CHAPITRE XIII
DES DéCHARGES ÉLECTRIQUES ET DB L'ÉLECTRICirÉ ATUOSPIIÉRIQUE.
De l'exposé précédent, il suit que les phénomènes d'attraction piténomènes présentés parles corps négatifs ne diffèrent réellement pas de ceux '""Hm" qui nous sont offerts par les corps positifs ; mais cela n'entraîne ^^éciiargi» pas une parfaite identité de tous les autres phénomènes correspondant aux deux états électriques. Selon que l'électricité sort d'un conducteur ou y rentre, la modification du milieu ambiant n'est pas rigoureusement la même. Ainsi voyons-nous, en hydrodynamique, dans les liquides, la forme d'un jet liquide à la sortie d'un vase différer de celle du tourbillon d'entrée. Depuis longtemps les observateurs ont noté les diverses formes de la décharge lumineuse, qui, lorsqu'elle est positive, présente Tapparence d'une aigrette, et celle d'une petite étoile, quand elle est négative; mais elles ont été rendues plus évidentes par les expériences bien connues faites dans les gaz raréfiés.
On se tromperait beaucoup si l'on voulait tirer des phénomènes lumineux caractérisant chacune des pointes terminales d'une batterie électrique quelques conclusions relatives aux manifestations calorifiques à ces mêmes pôles. En effet, la lumière surgit d'une violente agitation d'un petit nombre de particules, et la température suppose une vibration générale de toute la masse ; les deux phénomènes ne sont donc pas de même ordre, bien (]ue les deux produits mY* et Mv' soient égaux; ajoutons encore que la matière des deux pôles est soumise à un travail différent, puisque, d*un côté, il y a disgrégation de particules pesantes et de l'autre dépôt : conséquemment, la température en ces deux points doit être différente. Dans certaines expériences, le pôle négatif peut être bien le plus chaud, mais alors il n'est ni le plus lumineux, ni ccbii duquel jaillit la décharge. Cette réflexion peut expliquer certaines anomalies de réchauffement des pôles que nous avons indiquées ailleurs.
Quand la densité de rétlior, et avec clic l'agitation des moIé-
Décharge éleclrique.
Travail
de la
. décharge.
4j8 de L'KLECTUICITÈ.
cules matérielles disséminées dans sa masse, acquiert une iulensité suffisante pour excéder les limites de la cohésion qui maintient les particules pesantes sur la surface des corps, celles-ci se détachent, et la charge s'équilibre en transportant les molécules ellesmêmes, et en les animant d'une vibration tellement violente, qu^elles arrivent à Tincandescence. Evidemment la décharge est provoquée par la tension de Téther, mais elle est grandement favorisée par la matière pesante qui se transporte avec ce fluide pour rétablir l'équilibre. Ainsi la décharge dite disniptive ne diffère pas essentiellement du mouvement de translation d'une balle de sureau en présence d'un conducteur électrisé ; seulement, pour détacher d'un corps quelques parcelles de la couche superficielle, il faut une force de beaucoup supérieure à celle qui met en mouvement une balle de sureau, car, dans ce dernier cas, la seule résistance à surmonter est l'action de la gravité. En résumé, la théorie de tous ces mouvements, qui est incompréhensible alors que l'on repousse l'intervention de la matière impondérable, devient aisée, au contraire, dès l'instant où l'on admet l'existence d'un éther, de sorte que notre hypothèse embrasse l'ensemble des phénomènes physiques connus et établit entre eux de remarquables relations.
Durant les décharges électriques, un véritable travail est accompli par la force vive de l'électricité accumulée sur les corps en présence. La nature du travail varie beaucoup ; tantôt c'est le simple transport des molécules d'un corps isolant arrachées et entraînées pendant le rétablissement de l'équilibre ; tantôt c'est une élévation de température ou une volatilisation des fils conducteurs ; d'autres fois c'est une décomposition chimique, ou bien encore une induction magnétique. Les puissantes décharges (celle de la foudre spécialement) produisent tous ces effets simultanément, et, ptir suite, la mesure de leur intensité est fortdifficile. Cependant, dans certains cis, les effets du travail sont manifestes. Ainsi les expériences de Riess ont appris que la décharge d'une même batterie produit un effet thermométriciuc beaucoup plus prononcé lorsqu'elle jaillit sur le therrnoscope à travers une simple couche d'air, que lorsqu'elle est forcée de traverser un isolant, une feuille de verre ou de mica par exemple. Tandis que, dans le premier cas»