CORPS COMPOSÉS
Nitrate de soude. . . 138,6 Phosphate de soude. . 07.0
Glace 72,7»
Cire d'abeilles. . . . 36,5
Ces exemples peu nombreuse (car nous avons limité nos citations) sufiisent cependant pour mettre en pleine évidence la relation signalée entre la cohésion d'un corps et la quanlitc de calorique nécessaire pour détruire cette force et amener le corps à Tétat liquide. Nous voyons, en effet, les nombres de calories être proportionnels à la ténacité que présentent leâ diverses substances à une température peu élevée.
Cependant ces rapports ne sont pas aussi simples et aussi saillants qu'on pourrait le désirer ; car lors de la rupture d'un solide, il faut tenir compte d'un grand nombre d'éléments qui tous pren-
* Canloui, p. 51| où d'autres exemples font cités en grand nombre< - On trouve 79,2 en prenant le poids pour unitô.
Calories de fusioo.
Conclusion.
Dirriculté du sujet.
de l'euu.
nent part au travail passif de la séparation et de la désagrégation des molécules. Les éléments du problème varient d'une substance à l'autre. Dans certains corps, en effet, il faut faire la part de la dureté, dans d'autres de la ténacité ; pour ceux-ci de l'élasticité, pour ceux-là de la flexibilité. Or un grand nombre de ces propriétés sont jusqu'à présent mal connues, et il serait impossible d'en fixer la véritable mesure et le coefficient. L'influence de la forme cristalline se fait sentir dans presque tous les corps, et à tel point que la même substance absorbe pour fondre une quantité de cbaleur différente suivant qu'elle est amorphe ou cristallisée. riiénomèncs Dc plus, il faut cucorc tenir compte de la variation de volume qui se produit subitement pendant la liquéfaction, et constitue un nouveau travail. On peut considérer ces actions moléculaires comme autant de pressions intérieures s'opposant à la séparation des molécules, et il doit arriver, pour elles, ce que l'on observe relativement aux pressions extérieures, lesquelles changent le point de fusion ou de solidiGcation des corps. Ainsi, à l'aide d'une pression suffisante on peut abaisser le pomt de solidification de l'eau au-dessous de zéro, et on a pu la maintenir liquide jusqu'à — 18"* en la comprimant à 1000 atmosphères (Mousson). Or, comme au-dessous de Zéro l'eau continue à se dilater, et comme cette dilatation augmente encore lors de sa cristallisation, on comprend pourquoi, renfermée dans un vase assez résistant pour ne point céder à cet effort expansif, l'eau refroidie à une trèsbasse température reste toujours liquide, ainsi que Runiford l'a expérimenté. 11 est bon de savoir que l'abaissement du point de solidification dc l'eau par l'influence de la pression a été indiqué a priori comme une conséquence de la théorie mécanique de la chaleur* ; et cette même théorie nous a appris que la réciproque devait être vraie ; c'est-à-dire que l'on pouvait élever le point de solidification des substances qui se contractent au moment où elles reprennent l'état solide. L'expérience a confirmé cette nouvelle déduction. En effet, le soufre qui, éprouve une contraction lors de sa solidification, fond à 107^, sous une pression d*une atmosphère et à 140^ sous une pression de 808 atmosphères.
* W. ThomsoD, on the Dynatnical theory of heat. Trans. R. Soc. Edinb., 1S52. p. «71.