‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 23 sur 162 · EXPOSÉ DE LA THEORIE MECANIQUE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE LA THEORIE MECANIQUE

cien cherche à se faire une idée claire des faits et des lois d'après lesquels une force agit, mais il s'efforce encore de connaître quelle est la nature de cette force. Pour lui la gravité elle-même fournit un ample sujet à la spéculation, car nous ne savons rien de son origine et cependant ses lois nous sont parfaitement con« nues.

Donc, pour suivre les principes de la vraie philosophie, dont i^ iaiori«|ui.' Huygens disait ^ : « Toutes les causes des phénomènes naturels doivent se concevoir comme des actions mécaniques , si toutefois nous ne voulons pas désespérer de comprendre quelque chose à la philosophie naturelle. » Nous devons chercher a s'il serait possible de ramener les phénomènes du calorique à un simple échange de mouvement entre les corps , sans recourir à un autre principe* à moins que Tinsuffisance d'une semblable explication ne soit parfaitement démontrée. »

Hais considérer le calorique comme un mouvement n'empêche pas de le nommer une vraie force en employant ce mot pour exprimer la cause quelle qu'elle soit d'un mouvement. Un grand nombre des objections élevées contre la théorie mécanique des forces, résultent de l'équivoque auquel se prête l'emploi du mot mouvements On peut regarder cette modification du corps par rapport aux objets extérieurs, et alors le corps n'acquiert aucune propriété particulière ; par exemple il peut changer de relation par rapport à eux, non par sa propre translation mais par le transport des autres. Mais si nous considérons la translation véritable inhérente au corps lui-même, cela impUquc pour nous l'idée d'une vitesse que le corps lui-même possède, par laquelle il franchit un espace dans un certain temps, et qui est l'effet d'une cause ou d'une force qui la lui a communiquée. Ainsi donc, masse de matière animée de vitesse est quelque chose de plus qu'un simple mouvement, c'est une force dans la large acception du mot. En effet, quand une masse matérielle a été mise en mouvement, elle devient capable de produire un effet égal à l'effort déployé pour lui donner le mouve^ ment qui l'anime. Par suite, elle peut vaincre une résistance exté-

1 Traclaius de lumine. Amsterdam, 1827, p. 2. Omnium. efTocliium naluralium cause coDcipiuntar per rationes mecbanicas, nbi Telimua omnem $pcni ubjiccre nliqird n pliy.<icis inlelligendi.

li DU CALORIQUE.

rieure el par là même effectuer un vrai travail dans le sens mécanique du mot, c'est-à-dire, vaincre une résistance le long d'un chemin déterminé et pendant un temps défini^ travail qui se nomme aussi effet dynamique de la force et dont la mesure est le demi-produit de la masse par le carré de la vitesse, c'est-à-dire la • force vive^ comme on le démontre par le calcul. Je citerai à ce propos un fragment des écrits de Poncelet^ a Un corps mis en « mouvement, un certain effet dynamique (force vive), peut, à « son tour, devenir une cause ou source de travail... L'inertie, a quand elle a été vaincue, devient capable de restituer la quan- (( tité de travail dépensée de même qu*un ressort qui a été bandé. (( En un mot, l'inertie comme un ressort sert à emmagasiner le ' a travail mécanique en le transformant en force vice, de sorte que « la force est un véritable travail disponible. » Et ailleurs' : « L'inertie sert à emmagasiner le travail des moteurs en le con* « vertissant en force vive et à le restituer intégralement ensuite « lorsque cette force vive vient à être détruite contre ces ré- « sistances. »

Ainsi travail et effet dynamique, force vive et masse animée d'une certaine vitesse sont des expressions qui peuvent se substituer. En mécanique le mot force vive représente l'effet total de toutes les impulsions plus ou moins prolongées, imprimées à un corps pendant un certain temps, eflPet exprimé par la masse multipliée par le carré de la vitesse.

D'où il résulte la possibilité de convertir numériquement l'effet d'une force en celui d'une autre, et d'évaluer la quantité de travail mécanique propre à chacune d'elles lorsqu'on connaît la masse et la vitesse d'un coi^ps, d'où il résulte encore le moyen de convertir un travail en un autre, ou, pour parler plus simplement l'effet d'une masse en mouvement dans celui d'une autre équivalent.

Par exemple, un mouvement de translation se convertit en mouvement rotatoire ou en mouvement vibratoire, et le travail d'un homme qui met Une cloche en branle se transforme en mouvement vibratoire de l'air, le(][uel produit le son*

* Poncclel, Mécanique imhisliicllc, part. I^ n* 124; « l\ 80, !.«> 138;

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