‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 14 sur 162 · XXVIII INTRODUCTION A LÀ PRÉSENTE ÉDITION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION A LÀ PRÉSENTE ÉDITION

soulevant le piston d'une machine pneumatique afin de faire le vide dans le récipient. Cet homme éprouve une résistance puisqu'il doit soulever non* seulement le piston, mais encore le poids de la colonne d'air qui pèse sur la face supérieure du piston. Celte colonne d'air est invisible, mais néanmoins parfais tement réelle, et oppose un obstacle au mouvement d'ascension.

De même, quand nous soulevons tout autre poids, nous devons éprouver une fatigue, exercer un travail pour vaincre la gravité. Nous ignorons jusqu'ici en quoi consiste cette force, mais elle agit de même que si tous les corps étaient attirés par la terre, ou mieux poussés vers elle avec un certain effort qui, à volume égal, n'est pas le même pour tous.

Ce travail étant un phénomène général perçu par tout le genre humain, et comparable dans les divers pays, sert de mesure naturelle pour évaluer les autres travaux, ainsi que nous le dirons plus loin.

Le travail dont nous nous occupons en ce moment, nous fait acquérir une notion nouvelle; nous reconnaissons, en eifet, que pour soulever un volume de dimensions données, par exemple, un décimètre cube, l'effort nécessaire n'est pas le même pour tous les corps. Ainsi le plomb exige un effort plus grand que celui nécessaire pour l'eau, etc., de là l'idée du poids et de la masse.

Ces deux .choses confondues pendant longtemps n'ont été bien comprises qu'au temps de Galilée. On croyait, avant ce physicien, que la gravité était une force spéciale à chaque corps, et qu'il y avait, pour ainsi dire, autant de forces de gravité différentes qu'il y avait de substances n'ayant pas le même poids sous le même volume. Cette opinion paraissait confirmée par ce fait que les corps dits plus pesants tombaient plus rapidement vers le sol. Galilée démontra le contraire, et établit que la gravité, c'est-à-dire la vitesse imprimée aux corps parla gravité dans un temps déterminé est la même pour tous, et que les poids seuls sont différents suivant la masse de ces corps.

INTRODUCTION A LA PRÉSENTE ÉDITION. xm

Si nous voulons avoir une idée nette de ces choses, reportons-nous un instant à la mesure des forces qiie nous avons dit être inexactement nommées instantanées.

Nous pouvons imaginer deux forces de cette espèce imprimant une égale vitesse à deux corps, A et B égaux en tout; ces deux forces pour nous, sont égales. Si nous trouvons une force qui, agissant sur un des deux corps, lui communique une vitesse double ou triple, etc., de la première, nous dirons que cette force est double, triple, etc., de la précédente ; d'où : les forces sont proportionnelles aux vitesses.

Imaginons un autre cas et supposons que la force double, triple, etc.; ainsi déterminée, agisse sur un troisième corps C différant de A, de telle sorte, qu'au lieu de recevoir une vitesse double de celle que la première force avait imprimée à A, il reçoive une vitesse égale. Nous dirons alors que le corps C renferme plus de matière, ou qu'il a une plus grande masse, et nous regarderons cette masse comme étant exactement le double de celle de A. Nous dirons donc d'une manière générale, qu'un corps a une masse double, triple, etc., de celle d'un autre quand le premier exige pour être mû avec une certaine vitesse une force double, triple, etc. de celle nécessaire pour imprimer une vitesse égale au poids pris comme unité.

C est-à-dire, en langage technique, que les forces sont proportionnelles aux masses; par conséquent, d'une manière générale les forces s'estiment en raison composée de la masse du corps mis en mouvement et de la vitesse imprimée au mobile. Ce produit de la masse par la vitesse M V est nommée par les mécaniciens, quantité de mouvement; aussi, disent-ils que les forces sont proportionnelles aux quantités de mouvement (Newton). Évidemment nous considérons ici seulement les impulsions dont le corps est animé, c'est-à-dire que les forces cessent d'agir aussitôt leur effet produit, laissant le corps parcourir l'espace de lui-même. Dans la gravité, le contraire arrive ; c'est une force continue, son effet instantané serait fai-

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