‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 13 sur 162 · XXVI INTRODUCTION A U PRÉSENTE ÉDITION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION A U PRÉSENTE ÉDITION

dire là où d'autres causes délerminatricesn existent pas), Tes* pace est homogène, par conséquent, il ne peut y avoir de raison pour laquelle un corps se tienne dans un point plutôt que dans un autre, donc de sa nature il doit être indifférent à tel ou tel lieu et par suite inerte. En outre, un corps qui est en raouvement par rapport à un point donné, peut être en repos par rapport à un autre point. De sorte qu'arrêter le corps relativement au premier point, serait le mettre en mouvement relativement au second ; par conséquent, il ne peut rien y avoir d'absolu en cela.

Mais ceux qui nomment l'inertie une force, le font en se plaçant à un autre point de vue. Lorsqu'on veut mettre un corps en mouvement ou au contraire l'arrêter, on éprouve une certaine résistance, parce que, disent-ils, il faut vai7icre rinertie ; par suite, ils nomment l'inertie une force* Le fait est vrai et l'explication est juste. Pour mettre un corps en mouvement alors même qu'il est complètement libre de tout obstacle, une force est nécessaire : une bille posée sur un plan poli avec une perfection mathématique oppose, quand elle se met en mouvement, une certaine résistance causée seulement par son inertie. Mais de là, il ne résulte pas que Ton doive considérer cette réaction du corps comme une véritable force. Cette résistance naît simplement de ce qu'en principe un effort est nécessaire de la part de la cause agissante pour mettre en mouvement un corps ; et que cet effort s'exerce et se continue jusqu'à ce que la vitesse du corps mis en mouvement soit égale à celle du corps moteur. Arrivés à ce degré de vitesse, les deux corps se mouvront ensemble s'ils ne sont pas élastiques ; et s'ils sont élastiques, le corps moteur restera on arrière plus ou moins suivant le degré d'élasticité, et le mobile s'avancera en s'éloignant du premier. On fait donc confusion entre la véritable inertie et celle que Ton doit nommer plus exactement réaction^ éprouvée par le corps moteur et produite en raison de sa propre inertie par le corps mis en raouvement. Cette réaction est la cause

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pour laquelle le premier corps perd de son mouvement une quantité précisément égale à celle qu^acquiert le second ; ainsi que l'indique la loi énoncée par Newton lorsqu^il posait comme principe que à totUe action conespoud une réaction égale et contraire.

La communication du mouvement même dans les corps 11* bres ne se fait jamais d'une façon instantanée dans la véritable acception du mot ainsi que nous l'avons déjà dit. Cette corn* munication se fait réellement en un temps très-court, car le mouvement doit nécessairement passer par degrés successifs de vitesse de zéro à l'a valeur détinitive que nous avons dit avoir pour limite maximum la vitesse du corps moteur.

Les mouvements de la seconde classe sont ceux qui pour se produire exigent que certains obstacles plus ou moins appa* rents et sensibles soient surmontés. Exemple, le mouvement d'un chariot sur un pavé raboteux, dans lequel la résistance opposée par les inégalités du sol devant être surmontée à chaque instant, une impulsion de très-courte durée (instantanée) serait promptement épuisée ; aussi ce mouvement exige l'action d'une force continue. Ce genre de force produit ordinaire* ment ce que en langage vulgaire on nomme un travail^ expression qui dans son acception scientifique s'élend à tout genre d'opération, dans laquelle une force fait parcourir un certain espace en surmontant une résistance. Chacun connaît les travaux mécaniques d'une scie qui rompt la cohésion d'un corps compacte, d'un bateau traîné sur un canal, et une infinité d'autres. Dans tous ces exemples, il est facile de retrouver l'espace parcouru par le mobile et la résistance vaincue.

Mais l'obstacle n'est pas toujours aussi apparent que dans les cas précédents ; quelquefois il est invisible. Tel est le cas qui se présente à chaque instant, lorsqu'on soulève un poids : on surmonte alors la force de sa gravité, obstacle invisible mais non moins réel pour cela. Ce travail, en raison de son invisibilité, peut être comparé à celui que ferait un homme

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