que ce résultat doit arriver, car la pression du corps positif se faisant sentir n la couche superHcielle n, du solide tourné vers rinducteur, force la quantité naturelle d'éthcr répandue dans cette tranche à se porter dans la partie la plus éloignée, c'est-à-dire sur la face opposée p. Malgré que Téther ne puisse pas franchir l'espace qui sépare les deux corps, par insuffisance de tension, et quitter son siège, il agit cependant et pénètre un peu par sa force expansive dans Tinlérieur de la surface contigué. Supposant donc qu'aucun échange ne puisse se faire entre le corps inducteur et le corps induit, une action semblable à la précédente s'établit entre la première feuille de mica et la seconde, et ainsi des autres. L'équilibre se trouve donc rompu dans chacune des feuilles de mica ; mais il ne se manifeste rien d'extérieur aussi longtemps qu'elles restent unies et que dure rinduction. La seule face qui montre une tension est la dernière et la plus éloignée. Que l'on vienne à décharger le conducteur A et à séparer ensuite les feuilles, comme la distribution nouvelle de l'élher persiste quelque temps, on trouvera une face positive.
SUITE DES THÉORIES ÉLECTRO-STATIQUES. 4t2tf
l^autrc négative, à cause de la très-imparfaite conductibilité de la substance. Les expériences de Biaserna nous ont déjà appris que le mouvement d'induction se propage lentement dans les isolants, et les figures de Lichtemberg prouvent que Tétat électrique une fois excité y subsiste longtemps. Dans cette expérience il n'y a pas action à distance proprement dite, car entre le corps électrisé A et le corps induit, aussi bien que dans l'intervalle des feuilles existe l'air, et si ce fluide fait défaut il y a toujours l'éther, qui a été r intermédiaire de l'action inductrice de Â. Les choses se passent de même dans un corps isolant continu couche par couche et les changements d'équilibre dans Téther intérieur deviennent sensibles à la superficie du corps sur deux faces diamétralement opposées. Cela explique donc encore comment il se fait que la charge d'électricité statique se montre ."seulement à la surface des corps, car chaque point intérieur surchargé tend à influer sur celui qui lui est contigu, depuis les parties centrales jusqu'à la surface libre du corps, où cet échange cesse par solution de continuité.
Le principe fondamental de cette théorie consiste en ce que acUou Téther accumulé sur une surface donnée peut presser et déplacer sui^cJ^fj* celui d'une couche voisine. En Tabsence de tout transport effectif d'une surface à l'autre, la profondeur à laquelle atteint cette force de pénétration est extrêmement faible, mais jamais nulle. Dans cette couche superficielle les molécules ^)résentent une mobilité foFt grande. Nous avons ici un phénomène semblable à celui dont il a été parlé en optique, lorsque, étudiant la réflexion des ondes lumineuses à la surface des métaux et des corps opaques, nous avons reconnu qu'elles pénétraient quelque peu à l'intérieur du corps réfléchissant.
De plus n'oublions pas que toute tension ou pression résulte d'un mouvement réel de vibration moléculaire de la substance dift'usive, mouvement parfaitement applicable à l'éther condensé sur la surface des corps ; c'est par cette tendance diffusive qu'il agit sur les couclics contiguës.
Cette proposition qui sert de base à toute notre théorie électrique est appuyée par certains faits signalés par M. Du Moncel. Si l'on maintient à environ 5 ou 4 millimètres Tune de l'autre
de HuMonccl.
Expériences dcux lamos de vei TC revêtues exlcricurcincnt chacune d'une lame métallique mise respectivement en rapport avec les deux pôles de l'appareil de Rhumkoff, on aperçoit dans l'obscurité une pluie de feu d'une belle couleur bleue qui s'échange entre les deux surfaces de verre, sans que l'étincelle passe par les bords des lames isolantes. Va plus, on distingue entre les lames métalliques elles lames de verre deux raies lumineuses qui indiquent suffisamment que l'effet électrique se manifeste sur toute l'étendue des surfaces interposées entre les deux lames éîectrisées*. En examinant le courant à l'aide d'un appareil très-ingénieux imaginé parGaugain, on a reconnu qu'il ne traverse pas le système mais qu'il change alternativement de sens h partir des plateaux de ce condensateur. La pluie de feu qui jaillit entre les deux feuilles de verre est donc produite par la simple arrivée du courant au niveau de la solution de continuité. Le courant parvenu en ce point y détermine un accroissement de prcî'sion qui explique l'apparition du phénomène lumineux, mais le flux électrique ne pouvant vaincre la résistance de la couclie aérienne interpolaire revient sur lui-niéme cl l'équilibre s'effectue à travers les spires de la bobine. Ce fait représente sous une forme sensible et une échelle d'ampliGcalion considérable, ce qui se passe très-vraisemblablement entre les lamelles superposées des corps stratifiés; et, par suite, il devient prouvé qu'en dehors de tput passage direct, l'électricité condensée h la surface d'un corps peut exercer une pression sur une couche isolante adjacente.
Examinons maintenant ce qui doit arriver à des masses conductrices soumises à Tinfluence électrique et plongés comme d ordinaire dans un milieu isolant.
Dans le cas où le corps placé dans la sphère d'activité d'une source électrique, est bon conducteur, il se produira dans la masse de l'électricité du corps entier ce qui arrive à une simple molécule, c'est-à-dire il y aura un déplacement général de l'éther. En effet le corps électrisé ressent dans toutes ses parties l'influence du milieu modifié, et, en vertu de la mobilité de l'éther dans eos substances, la charge naturelle sera repoiusséo sur la face la | lus
* Voy. Du Moiicel, ^'olicc sur la tHachine d induclion de lihutnkorff, Vuïs, 1^07. 5* cdilion^ p. 150.
InducUon
dans les
couduclcurs