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CHAPITRE XV

SniTB DU MAGNÉTISME. — MAGNÉTISME TERRESTRE.

Intensité Les Considérations précédentes suffisent à expliquer les réactions de^ia" (erre! mutuelles des aimauts, mais à cause de la très-grande importance du magnétisme comme force naturelle, nous devons présenter encore quelques réflexions relatives à sa manière d*agir et aux cir constances qui raccompagnent.

La terre, comme on le sait, est en réalité un vaste aimant d'une puissance énorme, que Gauss évalue celle de 8,464 trillions de barres d'acier pesant chacune une livre et aimantées à saturation \ ce qui porte que chaque mètre cube du globe terrestre a un mouvement magnétique égal presque à celui de 8 de barres pareilles. Â cause de l'action de cet aimant immense sur l'éther, le globe terrestre est enveloppé par un de ces tourbillons, dont nous avons parlé, qui l'accompagne dans sa course à travers l'espace, soit parce que notre planète entraîne avec elle une partie de Féther environnant, soit parce que ce tourbillon se forme successivement aux divers points de la trajectoire terrestre. Ce touibillon peut être formé soit par un véritable courant de transport, soit par des rotations ou tourbillons infiniment petits dont la résultante est équivalente au grand tourbillon fini, comme nous venons de dire dans le chapitre précédent. L'intensité magnétique du tourbillon terrestre est tellement énergique que nos aimants artificiels, qui, pour de faibles distances, lui résistent efficacement, deviennent promptement incapables de l'équilibrer. Elle pénètre les enveloppes de fer, comme nous le voyons dans les bâtiments blindés, dont les énormes masses métalliques dévient la résultante terrestre à peine de quelques degrés. Nobili comparait les tourbillons des aimants ordinaires aux nœuds du bois qui dévient les fibres ligneuses de leur direction naturelle seulement dans un espace assez reserré autour du point qu'ils occupent. Cela provient de l'énorme disproportion des masses aimantées.

* Gauss, General thtory ofterr, magn,^ n» 51.

SUITE DU HAGNÉTrSUB. 461

Avant les découvertes d'Ampère, on ne savait comment expli- Ongine de quer l'existence d'une intensité magnétique aussi considérable, magnéiisme. dans un corps renfermant en définitive une quantité relativement minime de matières réellement magnétiques. On invoquait des aimants intérieurs, mais cette hypothèse inconciliable avec la haute température du centre du globe, se trouvait encore insuffisante à expliquer les lois de la distribution du magnétisme à la surface terrestre. Ampère montra comment un corps, en l'absence de toute matière de nature ferrugineuse, pouvait acquérir une puissance magnétique énergique par le seul fait de l'établissement d'une circulation électrique autour de sa surface, quelle que fût d'ailleui*s la cause de ce mouvement. Mais rien ne dit que le courant élhéré qui, enveloppant notre globe, détermine les effets de magnétisme ton*estre, soit le plus intense de ceux qui peuvent exister dans l'espace; il est donc rationnel d'admettre que ce tourbillon magnétique est constitué seulement par une fort petite portion de Téther au milieu duquel flotte la terre ; et nous ne sommes pas en mesure d'assigner quelle est son action maximum.

Quelque savant a comparé la transmission de la force magnétique Transmission à celle de la lumière ; mais il nous parait qu'il y a une différence niagnétisme. essentielle. La lumière est une vibration et demande un travail continu qui épuise ce corps lumineux afin d'être entretenue. Un aimant ne s'épuise pas. C'est une tension diffuse dans le milieu plutôt qu'un véritable travail. Une telle tension ne fera un travail que lorsqu'elle se produit dans l'espace la première fois, et lorsque le siège se déplace et va influencer des autres corps susceptibles d'offrir une résistance. L'éther seul résistera, sans doute, par son inertie à recevoir l'actuation magnétique, mais infiniment peu en comparaison de la matière pondérable. L*observation n'a pas encore prononcé sur la vitesse absolue avec laquelle la force magnéti(|ue se propage dans le vide. Nous pouvons cependant prendre pour sa mesure celle que Blaserna a trouvée pour l'induction, qui serait très-faible dans les corps solides isolants, et dans l'air se rapprocherait de la vitesse du son. Mais cela est une simple conjecture. Le fer emploie un temps très-appréciable pour acquérir leur magnétisme et pour le transmettre d'une section à l'autre. Dans l'espace, si ce'a se fait avec la vitesse de la lumière, il sera diffi-

Ligues de

force

magnétique.

Force cocrcilivc.

462 DE r/ÉLECTRICITÊ.

cile de pouvoir la mesurer. Les éruptions solaires qui paraîssenl agir sur le magnétisme terrestre, étudiées soigneusement pourront peut-être nous apprendre quelque chose.

Une expérience vulgaire et très-connue donne une idée de la distribution de la force magnétique autour d^un aimant. On couvre de limaille de fer une feuille de papier posée sur un aimant : les parcelles métalliques se disposent en lignes courbes convergentes, dont les extrémités se réunissent au niveau du pôle. Ces courbes ont été nommées lignes de force magnétique, mais il importe de savoir qu'elles ne représentent nullement, ni la direction du courant à l'intérieur des tourbillons, ni les lignes de mouvement de l'éther, mais seulement la disposition des lignes le long desquelles la force résultante des deux actions polaires est d'une intensité et d'une direction déterminée. Ces lignes sont utiles à considérer lorsqu'il s'agit d'expliquer la perturbation que la présence d'un corps jette dans l'espace nommé champ magnétique. En outre, comme elles se forment à travers les corps isolants, on peut en conclure que l'action du tourbillon magnétique n'est (?as une circulation plus ou moins étendue s'accomplissant dans l'espace ambiant, ainsi que cela se fait au sein des conducteurs mis en communication avec la pile voltaîque ; mais qu'elle consiste plutôt en une rotation suivant des orbites infiniment petites, dont l'effet résultant ne diffère pas, en déiinitive,de celui d'un mouvement circulatoire fini.

Ce que nous nommons force coercitive dans les aimants, n'est autre que la propriété spéciale à certaines substances (l'acier surtout) de conserver orientés les mouvements circulaires intérieurs. Mais ici, comme dans tous les cas d'actions semblables, une telle orientation ne peut se réduire en activité sans un travail initial, lequel est évaluable en équivalents mécaniques. On peut le rendre sensible en le répétant plusieurs fois de suite, à quoi il est facile d'arriver à l'aide de substances dans lesquelles l'orientation n'est pas permanente, du fer doux, par exemple. Ainsi M. Soret, ouvrant et fermant alternativement le circuit d'un électro-aimant, de façon à aimanter et à désaimanter le fer doux, plusieurs fois de suite, a reconnu que la force du courant et la chaleur dégagée d;uis le circuit, subissaient une notible diminution. Lorsque

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